‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 155 sur 183 · Ibid-, 11° J'i · texte numérisé non relu

Ibid-, 11° J'i

Oi'-S, niCUELlCL ET LA REFOlt.ME MO.NASTIOLE

rcvoUé obtienne de Rome des Ictlrcs d'appel, qu'il n'a du rcslc jias le droit de demander, car « selon nos privilèges et les bulles d<! nos Pères du .Mont-Cassin, aucun religieux ne peut en appeler à Sa Sainteté, principalement eu matière de régularité, comme sont toutes nos ordonnances, sans une permission cx[)resse du Saint-Siège. » Il pv'ir l)()m Placide de consulter sur cette afi'aire, 4rempèclier (|ue le icclcur du collège de <'luuy n'obtienne des tonunissaires qui ne scroicnt peut-êli-e pas de nos amys » et lui Ufjmme <eux (pi'il peut proi)oser ])our en connaître : M'' Rivière, flianoiiK' de .\otie-Dame de Paris, .\P Vincent, supérieur général <\o-s i)rêtres de la Mission \ et en troisième lieu le R. P. Gondren, supérieur général de l'Oratoire.

Finalement, à la suilc dinie série d'arrêts, de sommations, dg Aisites domiciliaires au collège de Cluny^, Dom Lemperière s'enluit une belle nuit, empoilant. avec lui tout ce qu'il pouvait. Dom Tarrisse lui donna comme successeur Dom Hubert Marchand, y installa (Tautres ofliciers et d'excellents maîtres de philosophie •et de lhéologi(\ y en\oya des éfudianis, et le collège redevint

bientôt une maison pleine des plus brillantes promesses ; si

lunion a\ail duré, elles se seraient réalisées.

Le Père Vallier. carme déchaussé, écrit au cardinal Barberini <H insiste fortement : il est impossible, dit-il, de laisser la clause qui veut que les titulaires jouissent librement de leurs revenus : -t-"esl là saper la réforme j^ar la base au lieu de l'édifier. Le nonce, à qui on explique l'affaire dans une visite qu'il fait à Saint-Germain des Prés, trouve aussi que cette libre disposition du temporel ^^st inadmissible, contraire au droit canon et aux lois françaises, et en écrit à Rome. Le cardinal Bagni lui avait recommandé les . intérêts de la congrégation. Le Père Général demande à Dom Placide d'envoyer une nouvelle copie de la bulle en l'état où elle

1. Dom de Vie, qui écrivait dans les premières années du XVIII^ siècle, fait suivre le nom de saint Mncent d^^. Paul de celte noie dont la dernière liçne est curieuse : « On en poursuit aujourd'huy la béatification à linslancc du.roy de France, d'Anglelerre, d'Espagne, de toutes les républiques d'Italie <'l d'autres souverains, des cardinaux de plusieurs nations et d'un gi-and nombre d'evesques de France et de presque tous les généraux d'Ordre qui sont en France, à l'exception de celuy des Jésuites qui a refusé son vœu et d'écrire une lettre au Pape. » <BM. Nat., ms. lat. 12790, fol. \ôS''°).

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est aclucllcment, cl lui (Mijoiiit de reprcscnlor à nouveau que «c'est détruire la religion que de rendre les religieux propriétaires, surtout ceux qui sont en congrégation. Cela lait horreur aux gens de bien, et nos Cours suuxeraines rélonneronl un si grand désordre el ne le i»eiineUroiit pas, ce qui seroit une chose honteuse pour la Cour de Home : je ne sray si on ne l'ail réflexion de cela à Rome. » l>oni larrisse écrit aussi à Mgr liologncti, l'ancien nonce à Paris, et reconunandc ;ni l'ère Procureiu- de l'employer au service de la congrégation.

En dépit de toutes ces inlluenccs biemeillanles, l'affaire n'avance loujoui's pas. Pour faciliter la rédaction de l'article relatif à l'élection de l'abbé de (Jluny, le Père Général envoie un extrait de la bulle d'Urbain \ HI du 3 février 163'i adressée au cardinal de la Hochefoucauld au sujet des chanoines de Sainte-Geneviève, el jiric le Procureur « de vouloir la produire comme un exemple récent et tâcher d'obtenir la mesme chose et de faire concevoir notre bulle aux niesmes termes, scavoir que l'élection do l'abbé de Cluny se feroit par le chapitre particulier de Cluny qui seroit composé des seuls réformés et que l'élection se feroit d'un d'iceulx, conformément au concordat ratifié par les anciens (jui restoient alors à Cluny. Oue si on ne peut obtenir si clairement q\ie le chapitre sera seulement composé des religieux réformés, il faudra du moins faire mettre que ce sera servata /urts forma : en quoy il semble qu'on ne i)eut apporter de dirficulté, puis(ju"on ne demande que l'ordre du droit commun. Il faudra faire mettre aussi que l'élu sera toujours un l'éformé : cl supposé qu'il faille s'en tenir à la modification du datairc touchant l'élection, il faut prendre garde d'y ajouter qu'au moins l'abbé élu suivra en l'administration de sa charge l'ordre (|ui luy sera prescrit par le chapitre général et les supérieins. ainsy qn'il a été conceu dans les articles du projet. 0)1 accorde aux religieux de Sainte-Geneviè\e ce qu'on nous refuse à nous, après bien de soins, de prières, de crédit et de longueur. »

Ouelque temps après, nouvelle lettre de Dom Tarrisse : « Si sur l'article VIII, où il est dit que les anciens n'auroient aucune part aux assembh'es et résolutions diclx concfrcgalionis, vous pon\ie7. faire adjonlei- quelques termes qui éclaircissent davantage, scavoir (\\\"\]< n'auroient pai't. entrée ny voix, soit au cha-

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pilre gt'iiéi'iil ou ;m.\ cliapiltcs parliciiliois des monastères, soit pour les alTaircs Iciiiporelles. élections, ni autrement, cela ctteroit tout sujet de dispute. princi|)al(Mnent touchant lélection de labbé d(> (luny. Il faut laiic ùler toute aniLiuuité qui pourroit naître de ces mots : c/'usdcin conyict/alionis ici de (frcmio ciusdem con- (/regabionis. à cause des anciens religieux de (luny: car comme tout rOrdre de C'iuny tel qu'il éloil pour lors avec notre congréi;aiion ne laisoit tpi'un corps qui est la congrégation de Sainl- P/Ciioist, les anciens sont en effet dr \ouv congrégation et n'ont jioint d'autres supérieurs majeurs (pie d'icclle, et ainsi quand il se paileroil des religieux de la congrégation en quehpic chose de favorahle, ils pourroient prétendre y avoir part. » Dom Tarrisse tenait beaucoup à ce que le futur al bé d(> (luny fût élu pai-mi les réfoiinés ot par les seuls réformés : cela lui paraissait une condition indispensable i)0ur le succès de l'union : ce qui se j>assa à la mort de llichelieu de\ait lui donner entièrement raison.

Il insistait encore snv deux })oints : le Père vicaire général, jM-ésenté par le chapitre à l'agrément de Son Eminence, qui devait \isiter au nom de l'abbé tous les monastères dépendant de l'Iuny, devait être un moine réformé, selon les termes du concordat : mais on pourrait sans inconvénieid lui permettre de déléguer ses pouvoiis à un moine réformé ou ancien, à son choix. I n<^ autre clause importante concerne la juridiction des abbés connnendalaires : il serait bon de dire enindcin jurisdiclioncin ijwim Jialn'baiil unie rcjniinalioncm ou <tnlc iidroductioiiem, plutôt, que ante unioncin. « afin qu'on entende par là qu'ils auroient les mêmes droits qu'ils avoient avant notre établissement. »

Vers la fin de celte année 1340, le cardinal de Richelieu fut obligé de juger quekfues conflits de préséance entre anciens religieux de Cluny'. et surtout de sévir contre son irréductible adxersaire. Dom de Chenières. qu'il dut exiler dans le prieuré de Ris -, Pour obtenir l'obéissance, il fallut recourir aux monitions canoniques ^. Quelques mois après, le moine obstiné tenta une nouxelle opposition en Cour de Rome contre l'union : celte fois il fut repoussé.

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