Ibid., no
A. Cette bulle In .^iipereminriUi est tout entière pul)liéo dans le Bullaire romain, édition do Romo, 1758, I. VT, 1''^ partie, p. lOl-lO'i.
SO nit mxiEi i:t la ui.iukme mu.nastioli;
clictiii dans le royaume. » Le secrélaiiv l'illel ne consentit pas i\ roce\(jir des religieux les honoraires dusage.
l'on après, liichelieu demandait au pape un induit lui permettant de posséder, en même temps cpie l'abbaye de Cluny, le jirieuré de Sainl-Martin des Champs qui en dépendait. En cette occasion encore, il agissait uniquement en vue de la réforme à introduire. Urbain Vlll, pour remercier Richelieu de la prise de la Rochelle, l'axait en etïel gratifié de son ])ropre mouvement « d'un pri\ilège (pii ne s'accorde en cour de Rome que rarement, qui estoit de pouvoir unir à chacune de ses abbayes deux prieurés dépendans d'icclles. toutes fois et quanfes qu'il plairoit à mon dit seigneur le cardinal ^ « Mais, prévoyant que le Parlement ferait des difficultés pour homologuer cette bulle, Richelieu n'avait point usé du privilège : il aima mieux, dit l'instruction donnée en avril 1633 à M. de la Barde, chargé d'aller négocier l'affaire à Rome, « employer tous ses soins à restablir l'estroite observance dans ses bénéfices, et eut dès lors en sin.gulière recommandation Tordre de Cluny, qui estoit malheureusement descheu de son ancienne splendeur et commonçoit à entrer dans un desplorable mospris, au lieu que, par les siècles précédens, on l'avoit tousjours eu en singulière vénération, et. de faict, la fin qu'il s'estoit proposée a sy heureusement réussy que la piété, la doctrine et les mœurs vraiment religieuses des personnes qu'il y a establies conunencent à espandre une odeur très suave parmy tout le rûyauni(\ (^f es])ère «jii bientost (|ue les membres qui en despendent en recevront le fruict qu'on s'est promis dans un sy pieux et généreux dessein. »
On le Aoit. Richelieu s'estimait heureux des résultats déjà obtenus par les efforts de Dom Rollet et de ses compagnons venus de la congrégation de Saint-Vanne ; et à ce moment il voulait
1. Avenel, t. IV, pi. 451. Dons une lettre du 28 janvier 1630, Riclielieu priait l'ambassadeur, M. de Béfhune, de remercier de sa part « Sa Sainteté de la grâce qu'il luy a pieu m'accorder de pouvoir imir à chacune des quatre abbayes que j'ay, Clugny, Marmoustier, Saint-Benoist el la Chaisc- Dieu. deux prieurés dépendant d'icelles ; comme oussy du pouvoir qu'il luy a pieu m'accorder de pourv^oir de tiltre en commande ». (Avenel, t. III, p. 529.) Au sujet de ce dernier pouvoir, M. Fagniez (ouvr. cit.. t. I. p. 434i a fait mention d'une lettre de recommandation du nonce Bagni au cardinal Barberini. datée du 6 mai 1629.
ItICIllOLIEU, ACBl':; DE CLUNY. 1G33. S7
inlrocluire les i-élormés au prieuré de Saint-Marliu des Champs, (|u"à la mort du cardinal Ludovico Ludovisio (15 décembre 1032) il avait conféré puremeuL cl simplement à l'archevêque de Toulouse, Louis de Nogaret, cardinal de la Valette. Celui-ci en avait pris possession par procureur le 22 lévrier 1633 et a\ait employé aussitôt « toutes voyes possibles poui', à l'iniitaliou du cliel' (Vovdre, y restablir la discipline et observance régulière. Il rencontra les mesmes difficultés cl embarras que son devancier-, auquel les religieux anciens avoienl faict consonmicr la plus|)ai1 de son revenu en procès et cliicanneries, ce qui luy a faict prendre résolution de remettre le bénéfice entre les mains de mon dit seigneur le cardinal duc de llichelieu, affin de rejoindre ce ruisseau troublé par mille divisions à sa source, qui se trouve desj;i rem[)lie d'une pureté sy rare que tous les voisins en reçoivent une merveilleuse satisfaction. )> C'est à la suite de cette démission du cardinal de la Valette que Hichelieu demanda au pape et obtint une dispense ad duo incompalibilia, (|ui lui permit de prendre possession du prieuré le 9 novembre 1633 : nous dirons un mot au chapitre sui\anl de ce qu'il fit pour y introtluirr la réforme.
Fendant ce temps, on examinait au Conseil privé du roi les statuts nouveaux de Cluny : il fut impossible d'amener le Parlement à les approuver. On peut dire d'ailleurs d'une façon générale que les conseils du roi favorisaient la réforme monastique, tandis c|ue le Parlement soutenait toujours les religieux anciens dans leur opposition, l'n arrêt du Conseil privé du 4 mars 1633 ^ maintint Dom Kollet dans la possession du riche bénéfice (|u'était le grand priorat, et écarta les prétentions rivales de Dom de Santeny et de Dom de Chervières. Il ordonnait en même tenq)S que les règlements du V septembre 1631. que le Parlement avait désavoués, seraient enregistrés au Grand-Conseil ". Dom Rollet eut l'habileté de conclure le 28 avril un accord avec Dom de Santeny dont il achevait le désistemeni moyennant une l'cnlo do trois cents livres^, et qu'il faisait nommer dès le 6 mai suivant grand-