‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 4 sur 183 · The Downside Review, t. X\\, (iécembro lyil, p. 271-29(i · texte numérisé non relu

The Downside Review, t. X\\, (iécembro lyil, p. 271-29(i

2. Même ceux qui ont ou à parler du rôle du clergé à cette époque ont passé sous silence ce rjui concerne les ordres religieux, par exemple J. Caillet dans sa thèse do doctorat De l'adniinislralion en France sons: If inlnislère du cardinal Hirliclieu, 1857, in-8°, 648 |)

3. Une étude de Dom Paul Piolin a paru jadis dans la Hecuc dea Que.«lions historiques, 189f, t. XLtX, p. 128-166, sous le titre : Le cardinal de Ptvchelieu dans ses raiiporls arec les Bénédictins de la Coniiréçiolion ne Saint-Maur ; mais l'auteur n'a utilisé ipiun seul document, fort incomplet, \' Histoire niann><crile de celte cungiéyation, écrite par Dom Marléno et

XII \\ A\r-PR()POS

(Ml pourriiit dire (|u'ils n'ont fait que suivre en cela l'exemple de llichelieu lui-môme qui, dans ses Mémoires, a consacré quelques lignes seulement à son action dans In rélorme monastique accomplie de son temps, une fois pour dire (|u'il refusa, à la mort du grand-prieur de Vendômo, on 1629, les abbayes do Marmouticr et Saint-Lucien de Beauvais, ne voulant pas avoir l'air de s'enrichir des dépouilles de celui qu'il avait fail emprisonner^, une aiitre fois pour se ])laindre avec un peu d'aigreur que le Souverain Pontife ait refusé de ratifier son élection comme abbé général de Cîteaux, et ne l'ait que médiocrement aidé dans son grand projet d'union de l'Ordre de Cluny et de la congrégation de Saint- Manr, (|u"il poursuixit avec une inlassable persévérance, mais ne put réaliser que d'une façon éphémère.

Jl s'est monti'é un peu plus explicite dans son Testament politique, où il se félicite à bon droit de voir, dans les dernières années du règne de son maître, l'ordre et la discipline maintenir dans la paix les habitants du cloître, et engage fortement le roi à protéger les Ordres religieux, à prêter la main aux réformes modérées, à veiller à ce que la doctrine soit cultivée avec prédilection dans les centres monastiques, tout en arrêtant l'excès possible des nouveaux établissements et gardant ses préférences et ses faveurs pour les Ordres anciens ^. Mais ce sont là des considérations générales de ]^olitique religieuse : Uichelieu n'a\ait nullement le dessein de conter par quels moyens et à la suite de quels efforts il avait réussi à rétablir à peu près partout cet ordre et cette discipline.

Il est vrai aussi que, dans le beau et solide monument qu'il élève à la gloire de Richelieu. M. Gabriel Hanotaux n'est pas arrivé encore à l'époque où le rôle de l'évêque de Luç.on devint prépondérant, et il n'est poini douteux qu'il saura nous donner alors, avec la même exactitude d'information et la même impartialité sereine qui caractérisent les deux premiers volumes de son

Dom Fortet, qu il a copiée mot pour mot, en omettant avec soin tous les passages qui pouvaient contredire sa thèse, à savoir que Richelieu fut un gallican.

1. La lettre de refus qu il écrivit au roi ]r 13 février 1629 est dans Avenel, Lettres, instructions diplomatiques et papiers d'Etat du cardinal de Richelieu, t. III. p. 230.

2. \'oir aux pièces justificatives. n° 1. On y remarquera le passage où Richelieu insiste sur la nécessité des études chez les religieux français.

AVANT-PROPOS XHt

ouvrage, un portrait dcMuiitif do Rioholieii homme d'Eglise, nous le montrer façonnant en quelque sorte les évêques que Louis XI\' eut plus lard à son service, et. donnant au clergé, séculier et régulier, ce (|u"il a donné à la France elle-même, une organisation avec laquelle elle put vivre durant deux des plus beaux siècles de son histoire.

Pour nous, dont le projet est beaucoup plus modesie, nous \oudrions pouvoir montrer ce que fit le grand ministre pour l'Ordre de Saint-Benoît, qu'il trouva à son arrivée aux affaires dans un état effrayant de décadence ei qu'il laissa à sa mort solidement armé déjà pour les importants services qu'il devait rendre à l'Eglise et à l'Etat durant le cours du XVll'' et du XVlIf* siècle. Xous \errons combien Uichelieu prit à cœur la réforme monastique, quelle place de choix il lui donna dans ses préoccupations d'homme d'Etal, et combien par suite il est inexact, môme injuste, de dire que <( dans cette guerre de moines, il ne remporta (jiie des \ictoires sans lendemain » et que ce fut « une campagne à peu près avortée \ » La longue et glorieuse histoire de la congrégation de Sainl-.Vlaur est là pour démentir de telles assertions, et si le projet de réformer l'Ordre de ( "luny échoua à peu près complètement, les documents que nous publions prouveront que ce n'est certes pas à Richelieu que doit remonter la responsabilité de l'insuccès. Nous nous estimerions trop heureux s'il était permis à l'un des plus humbles membres de l'Ordre bénédictin d'acquitter un juste tribut de reconnaissance envers le grand homme auquel cet Ordre est redevable de tant de bienfaits.

Afin de ne point donner à cette étude une étendue trop considérable, non seulement nous nous bornerons presque exclusivement à ce qui concerne l'Ordre de saint Benoît ^, mais même nous

1. G. d'Avenel, Richelieu et la monarchie absolue, t. III, p. 361. Nous citerons parfois cet ouvrage, encore que M. L. Bourgain ait montré de façon péremptoiro. dans La Controverse et le Contemporain do Janvier 1888. combien les affirmations de l'auteur sont sujettes y caution. Par contre il n'y a pas à relever ici les cxti'aordinaires fantaisies publiées successivement par P. T.orain, Essai historique sur iabbaye de Cluny, p. 301-305, H. Champly, Histoire de l'abbaye de Cluny, p. 221-236, et même par .VI. L. ChaumonL Histoire populaire de Cluny, p. 161-165.

2. Une étude parallèle pourrait être faite avec fruit pour la réforme des Ordres de Cîteaux et de Prémontré et pour les Frères Prêcheurs : on en trouverait les éléments dans les volumes des archives des Affaires Etran-

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iie suivrons |toinl Hiclielieu dans loiilcs les maiiifeslalions de son zèle pour la réfonnc héiitMlicline. qu'il introduisit lui-même dans de nombreux monastères, en particulier dans les grandes abbayes de Fleurv-9ui--Loire, Saint Sauveur de lîedon, \Tarmoutier, la Chaisc-Dieu. et le riche el puissant prieuré de SainI Martin <les Chiiiujib : nous Jious contenterons d'exposer en détiiil tout ce qu'il lit pour les deux œuvres qui lui tinrent le plus à cœ\n et lui coùtèrenl le plus d'ellorls. la réfonnc de Cluny et celle de Marmoutier.

Les documents qui nous ont servi de base sont empruntés à [Histoire manuscrite de la congrégation de Saint-Maur, commencée par Dom Edmond Martène et continuée par Dom Jacques Fortet ', aux Annales de la même congrégation, rédigées par Dom Joseph Mège ^, à la correspondance des procureurs généraux de Saint-Maui' près de la Cour de Piome ^ à divers \olumes de l'ancien fonds Séguier et de la collection de Bourgogne à la Bibliothèque Nationale, à quelques cartons et registres des séries L et S aux Archives Nationales, et à la Correspondance de Rome ainsi qu'au fonds : France, Mémoires et documents des archives du mi nistère des Affaires Etrangères. Quelques pièces encore ont été fourniss par la collection Godefroy à la bibliothèque de l'Institut, par les archives du ministère de la Guerre, par les papiers du cardinal de la Rochefoucauld à la bibliothèque Sainte-Geneviève et la collection des chapitres généraux de Cluny à la bibliothèque de la Chambre des députés.

Four alléger le récit, nous avons rejeté à la fin du volume la plupart des pièces justificatives un peu étendues^ en indiquant dans le même appendice les documents que nous avons consultés. Les pièces publiées sont celles qui nous ont paru nécessaires pour préciser l'action constante et l" influence prépondérante du cardinal de Richelieu dans l'œuvre de la réforme monastique.

gères. Nous n'en signalerons qiie les trails i)rinripau\, qui nous suffiront pourtant à reconnaître l'unité el la llxiié du dessein que se proposait le cardinal.

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