Avenol, t. \ tl, page
oGO Ririinin r.r i,\ ni.ronMi: monvstioif.
Malgn- lop rccomniaiKlalioii.s de Mazai'iii, malgré les instances, (le I»oni Tarrisse cpù dcsirail obtenir les l»nllcs avant le clia[)itrc g('néral convoqn»- ;i \\'n(l<>nie ponr le niuis de jnin snixant cL recommandait à Dom Le Simon ddtïrir « de bonne grâce » la caution e.\ig(''c, rien ne i»ut être olilenn : de vagues concessions sur un point, de nouvelles exigences sur d'autres que Ion croyait définitivement réglés, des objections représentées pour la ^iuglième t'ois a\ec une obstination qui ne voulait pas être persuadée, c'est en cela que se dépensa encore inutilement Tannée 16i2.
hom Jarrisse (it re|>résenter en vain les maux (ju'occasionnaient ces retards, la ré\olte des anciens religieux de Clunv hostiles à l'union, la latigue et le découragement de ceux (|ui axaient d"al)ord montr('' di- la bonne volonté, les troubles qui commençaient à agiter la congrégation de Saint-Maur, où quelques religieux brouillons s'abritaient derrière la non-approbation du dernier chapitre gf-uf-ral [)Our refuser d'obéir à ses décrets. Il prie le Père Procureur d'avertir «la Cour de Home que la plupart des Prieurés conventuels se perdent et que la plupart se réunissent à des corps ('trangers, n'étant presque pas de Communauté religieuse, ou Jésuites ou autres, qui n'en atlra[)ent quel(|u'un des meilleurs con\entuels et autres, sans compter ceux qu'on veoit dépérir par la négligence affectée des Abbés commendalaircs qui en suppriment le nombre des religieux nécessaire afin de les réduire en bénéfices simples, en quoy les Parlements les favorisent. Il est surprenant que la Cour de Piome, qui est intéressée il leui- conservation autant cpie nous, se montre si facile sur ce sujet et si difficile à nous accorder l'union, cujus bcneficid ils peuvent se conser\ er à l'Ordre et à la Cour de Rome, ne prenant pas garde qu'ils perdent les droits des Bulles de ces Prieurés con\entuels lorsqu'ils changent de nature et qu'ils sont convertis en l)énéfices simples, au lieu que nous aurions soin d'en conserver leur convenlualité en y établissant le nombre des religieux nécessaire. Ainsi, ils ]»erd(Mit l'Ordre a\ec leurs droits en nous refusant l'union : si la Cour de Rome pensoit comme il faut à l'avantage de l'union, elle la favoriseroit au lieu de l'arrêter. »
Et le Père Général est obligé de se répéter indéfiniment : « Il a communiqué aux définiteurs les restrictions prétendues de la Cour de Rome, prcniièreménl celle qui dit : « ...Xcc possit ipsn
RiciiRi.in \rtni; nr CLU.w. lGi2. 861
« i'oii<jre(jnlio, scdc abhfilinli varriidc. jn-aclcndcrc iitrisdiclioncin » laquelle, si elle ne peut elre ùléc, il laul au moins néce!^sairenient la modilier, parce ([u'aulrcnient ce seroit un grand de-sordre cl un grand mal si la (ongreyaùn n'avuit jurisdiclion sur les religieux après la nnni du (itulain;, Ahlif'; ou Prieur eon\cntuel |)rélendu ; les religieux seroienl deslilués d'aucun Supérieur et de conduite si la Congregaùn n'a\oil drcjil d'r\i donner charge à cpielqu'un ; au moins en ce point qui est de telle importance que les Canons et loule bonne raison ne permettent pas (|ue des religieux demeurent sans clu'l". [tarée ({uc chacun eu [tarticulier seroit en danger de son salut et la Conmiunauté en désordre : la Cour de Uome [tourroil modérer celte reslricli^c et le pouvoir de la Congrégaôn en sorte c|u'elle ne pût conférer les Ik'uéfîces ni jouir du revenu.
» Pour ce qui est de réilecfion <le l" \l»h('' de (limy. si on ne peut oldenir cju'elle se fasse ou par le (hajiilre diial, ou i)ar le Supérieur (inal, avec le consentement d<'S Assistants, du moins il faut laseher d'obtenir que, se faisant par !<' (,"ha[»itre de Cluny, les n(»n réformés ne puissent concouiir à l'élection et que l'élu soit un des réformés.
» Le P. Gnal écrit un peu plus lard au Procurevir que le luuit court à Paris, ou que du moins queUpies religieux mal intentionnés publient (|ue M'" rambassadeur a ordre du Roy de juier Sa Sainteté de ne plus permelh-e de r('forme. ni de permettre ((u'on traite avec les anciens pour leur donner des pensions. Le P. Crùal luy explique le grand dommage c[ui s'en suivroit si le Pape défendoit les réformes à celte eoiidition parce cpic c'est la plus douce e| môme l'unique \oye jxtur n'foriner les Monastères : car ce seroit une confusion si les réformés et les anciens étoienl obligés de demeurer ensemble. puisf[ue d'ailleurs la plupart sont ennemis de la reforme. Léon X a permis les pensions et ces traités avec les anciens aux religieux du Mont Cassin pour promouvoir et fa\oriser la réfornu^ d(> Sl(^ Justine. Sans ce moyen, on ne doit es])ércr aucune r<''forine, mais la continuation des désordres et des scandales publies des anciens qu'on ne veoit qu'avec horreur, au lieu (pie par les moyens des pensions, les anciens se retirent ou entrent même dans la réforme, IoucIk-s do l'exemple des réformés. Dailleurs. par le moyen des i>ensions
lUCllLI-UClJ 1;T I.A Hl'.IOHME MONASTIOUE
accoidée^j j)ar 1 aulniilé du Sl-Siègo, il seiublo ({110 les religieux sont moins propriéljiircs, puis(|u'ils en uscul avec la permission du môme Sl-Siège.
>) Dans une nouvelh^ letlii\ il ravorlil (luil lauldioit que le Sl-- Père approuvât cl ratili;"it |iar les Bnllc^s d'union tous les actes (]ni ont <''té laits tiepnis la date du concordat, sravoir les Chapitres ("lùaux, Diètes et antres assendjlées tenues pour cet effet et en consé(|uence d'iceluy, toutes les cleclions, institutions cl destitutions des Sup('ricurs cl auli(>s ofricicrs de la Congrégation, lléglemcnts et Ordonnances faits auxdits Chapitres, réceptions d(^s novices, supjdcaiit à tous les défauts (jui i)Ourroient y avoir <ilé commis, l-l on ne scauroit nous reprendre d'entreprise. 1" Parce que le concordat a été sous le bon plaisir du Sl^Siège. '2° Ou'il falloit nécessairement s'assembler pour convenir entre les deux corps et connnencer d'épi'ouver les pratiques (ju'on devoll continuel-, pour exp(''rim<Miler si la chose pouxoit réussir. 3° Parce que nous n'avons jamais tiiscontinué de poursuivre en Cour de Uome la coniii'mation {\c l'union, et que si nous n'eussions, par ces assemblées, jtourveu aux nécessités de la Congrégaôn par ]r moyen desdits Chapitres, notre Congrcgaon et ce qui reste de Cluny .seroil il y a longtenqis perdu. 4° Ça toujours été la coutume de commencer rinstitulion des Ordres et de leurs réformes, déjirouver plutôt les i>raliques et en demander ensuite la confirmation au St Siège. lors(ju"on a veu que la réforme put réussir et sulisister. Xolre Congrégaôn même a commencé ses praliqu(?s au moins 5 ans a\anl les Bulles d'érection, et la Congrégaôn de Chasalhenoist jjlus de 15 ou ",^0 ans. et ainsi des autres ordres;»
El les négociations se poursuivent, toujours aussi stériles. Dom Tarrisse recommando au Père Procureur de se servir de M. Jacques Lescot, docteur de Sorbonne. chanoine de Paris, aumônier du cardinal, élu évéïpie de Chartres le 13 décembre IGil et qui va à Rome. Il est dé\oué et a pris très à cœur l'affaire de l'union: il faut user de son crédit auiirès du cardinal Barberini, « personne ne pou\anl mieux l'inslruire du bien (|ui se fait dans la congrégation et des avantages de l'union que luy ; il faudroit le prier d'en parler au pape et à ce cardinal. » De même pour
• richi:i.il;i xnni: de cllny. lGi2. oG'.j
l'cvè(|ue (Je Toul ' (jui « pounoil aussi nous servir ù Home où il est iorl estimé ef accrétiiié, cl (failleurs il csl fort sérieuscmeiil attaché aux iiilérèls de M. le eardinal-duc. » A ce nioiiH-ut, à la suite de la mission d'IIu^ues de Lionne, survient un accommodement entre les dmix Cours de France cl de Home. Le Père <iénéral enjoint aussitôt à Dom Le Simon d"en profiter pour ohlenir les huiles à des conditions plus avantageuses, particulièrement en ce (jui concerne rindépendance des tilidaires, leur lihri; jouissance des re\enus et leui- juiidiclion ])erp(''tuell(' : (lu il réponde (pie les supérieurs ne veulent alisolument pas acceplei- cela. « S'il voit la cour de Roujc obstinée, (ju'il ])ropose (pi'on nous donne l'union seule selon le concordat, avec la communication des pri\ilèges des deux congrégations. »
Cette fois, on obtint (pielques petites concessions : les prélats romains permirent de restreindre pour les bénéficiers et coinmen- •d^itaires le libre usage de leurs revenus à ce (jui serait au profil de leur communauté, mais malgré cette restriction ils n'auraient pas à rendre compte de leur administration. De plus, en cas de \acance d'une abbaye, les supérieurs pourraient dé[)lacer les religieux d'un monastère à un autre, mais pendant les huit j)n'niicrs mois seulement de la Aacance : après, leur ]»()Uvoir cesserait. Dom Tarrisse s'effon^a de montrer une l'ois de ]jIus (jue cet adcmcissement des premières exigences était insuffisant encore pour garantir à la fois l'obéissance et la pauvreté :
« Pour le premier point, il faudroit tâcher que la Cour de llonie se contentât de mettre dans les Bulles : (( Vo/i icncanlur conlcri c « fruclus etc. in commune boniim cl ulilitalis Congrcgalionis » et <|u'on omît celle cy : (( ad Uhiluin dispoticrc possinf », car ce terme de ad libitum est indigne d'un n^ligieux et de la Cour de I\ome : il semble ([n'en le metlant on \euille persuader que c'est ainsi (pi'ils devroienl faire et non pas l'apjtliquer au bien de leur Monastère, (juand même ils en auroieni en\ie et donner occasion par là de devenir m(''ehants.
» Touchant la reddition des comptes, il faudroit tâcher- d'em-
1. Mgr Paul (lo Fiosqiic, ancien aniiiassnrionr de la Répiibliqur do fièno?, nommé au .siège de 'lOul on avril IfiU j la place d'Henri Arnauld (jui ailendail en vain «es bulles depuis le 10 ocloitro KJ."]?. Home voulut écarier ce nouveau candidat el, no lui accorda .ses liullos qu'en IGiô.