Ihid.. n» Sr
\. Ihid.. n° 86.
lUCIlIXlCU, ABBÉ DE CLLNV. 1530. 75
rraiitjais, qui cuiisisliiil à n'obliger personne des anciens religieux à enihrasser la rél'orine, mais au eonlraire à leur laisser une partie des bàlinienls el dhonnôtes pensions pour conlinuer à vivre selon leurs usages. A Lluny, lUelielieu, qui ne pouvait se rendre compte des choses par lui-mèiue el devait nécessairemenl s'en rapporter à son vicaire général, ancien supérieui' de congrégation, (jui était sur les lieux, iini)Osa la rélornie à tout le inonde el lit reléguer dans des prieurés ceux qui ne voulurent l»as l'accepter. Le grand prieur, Dom Jean Sesse, était parmi ces derniers : il vint demeurer à Paris au collège de Clunv et y mourut de chagrin lannée suivanle en voyant la manière dont axaient été traités ses anciens confrères, contraints pour la plupart de renoncer aux ofdces claustraux (|u'ils possédaient, el que rarchevè([ue, au nom du cardinal, donna aux nouveaux venus. On devine que ceux des anciens qui n'avaient accordé leur consentement à la réforme que sous la pression de Dom RoUet et sous la menace d'être privés de leurs bénéfices, n'attendaient (|u'une occasion propice pour secouer le joug insuiiporlable qu'on xenait de leur imposer.
Les moines de Saint-Vanne se stabilisèrent à C'iuny, se mêlèrent entièrement à la vie de Tabbaye, dont ils se considéraient comme membi-cs, n'étant plus sous la juridiction de leurs supérieurs lorrains. Ils ne voulurent cependant pas prendre l'habit cluniste, ce qui souleva un ])reniier différend : on sortit de sa châsse le scapulaire de saint Maïeul. el ce fut lui que désormais on adopta comme modèle. Les Yannistes, et surtout Dom Rollet, remanièrent une fois encore les statuts de réforme, les firent approuver par Mgr de Sourdis et par les sénieurs de la Voûte ^, puis se firent exempter de la juridiction de tous supérieurs qui ne fussent pas de l'étroite observance -. Enfin Dom Rollet recevait le 26 octobre lô.'^O de nouvelles lettres de grand vicariat, où le cardinal lui donnait les pouvoirs les plus étendus, spirituels et réguliers, que puisse recevoir un \isiteur général sur les moines, les novices et les moniales de l'Ordre, en menaçant de peines [sévères ceux qui lui refuseraient obéissance'.