Avenel, Lettres, t. II, p
2. Aff. Etr., Rome, t. 40, fol. 155. Celle leltre n'a été que signalée par Avenel (t. II, p. 501, note *') qui n n point trouvé l'original.
42 niCHELIEU ET LA UÉFORME MONASTIQUE
tés, »iu'il nestinioit pouvoir surmonter. El vous parleray de Tune et l'autre selon l'ordre qu'elles ont pris leur corainancement. An vostre demande de l'induit pour les bénéfices que vous possédés ou que vous aurés cy après, les officiers de daterie y ont formé dos dificultés sur lesquelles ayant parlé au Pape vandredi dernier, il irie donna espérance de vous donner conlantemant ; mais pour la coadjutorie de Clugni, de l'expédition de laquelle je luy feis au mesme temps instance, atandu la dificulté que l'on avoil faict de la passer, il ne mi donna si bonne response, m'alegant plusieurs chouses qui la contrarioient et entre autres que un cardinal fust coadjuteur d'un régulier, cela ne c'estolt point ancore veu, m'assurant toutesfois que il vous desiroit favoriser an tout ce qui depandroit de luy et qu'il pou voit faire sans se prejudicier. .le me randray solliciteur de ceste affaire pour vous an faire recevoir contanlemanl, lequel pour vous faire obtenir je me suis anquis de ce que l'on pouvoit oposer a ceste coadjutorie, a quoy l'on ma respondu que il ni avoil point d'example de samblable expédition et que monsieur le cardinal de la Valete en ayant autrefois désiré une pareille pour une abaye qui est a Mets et qui estoit possédée par un religieux, il ne la peull obtenir, mais que an changeant la forme, et venant par forme d'accès, vostre expédition se randroit plus facille. Je vous faict scavoir cecy afin que si nonobstant les poursuites que je continueray pour vostre contanlemanl, je y rancontrois trop de dui'elé, vous fussiés préparé a vous servir de ceste autre voye qui a néanmoins le mesme effect, comme vous pourrés scavoir. Bref prenés assurance, je vous suplie, que tout ce que je cognoislray regarder vostre service, je mi porteray sans mesme que vous ne m'an disiés rien avec toute l'afection, soing, diligence que vous vous pouriés prometre dans un autre, et passeray a dire jusques la que ce sera avec toute sincérité, et tout cela sans aucune autre considération que pour corespondre a l'amitié que vous m'avés faict la faveur de me prometre et satisfaire a l'assurance que je vous ay donnée de mon service. Pour fin je vous diray que quand il vous plaira an plusieurs ocasions qui se peuvent presanter me faire pénétrer par vous le santimant du roy sans le faire passer par d'autres voyes que Sa Majesté et vous, aurés occasion de coutantemant de la conduite que je y observeray et jusques a ceste heure de ce qui m'a esté confié je ne pance pas avoir donné ocasion de plainte ; estimant que vous antandrés pourquoy je vous dis cecy, je ne m'an expliqueray davantage, mais finiray vostre importunité par l'assurance que je vous prie de prandre que je suis
Monseigneur
Vostre très humble et obéissant serviteur
Bethune.
De Rome ce 12« inlicl [1627].
RICHELIEU COADJUTEL'U UE LABBÉ DK CLUNY 43
J'ay creu debvoir adjouler a ceste letrc un advis qui m'a esté raporté depuis l'avoir escrite, afin que vous y faciez la reflexion que vostre prudance jugera, qui est que se parlant de vostrc affaire de coadjutorie an daferie, il fut dict qu'il ni avoit point de letres de vous. J'estime que monsieur le nonce, aincy que l'on m'a voulu assurer, auroit charge do vou.* parler de ceste expédition.
liiciielieu s*eniin-essa d'envoyer la lettre qu'on semblait exiger
de lui. Il écrivit au Pape :
13 août 1627.
TuÈs SAl^■r Pèhe,
Les ' effets qu'il a pieu à Vostre Sainteté me départir de l'honneur de sa bienveillance, me font croire qu'elle aura agréable de me les continuer en deux afïaires qui me concernent, dont j'ay prié M. de Béthune luy parler : lune pour mon induit, et l'autre pour la coadjutorerie de Cluny. en commandant, s'il luy plaist, comme je l'en supplie très humblement, de m'en faire délivrer les expéditions nécessaires. Par là Vostre Sainteté m'obligera de plus en plus à redoubler les vœux que je fais incessamment à Dieu, à ce qu'il luy plaise la conserver assez longuement pour le bien de son église, (fuun chascun l'y recognoist estre utile, et particulièrement celuy qui est et sera à jamais inviolablement, etc.
Il écrivait en même temps à lambassadeur et au cardinal Barberin pour leur demander de s'intéresser au succès de sa requête -. On le fît attendre longtemps : on n'oubliait i)as à Rome que Richelieu n'était pas allé chercher son chapeau de cardinal, et que, depuis cinq ans qu'il avait été créé, il n'avait pas accompli encore son voyage ad hmiiia. ce qui, du reste, lui valut de ne porter jamais aucun titre cardinalice. Dans une lettre au ministre des affaires étrangères, écrite le 7 septembre 1627 •'. l'ambassadeur dit qu'il vient d'écrire au cardinal à propos de l'affaire de Clunv : et celui-ci ajoutait en post-scriptum à une lettre du 24 septembre : « .Je ' ne vous écris point de' mon induit, ny de la coadjutorerie de Climy, ny de mes bulles de l'abbaye de Ham, parce que je me remets et à la volonté de Sa Sainteté, et au soin que vous aurez de ce qui me touchera. »