Bibl. Nat., m>. lot. 1-27S9, fol
2. \ou.s «avons déjà que parmi eux se Irouvaienl les prélats Maraldi. Tornicclli, Paoliicci et Pansirole.
l'viciitr.iEi: .\r.ni: de cll.w.
ICil. 351
lion (les titulnii-es dont on parleroit dans leurs Indles particulières. Ils ne voulurent y avoir égard en rien, alléguants sur cette dernière {particularité quiis prevoy<iint de Tinconveniant. qu'il y auroit a l'avenir sur les provisions des bénéfices, auquel inconvénient on pouvoit pourtant l'eniedier, « si bien que n'ayant voulu démordre eu rien, et moy de mon côté, dit le P. Procureur, je n'ay pas jugé a propos d'aquiescer a îles conditifins si iniques et si desavantageuses sans un exprez c<iiumandcment de V. R. et cela pour 4 raisons que j'ajouteray icy bas. L'assemblée s'est rompue sans autre effet, sinon qu'ils mOnt insinué qu'au cas que j'acorde l'un ou l'autre des deux points ils pourront nous en accorder trois autres, scavoir est 1" que l'élection de l'Abbé de Cluny se faira par le Chapitre gênerai au lieu qu'on avoit mis dans un décret (|u'elle seroit faite par le chapitre particulier de Cluny, pourveu tout esf ois que V. Pi. m'envoye un acte capitulaire dudit chapitre comme il consent de transférer leur droit d'élection au dit chapitre gênerai, le 2'' qu'ils changeront le mot de Congrégation inséré dans le décret et mettroint les suivants, pcrindc ac iinio hujusmodi Congrcgaiionis fada non fuissel ; et le 3^ qu'ils corrigeront ce qu'ils avoint mis sur la fin du décret (|ue neque congrrgalio ip^a excrcere polevil aucune jurisdiction sur les religieux des monastères sedc abbatiali vacan'le, avant l'expédition et réception des Bulles, lesdits prélats se contentant que les supérieurs de notre Congrégation soint restraints seulement a ne pouvoir percevoir les revenus de la manse abbatiale sous couleur ou prétexte de ladite vacance pour les Abbez élus ou nommez ; mais ils ne pourront s'ingérer ni de l'un ni de l'autre avant la réception de leurs bulles, <(ui est tout ce qu'ils se contentent de corriger dans ledit décret, ne voulant en aucune manière osier la restrictive des Constitutions, dummodo sinl in usa nec revocala, nec constilntionibti.^i (tpostolicis fl aacri concilii Tridenlini decrelis contraria. r<
Le P. D. Placide refuse toutes ces conditions, 1° parce que le P. General luy avoit ordonné fort souvent « de ne pas accorder la jurisdiction et jouissance des abbez ou titulaires sans dépendance des supérieurs sous quelque prétexte et condition que ce fut, et que d'ailleurs l'autre point etoit trop injuste et injurieux a notre Congrégation, scavoir que les vrais enfants de l'Ordre feussent déclarez incapables d'être pourveus de ce qui leur appartient de droit et du propre héritage de leur glorieux père : portez a cela non pas tant par un zèle de la gloire de Dieu que par une terreur panique qu'ils avoint qu'ils seroint privez de l'interest des bulles, quoyque notre Congrégation ne leur eut donné sujet d'entrer dans cette crainte ni dans ce soupçon que nous ne v<^iulions pas demander les bulles, supposé que nous feussions pourveus de quelque abbaye ou prieuré conventuel. Le procureur leur déclarant qu'en cas que les particuliers manquassent a leur devoir, le corps de la Congrégation ne
332 niciiMiJcu i:t la nÉi-onMi; monastioi i:
uiaiii|iu'r<ii( jiiiiKiis trctic iirumplc cl (idolle a demander et faii'c expédier les bulles, tant pour laiiient et la propre ronscience que pour ne pas donner lieu a des devolufs et a la perle des bénéfices faute des bulles, étant d'ailleurs assez pour demeurer en reforme et <lans le ternie des veux que les leligieux nommez possèdent les bénéfices sous la dépendance (!<' leurs supérieurs majeurs, a qui ils en rendront ciinq>le, Ies(|uelles i-aisons soiil bien plus fortes que leurs frivoles objections.
» La 2° raison poui- laquelle je n'ay pas voidu ac(iuiescer au décret est qu'ayant des grandes conjectures que celte tempête nous a été suscitée finement par nos ennemis sans grand fondement, d'ailleurs le nouvel ambassadeur de France ' devant bientôt arriver, j'ay cru cpie peut être son arrivée pourra nous obtenir le relaschement de ([uelque chose de plus, et que d'ailleurs le 13ataire (pii jusqu'à presaut nous a été contraire paroil un peu plus disposé.
» 3. J'ay cru ne devoir acquiescer a ce décret parce que V. R. ayant déjà un arrêt du Parlement, elle peut être pour un temps a couvert des brouillons. Dailleurb ne i)ouvant obtenir pis que ce décret, j'ay cru que je serois toujours a temps a le recevoir, et qu'au conlraiie le point prétendu nous donnant quelque lieu d'espérer pourveu que V. R. s'aide en France un peu plus que par le passé, le delay nous pouvoit être avantageux.
)> Finalement M"" le Dataire désirant voir un consentement du chapitre de Cluny, comme en particulier il consent de quitter son droit «l'élection pour le transférer au chapitre gênerai, ce delay nous donnera le temps de le faire venir, l'acte de l'atification du concordat ne les contentant pas assez. C'est pourquoy V. R. nous le faira envoyer au plutôt : il sera bon même qu'en terme gênerai il ratiffie de nouveau le concordat en gros et qu'il fasse mention en particulier de ladite cession du droit d'élection, faisant assister à cet acte le plus de religieux qu'il se pourra et <]u'il soit fait en un mot dans toutes ses formes. Il faut en particulier prendre garde que le notaire nomme simplement dans l'acte les religieux simplement religieux de l'abbaye de Cluny sans les qualifier ni de l'observance reformée ni de Saint-Maur.
)■ Voila, nnin R. P., les raisons qui uiont empesché d'acquiescer au dernier décret. V. R. me faira plaisir de m'ecrire ladessus ses sentiments et de me donner .ses ordres et ses dernières volontez. Si elle veut scavoir les sentiments de nos amis, je luy diray que l'amy ilu R. P. du Pont et M. le Cardinal Barberin comme aussi i\I. du Xozet auditeur de Rote qui nous a toujours aidé autant qu'il a peu, est d'avis que pourveu qu'en termes généraux sans qu'il paroisse au dehors et qu'on fasse mention des religieux de notre Congrégation,