Aff. Etr., France, Mém. et doc, t. 81!?. fol
UNION DE CHKZAL-BlîNOÎT ET DE SAlNTMAUlt 127
qu'il y gagnait. 11 \en.ail d'être noimuci par le roi abbé commendataire des cinq abbayes, et par suite en avait ipso (aclo tous les revenus à sa disposition, à lu charge seulement de l'aire \ivre les moines. Or l'abbaye de ('hezal-Bonoil, la plus pauvre de toutes, valait de 8 à lO.UOO livres ', Saiut-Yiiicenl du Mans, la plus nche, en valait 80.000, Sainl-Martin de Séez valait plus de 30.000 livres-, Saint- .Sulpice de Bourges 2i.000 et Saint-AHyro de Clermont 20.000 \ C'était donc un revenu total de ])lus de 160.000 livres dont Richelieu se dessaisissait au profit de la congrégation, b^n admettant môme qu'il eût coaisacré 60.000 livres, plus du tiers des revenus, ce qui était rare à l'époque, à l'entretien des religieux, il n'en demeure pas moins vrai <|u'il échangeait une rente assurée de 100.000 livres contre une de 30.000... qui ne lui fut point payée, comme nous le verrons tout à l'heure. Au point de vue purement financier, l'opération qu'il venait de conclure était désastreuse. Elle fut confirmée par nu anèl (hi Conseil pi'i\é du 20 février 1635, sui\i d'une Iransaclion signée le lendemain par Richelieu et les cinq abbés et latiliée le 7 mai siiivant par le chapitre général '.
Le tout était passé sous cette condition expressément formulée par l'arrêt du 28 août 1634 et qui, elle, n'axait jamais été rapportée « qu'il serait incessamment travaillé à la réformation. » Si l'on cherchait encore à biaiser et à ruser pour éviter la réforme, le contrat devenait caduc. Richelieu reprenait tous ses droits d'abbé régulièrement nonnné par le roi. et ferait deman-
1. Cf. V. Deshoulièros, L'abbaye de Chczfil-BenoU, dons Icp Mém. de, la Soc. des Antiquaires du Cenlre, t. XXXlt. 1910. j». HZ], cl Abbé Expi'.ly. Dictionnaire, géograpfiiqiie, historique el politique des (iniiles et de la France, Paris, 1764.
2. Expilly dit que les deux menses, conventuelle et abbatiale, de Saint- Martin de Séez produisent plus de 40.000 livre? : or, ;i l'époque de llichelieu, ces deux nicnses n étaient point séparées.
3. Ces chiffres sont établis d'après l Almannch roind, le Clergé de France de Du Temps, les taxes en cour de Rome, surtout d'apré-^ la comparaison des chiffres très diminués donnés par eux avec les chiffres vrais qu'on trouve mentionnés dans la correspondance de Richelieu ou daulres documents contemporains, et enfin daprès la répartition de la somme à payer par les diverses abbayes selon leurs revenus quand on siena la convention dont nous parlons. Ces diverses recherches nous ont toutes conduit k un chiffre voisin de If.O.OOO livres.