‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 54 sur 183 · IbUL, no · texte numérisé non relu

IbUL, no

3 Ibid.. n" 102.

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qui \(iii(ii()iil iiilopler la iT'ltu-iiic (k'\roiil l'aire au préalable iiu an (le uoxiciat, cuiiiuio il est de couluiiie à SainL-Maur et à Saint- \ aune, cl abaiidoniier à la comniuiiaulé leurs prébendes et bénéfices. Ceux des anciens (jui voudront au contraire rester à Cluny sans garder l'étroite observance, laisseront leurs prébendes à la coininunauté, mais pouiToiil gaidci' les revenus de leurs officias. Les alïaires tiMiiporelles seront Irailécs à la Voùbe à la fois par les anciens et les réformés ; mais la slricle observance seule pourra i-ecc\oir des iioviccs. Les olliccs claustraux des anciens de\enus \acants seront éteints et supprimés et les fiuits en seront affectés à la mense commune des religieux de robsenance. Pour les autres monastères, on constituera, par fusion de plusieurs en une seule, des comnmnautés do douze religieux.

Celle ordonnance fut api^rouvée par lettres patentes du roi datées du même joui- ' : pourtant ceùt été vraiment miracle si elle eût réussi à Irancher cette épineuse question de la réforme de Cluny, [tondanto depuis tant d'anuées. Elle ])rétendait en effet fondre ensemble dans une même communauté des moines obser- \aut la pauvreté religieuse et des anciens (jui laissaient leur prébende à cette connnunauté pour prix de leur pension, mais gardaient la libre disposition du reste de leurs revenus : cette divergence sur un des points essentiels de la profession religieuse devait opposer un irréductible obstacle h toute union durable et vraie des volontés. A .*-^aint-Maur. lorsqu'on introduisait la réforme dans une abbaye^, on avait grand soin, et c'était sagesse, de séparer dans la vie com^ante anciens religieux et nouveaux arrives, fjui ne se retrouvaient ensemble c(u'au chœur, pour célébrer rofficc divin. D'après l'ordonnance, les affaires temporelles de Cluny devaient cln^ traitées à la fois par des moines pi'opriétaires et par des moines pauvres : comment verraient-ils les choses sous le même point de \ue? Enfin, puisque les réformés seuls peuvent recevoir des novices, et que les réformés doivent suivre les Constitutions de .'^ainl-Vanne. que deviendront, le jour où le dernier des anciens sera dans le tombeau, les antiques sta-

2. « Conditions suyvant lesquelles se faici ordinairement l'introduction des religieux Bénédictins de la Consrregation de St Maur en France et abbayes de leur Ordre >^. nii»1. Ssinlc-Geneviève. ms. 3540. fol. 8.

RICHELIEU, ABBÉ Di; CLLNY. 103 1. Ni

luis de Cluiiy, les xéiicrables couluiues de Cluny, les ('iiiiiicnts privilèges de Cluny, el même le nom si glorieux de Cluny ?

Ces réflexions duronl se présenter dès l'abord à res|)rit d'un grand nombre. Nous en trouvons la preuve dans un libelle ^ (|u<' rédigea et répandit Dom Des Uoziers, prieur de (icnzac. L'auteur rappelle que la rétorme de Cluny ne peut se faire, d'après, la teneur même des lettres patentes du 7 septembre 1630, (|u'à la condition d'observer les anciens statuts ; il ajoute que les nouveaux articles ont été réellement signés et acceptés par trois moines de Cluny seulement, et que les autres n'y ont adhéré (|ue par timidité et contrainte ; il dénonce à ses confrères rin<lignil('' de Dom Philibert Lemperière, prieur inirns du cijliège de Cluny. et les invite à se joindre ;'i lui-même, au priem- de Fons el à celui de Souvigny pour s'opposer à la vérification de ces articles au Grand-Conseil. Il écrit aussi à Richelieu une lettre très vive-, lui affirmant que de mauvais conseillers abusent de son nom, el le suppliant de ne point ruiner l'Ordre de Cluny en y introduisant de force « une petite congrégation incertaine, troublée en ellemême, et toute différente d'habit, de profession, statuts et service divin. »

L'opposition de ce religieux, qui recueillit des adhésions, en particulier celle du prieur commendataire, Philippe de Biragues, et de toute la communauté de Souvigny. gêna beaucoup l'action de Richelieu : le cardinal i)ut seulement obtenir un arrêt du Grand- Conseil ^ qui, pendant le procès entre les trois compétiteurs, maintenait par pro\'ision Dom Hubert Rollet comme grand-prieur. Ouelque temps après son ordonnance établissant la réforme, il promulguait, en novembre 1631, des règlements pour les religieux non réformés "*, et il les faisait, un mois plus tard, enregistrer par la Voûte ^. On voit qu'il en édicta d'autres en 1632'"'. A ce moment, Dom Rollel venait d'arranger le conflit entre l'archidiacre Dom Jean de Rrou et la communauté \

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