IbUL, fol
5. Ihid.. fol. 16 f'I 22. Voir aiis=i la requête de Dom .Jean Borniche et Franeoi.s Pipperé, religieux de Saint-lierre de Neaufle le Vieux, au diocèse de Chartres. (Ibid.. f. 23).
LA UÉFOlUIt; MONASTIOUli AVANT 1027 21
mise entre les mains de l'abbé do Cluny, qui aurait ainsi tant de bénéfices et prievirés à sa libre nomination, n'était^elle pas une invite à l'orgueil ? ne le porterait-elle pas infailliblement à chercher les moyens de se perpétuer dans une charge si avantageuse ? Dans la foule si nombreuse des moines de Cluny, il se trouverait certainement des dyscolcs et des ambitieux qui attireraient les autres par l'appât des bénéfices nu des induits ; peut-être même voudrait-on convoquer un chapitre général composé uniquement de moines Clunistes, et alors c'en serait fait de l'union. Il y avait si peu de Clunistes vraiment attachés à la réforme ! Par contre il y avait tant de monastères dépendants de Cluny et les Mauristes étaient si peu nombreux encore ! Ils seraient obligés parfois de vivre à deux ou trois dans une maison, jie pouvant par suite y mener une observance sérieuse, sans compter quo c'était directement contraire aux Constitutions de Saint-Maur '.
Malgré leurs légitimes appréhensions, les supérieurs de Saint- Maur, réunis en U;23 au chapitre général de Saint-Faron de M eaux, approuvèrent le projet d'union, à la condition expresse d'évit4'.r toute précipitation dans une affaire aussi grave, et de s'en tenir strictement aux articles précédemment promulgués par le cardinal de la Rochefoucauld. Or ces mêmes articles ne suffisaient déjà plus aux Clunistes : dès la fin de 1623, ils répandaient un libelle exigeant en outre une double condition sine qua non, relatiAc aux Abbés commendataires et à la réunion des bénéfices à la mense conventuelle".
Au début de 162-5 . le cardinal de la Rochefoucauld, qui tenait beanconp à l'union de Safnt-Maur et de Cluny. donna à quelrpies religieux choisis des commissions pour la visite des mo-
1. Dom Josepli Mcge, qui nous a transmis tout au long ces objections, avait horreur de cette union de Cluny et de Saint-Maur, bien qu'il eût fait profession à l'époque où elle durait encore, et il termine son récit de l'année 1623 par un cri de lassitude : Sed de iam moleslo et inutili negotio salis ad praesentein annuiu ; il donne comme titre à ce qu'il doit dire pour l'année suivante : Operosum cl inutile ie(ormaiidi Cluniaci negoliiim resumiinr. Cotte fatigue que l'historien éprouvait à distance des événements l'a même rendu injuste, nous le verrons plus loin, à l'endroit du cardinal de Richelieu, qui réalisa celte union. (Bibt. Nal., ms. lat. 13859, pages 455 et 515.)
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nastères bénôdiclins des diverses provinces : il dut les renouveler six mois après ol les faire rcxèlir de lettres patentes'. Les l*ères de la \ oûle de .Cluny. a[)rès en avoir délibéré, écrivirent an cardinal pour lui demander deuxoyer en leur abbaye quel- (jues religieux de Saint-Maur avec lesquels. ils étudieraient plus à loisir et discuteraient de plus près les conditions de l'union. Le cardinal s'y prêta : mais les supérieurs de Saint-Maur refusèrent net : ils s'en tenaient à ce qui avait été conclu, se rendant bien compte que le projet n'aboutirait pas et que. si l'union se faisait, ce serait au détriment do lobserxance.
F*our contrecarrer les projets de leur abbé, les religieux de t'hmy ne trouvent rien fie mieux (jue de lui présenter, le 20 jan\-ier I62i, une lequète où ils réclament avec instance l'exécution par provision du règlement di; 1G21 -. Kt Dom d'Arbouze, écrivant au cardinal, le G février ''. pour lui envoyer les déclarations des religieux des diverses maisons de l'Ordre,- se plaint, d'un air un peu piteux, des intrigues de ceux qui cherchent à le mettre mal avec les Pères de Saint-Maur. « Ils ont dil que l'union faicle et omologuée, l'on me donnera trois ou quatre prébendes et deux chevaulx entretenus et cjue je resteray comme cela pour le reste de ma \ic. » On n'a pas le droit de le traiter ainsi : il prend le cai'dinal p^ur juge et i»rotecteur. « Ce sont les effects de la hayne que toiles gens me portent fort ingrafement. les ayant faicts ce qu'ils sont céans. X'estoit votre respect. Monseigneur, et c[ue ']c ne veux poinct troubler la leste, je les scaurois bien punir et chastier. et s'ils continuent je \ous supplieray très humblement le trouver bon. S'ils eussent esté en ma place, ils n'eussent pas offert et contribué ce quo j'ay faict. En ung mol. Monseigneur, \'Ous me trou\eres toujours fort homme de bien... »
Le 7 mars suivant \ il euAoie à La Rochefoucauld, par courrier exprès, une nouvelle requêto que viennent de lui présenter ses religieux, n ne voulant pas leur faire réponse sans comioitre les commandements du cardinal. » \'isiblement le pauvre abbé, si plein de bonne volonté, mais si faible et si indécis dans l'exer-