‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 161 sur 183 · i mniiM.iri r.r i.\ icrifinMi, MdwsnoiK · texte numérisé non relu

i mniiM.iri r.r i.\ icrifinMi, MdwsnoiK

l'Cïiilicr ([Uuii ne mit. litMi an ctniliairc nous lai^-saiit simplement dans le droit et dans la conlume. sans en iiarler. 11 est vray qne la (•'•ulinnc de Cluny étoit <|ne le Cliapitre (inal députoil et nomnioit ipiatre religieux poni- taire la \isile de l'Abbé de Cluny et du Monastère, suivant les ( dnslitulions ; mais il y o deux bulles si lurnifllcs siu" ce [loint ([ue c'est aller rnntre toute raison et i'en\erser tout ordre pour nous l'aire du mal. 11 n'est pas croyable qne Sa Sainteté voulût l'aire des bulles contraires à celles de ses prédécesseurs.

)> I^our l'autre point, contenant qu'on veut accorder que les non réformés ou commendataires ne s'ingéreront et ne fairont rien contre les réformés et autres, il semble qu'il ne faudroit pas s'astreindre aux non réformés et autres seulement, mais aussi les pour\eus pai'mi les réformés, car il ne doit pas être i»lus permis aux r(''l'(^rmés cpi'anx autres, \oire beaucoup moins.

» pour le point cpii touclie (jue les pour\eus ne pourront adminislivr (jn'ils n'ayent ol)lenu des Bulles, qu'on veut donner buict mois de fléloy, il fauldra en tirer ce qu'on pourra, aussi bien de ce point qne des autres : mais il seml)le que. parlant de la faculté et pouvoir de transférer les religieux qui, de droit et selon les Constitutions de Cluny appartenoit à l'Abbé, demeurera au Cliapitre Gnal durant buict mois, il semble — dis-je — qu'il ne faudroit pas dire : « sui\ ant les Constitutions de Cluny >>, parce- (pi'il pourroit y avoir d'autres pour\eus de titres qui ne scroient pas de Cluny; ainsi, c'est assez de mettre : « durant les liuit m.ois la faculté demeurera au Cliapitre (inal ou Supérieur de disposer de ses Monastères. »

» Pour le dernier point qui regarde les Constitutions, on pourroit passer cet article, pouneu qu'on mit seulement que nos Constitutions sont plus étroites.

») Il est bon de faire remarquer à la Cour de Piome qu'en- \oulant trop donner de pouvoir et de faculté aux titulaire^ et les rendre indépendants et toneliant leur personne et toucbant l'ol)servance. ils vont contre les droits du Concile de Trente qui veut que tous les Monastères exempts soient en Congrégaôn et soumis aux ("lia|)itres Généraux et Supérieurs dicelle, et tels Abbés et leurs Monastères obligés de subir les visites et corrections de telle Congrégaôn : en la manière qu'ils \eulent faire aujourd'bny ncs-

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Abbés et inèmc les réformés, ils los reiulcMil i)lus absolus cl plus indépcndanls (|iie ceux (|ui n'ont jamais la il icy ni xœiix. ni profession de i-(''forme cl mèine de soinnission. puisqu'ils ne recon naissent d'autre supérieur ni d'autre autorité immédiate que celle du St-Siège, qui est chose (pi'on n'oscroit demander et (pi'ou )ious refuseroil comme contraire aux Décrets «lu Concile de l'renle, si nous la demandions. Il est fort douteux que les bulles soient receues pai* le Parlement a\ec ces clauses louchant les titulaires. Les bulles de .\icolas iV et le texte du dioit mentionnant la dél)endance d(^s abbés aux chapitres généiaux snllisenl à convaincre entièrement le monde et les plus injustes même. )»

Par malheui-, on voyait bien depuis |>rès de huit ans ([ue quel- <]ues-ims refusaient absolument de se laisser convaincre. Pendant que le chapitre général se tenait à Vendôme, et que toute? choses s"v passaient normalement, le cardinal de Richelieu, revenant de .\arbonne, s'arrêtait à Tarascon. Le recteur de Saint-.Martial d'Avignon, Dom l{osset, ne perdit pas cette occasion daller le saluer, de lui affirmer Son dé\oùm(Mit pour la congrégation et de faire semblant de vouloir lui résigner le prieuré en faveur de l'union. Il donna les mômes assurances au cardinal Bichi et à l'évêque de Chartres. Mais le prieur de ."i^aint-André de \ illcneuve, Dom Pierre Beziat, (>t un autre religieux de Saint-Maur, accompagnés de M. Damien, avocat d*A\ ignon, se présentèrent devant ie cardinal, (|ui était malade, et n'eurent pas de jicine à démas- (pier la fourberie du recteur qui, à la même époque, agissait puissamment à Uomc contre l'union, et faisait agir le vice-légal d'Avignon.

Uichelieu reulna à Paris dans les derniers jours d'oclol)re 1Gj2, très fatigué. Il ne se désintéressait pas du projet d'union, voyant de plus en plus clairement le mal que faisait la Cour de Rome en la différant. Son secrétaire, Michel Le Masle, )>rieur des Roches, écrivait à l'ambassa^leur. François du Val, marquis de l'onlenay-Mareuil, (jue les supérieurs de Saint-Maur le remerciaient de ses bons soins — ils venaient de lui accorder, sur les instances de sa sœur, la Révérende Mère du Val *. des lettres d'as-

1. La sœur de raml).issa»l<Mir, i-oligicuse de riiollo!*, lui avait écrit à plu- .sicurs reprises pour lui recommander chaudemeul l'affaire de l'union.

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socialion — tt « coiiilticii M' lo cardinal-duc s'intéresse en celte allaiie, qui est si fort à cœur à Son Kininence (|ue les calomnies de iiKiuvais religieux n'ont pu diuunuei' son estime pour la congrégation, ni luy faire la moindre impression. » Les intrigants s'agitaient en effet de [ilus en plus. !.<• trop fameux Dom Lempei-irrc. ai)puyé par ré\è(iue de Lisieux et le Cirand-Conseil, allait bientôt rentrer en maître au collège de Cluny ' ; le parti de l'opposition au Père Général croissait chaque jour dans la congrégation «le Saint-.\faur, et le principal argument des révoltés était que Home n'avait pas approuvé les modifications faites dans les statuts et règlements. Enfin Dom Tarrisse donnait a\is au Père Prociu-cu!' <|ue certains brouillons de Cluny xenaicnt décrire une troisième fois au sujet de la postulation de l'abbé et contre lunion. <|u'ils adressaient leui-s lettres à M. du .\ozel, abbé d'Aumale, et cpiil fallait se tenir sur ses gardes de ce côté. 11 ajoutait qu'en attendant ([ue le concordat fût homologué à Rome, on allait commencer des démarches pour le faire homologuer aii Parlement de Paris. .Mais quelques jours après, le 4 décembre 1042, mourait au Pillais-Cardinal l'auteur de ce concordai, celui qui demeure le idus grand abbé de Cluny depuis saint Hugues et Pierre le Vénérable.

In historien contemporain a osé écrire: « L'union- des MaurisLes avec ceux de Cluny fui. le fait fin cardinal de [Richelieu, et il faut convenir que l'entreprise dépassait on extravagance tout co qui se peut imaginer, » On nous permettra, après une longue et patiente étude des documents, de nous inscrire radicalement en faux contre cette affirmation téméraire et injuste. Et même, quelle que soit la périlleuse facilité avec laquelle on se lance parfois dans l'histoire hypothétique, sera-t-il présomptueux de dire

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