‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 52 sur 183 · Ibid.. n · texte numérisé non relu

Ibid.. n

i. Ibid.. n° 9A.

de cliaiices pour être obligés de descendre ;ui ni\eau de l"ol)servance des anciens de Cluny que de i)ouvoir les élever jusqu'il celui oii eux-nièmcs s'él^iout mainlenus jus(|ue-là, Kniiii ils n'avaient pas même pris soin de s'assurer la majorité à la \ oùte, où ils n'avaienl qu'un des leurs.

Ils étaient entrés vingt-cinq. Richelieu, ou Sourdis au nom de son maîlre. ne consentant i>as à prélever quoi que ce soit sur la mense abbatiale, ils lurent obligés de chasser de l'abbaye vingtcinq anciens pour prendre leur place. Ils les envoyèrent dans les prieurés, mais on die voulut pas les y recevoir et l'on \il ces profès de lillustre abbaye de Cluny errer de tous côtés, jusque dans les rues de Paris, en <|uète d'un abri. Cet acte de cruauté souleva des plaintes justifiées et fit regarder l'entrée des moines de Saint-Vanne à Cluny comme une invasion plutôt qu'une réforme. .Tusque dans les dernières années du XVIP siècle, on entendra les anciens Bénédictins répondre aux Mauristes qui leur proposaient la réforme qu'ils ne voulaient pas être traités comme l'avaient été jadis les auciens de Clun> .

La responsabilité de ces actes à la fois violents et maladroits incombait plus encore à Dom Huberl Piollet qu'à Richelieu ou même à rarcheAê(|ue de Bordeaux. Pourtant Dom Grégoire Tarrisse, redoutant la rude autorité du cardinal, craignit un moment qu'il ne sollicitât directement de Rome l'union de Saint-Maur avec ("^luny et le pouvoir de gouverner les deux congrégations. Il fit questionner par le Père Procureur l'ambassadeur de France à Home, qui aflirma n'avoir reçu aucune instruction de Paris ta ce sujet, mais dit que le roi avait demandé seulement un nouveau bref pour la réforme des Ordres de Saint-Benoît, de Saint-Augustin et fie Cîteaux ^ C'était ce bruit, parvenu aux oreilles du Père. CTénéral de Saint-Maur, qui avait éveillé ses défiances. Il s'appliqua uniquement désormais à conserver de bons rapports avec les supérieurs de Saint-Vanne.

Après la mort du grand-prieur de Cluny, Dom .Tean Sesse.

1. Ce bref, expédié le 20 décembre 16.31 an cardin.il de la Rochefoucauld, portait prorogation dn temps accordé par les précédents pour la réforme. Tl fut revêtu de loltre? patentes datées du ?n juillet 1(;3?. Cf. Appendice, no 108.

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les religieux, (niblieux de leur tli-oil d'élection, envoyèrent demander à Kichclieu quel nouveau grand-prieur lui conviendrait. Il leur répondit d'élire en chapitre trois candidats entre lesquels il ferait son choix et, connue on pouvait s'y attendre, son choix lond)a sur iJom llollet ^ Deux des anciens en appelèrent de cette édeclion au Grand-Conseil : c'était Doin Claude de Santeny qui, dès le li janxier précédent, s'était fait pourvoir du grand-prieuré par révè(|ue de Màcon -. et Doin Jean de Chervières, qui, lui, s'était lait pourvoir du même office en cour de Rome^. Un troisième candidat surgit, Dom Jean de lirou. archidiacre de Cluny *, Allait-on revoir les jours d'anarchie du gouvernement de Dom dWrbouze ? Avec Richelieu comme abbé, c'était peu à craindre. Il lit (MifernKM- Dom de Brou dans les prisons de l'abbaye, puis le manda à Paris pour le faire juger par son conseil ^. Des arrêts du Conseil privé eurent raison de l'opposition des deux autres, au moins pour un temps.

Dom Laurent Bénard et Dom Claude François avaient jadis refusé par humilité d'être grands-prieurs de Cluny, ne se croyant pas capables de mener à bien une telle réforme. Le nouvel élu n'eut point les scrupules de ces deux saints moines. Fort de la faveur cardinalice, il triomphe de toutes les résistances. Il fait ap[)rouver par le chapitre général de Saint-Vanne les articles de réforme qu'il a dressés avec l'archevêque de Bordeaux, et se fait donner une procuration générale pour passer au nom de son ancienne congrégation des concordats aAec les monastères qui désirent se réformer*^. Il fait la visite du collège Saint-Jérôme de Dole et y rédige des règlements, datés du 18 mai 1631 ^ pour le bon gouvernement des écoliers ; il obtient des religteux de Cluny que les moines de Saint-Vanne qui sont venus avec lui seront reconnus comme véritables et légitimes religieux de cette abbaye, ayant les mêmes droits que [es ]irofès de Cluny*. Enfin

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