C.-trdinal de RicVe'ieii
(jtj KM 111,1. ŒL LT l.A UHOltMli MONASTIQUE
ses anxiélés polili(jiu's il ii'a\aiL pas Iroiué le loisir de s'occuper de son abiKîvc de (3l0ny, el que ce ne fut qu'au lendemain de la journée des dupes (Il novembre 1630) que le cardinal en prit lécllement en mains le gou\ernement et put faire exécuter ses l»rojels de réforme.
Cependant il s'était déjà fait bien des choses à Cluny. Le pape a\ail expédié les bulles pour la succession le 10 octobre 1629 ^ : |{icholi(Hi avait aussitôt institué l'archevêque de Bordeaux cojnme son \ icaire général pour Tabbaye et tout l'Ordre de Cluny, el c'est celui-ci que nous verrons agir ; mais il faut nous souvenir qu'en celle affaire comme en toutes les autres il n'agissait que d'après les instructions minutieusement précises du cardinal, que celui-ci examinait toute chose par lui-même et que, se dispensant d'aller an le\er du roi. supprimant de sa vie les visites et tout ce qui ronge inutilement le fenq)s r[ les forces, dormant peu, il trouvait gnlco à cela le loisir de tiaitor avec soin des affaires les plus minimes en même tenq^s qu'il semblait avoir donné toute son alfenlion et toutes ses facultés aux graves intérêts dont il était chargé.
11 semble (\\io la première préoccupation de Richelieu se soit portée sur les bâtiments de l'abbaye qu'il fit réparer avec soin : lui-même le rappelle dans le préambule de son ordonnance du 1" septembre 1631, et Dom Claude de Vie, compagnon du procureur général de la congrégation de Saint-Maur à Rome, Taffirme dans son Journal -, source précieuse de renseignements très sûrs provenant des archives de la procure des Bénédictins.
2. Bibl. Nat., ms. lat. 12789, fol. 29, ad annum 1630: Suh haec lempora... Emus card. de Riclielieu, cœnobii Cliiniacensis abbas, totiusque ordinis ejusdem generalis adminislrator, zeio domus Domini reparandae incensus, po.el rePtilula alqiio in oleganfiorenî formam redacta quae pêne diruta jacchant celeberrimae obbaliae hujiis aedificia, instaurandae in primis coUapsae in ea disciplinae animum adjccit, uf tanti ac tam praeclari rapilis exemplo, caetera cjiis membra ad meliorem vitae fnigem adduccrentnr. alque ut tam oximium suique animi magniliidine ac pielale dignum opus felicius exequerelur Sanvannenses monachos nupcr reformates in monasteriimi Cluniacense vocal, cosquc de superiornm conscnsu ad illud translolo-s praocipuis coenobii muniis obeundis pracficit ut eorum opéra, con-
.«iliis ac exemplis, cxaclior in eo vigeI•^^l, indequc per tolum ordinem Ciiini.icensem Jonarc Intcque diffunderetiir diçciplinae regularis observanlio.
KlCIlELIliU, ABIJL DE CLUNV. iGliO. 07
Ce mùme ducuiucuL nuub apprend qu'à peine nommé, Richelieu envoya à Rome un long mémoire où il soumettait au pape Urbain VIII la marche qu'il désirait suivre pour établir la réforme dans son abbaye '. Il s'agissait de conrirmer les articles rédigés par Dom djVrbouze et les deux religieux de Saint-Vanne, d'après l'ancien règlement de 1621, et promulgués le 17 a\ril précédent, el que bien peu jusque-là avaient souscrits de bon cœur, de les inij)0ser à tous c(!ux ijui \oudraient suivre l'étroite observance en empruntant à la congrégation de Saint- Vanne un certain nombre de sujets choisis auxciuels on donnerait des charges monastiques importantes et qui, par leurs bons exemples, entraîneraient tout le monde dans le chemin de la régularité. Les résistances, s'il s'en produisait, la main ferme du coi'dinal saurait les briser.
C'est très vi'aisemblablcinent vers cette époque, c'est-à-dire au début de son abbatial, que Richelieu lança la lettre circulaire interdisant de donner l'habit religieux à ceux qui ne s'engage raient pas à embrasser la réforme, lettre qu'Aubery a imprimée dans les Mémoires pour lliisloire du cardinal duc, sans lui donner de date.
Le désir- que j'ay de purger toutes mes Abayes, des desordres et licences qui s'y sont glissées par le temps, m'en a fait rechercher les moyens plus convenables, et n'en ayant point jugé de plus doux et utiles, pour la descharge de ma conscience, et le salut des Religieux qui sont sous ma charge, que d'y établir les Pères Religieux reformés, qui par leur exemple porteront les anciens à suivre les
1. Bibl. Nat., mb. lat. r27b9, loi. 29, ad annum 1(J30 : Porro ut is erat Sedis Apostolicac observantissimiis ^jusque jurisdictionis accrrimus defensor, non jjrius nicditatuin opus inclioandum censuit qiiam ipsi Sedis Apostolicae robur accessisscl quod ut assequeretur libellum suppliceni Urbano VIII cxhibcri curavit. Id autcm prolixius est quam ut hic referatur. Iriterca cum praefatis Sanvannonsibus m'onachis de l'atione propagandac rcformationis non sciael agit, ipsisquo mentem apcrit suam opéra videlicet lllustrissimi D. d'Escoiibleau Burdigalensis archiepiscopi et Aquitaniae Primatis, qui promovendi operis non parum cupidus, nuUam non operam adhibet quo veteris observanliac Cluniacenses monachos ad rcformationis studium et amplexum moveal, quae rcs ubi ad votum prospère cessit, inox ab Eminenlissimo cardinali Abbate prodiere décréta proniovendac reformalioni peroportuna quac ulrinquc excepta nique subscripta, suprcmi subindc ac privali R'-gis ronsilii auctorilate confirmata sunt.