‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 74 sur 183 · Arcli. \at.. L 869, n · texte numérisé non relu

Arcli. \at.. L 869, n

134 Ricirr.LiF.L i^x la réfoumi: monastiqle

' Qu'on le veuille ou non. cet heureux résultai étail l'œuvre du cardinal de Richelieu. \ous l'avons vu, sans violence aucune, presque sans inlervenir diivctenienl une seule fois, amener une congrégation tout entière à la cause de l'ordre, de l'édification,de la régularité. Avant lui. rhe/.nl-ncnoît élail en pleine décadence et tous ses religieux le savaient ; mais ils aimaient cette \ie relAchée et voulaient la défendre envers et contre tous. Les prescriptions du concile de Trente étaient éludées, on se senait d'antiques |)ri\ilègcs pour écarter toute tentative de réforme, on échappait à la surveillance et à la visite des évêques, qui étaient proches, et on espérait bien continuer indéfiniment à mener cette vie molle et agréable d'où n'étaient exclues ni la cli^sse, ni la danse. iXous voyons au contraire, à la suite des patients et persévérants efforts du cardinal de Richelieu, tous ces monastères refleurir et de\enii- des centres de vie ^lustère, digne et féconde.

Nous venons de défendre en termes un peu vifs le cardinal de Richelieu du reproche d'a\arice et de cupidité que plusieurs historiens se sont transmis successi\ement comme un thème à mots d'espril : nous n'en sommes (|ue plus à l'aise pour raconter avec la même franoliise coimn(;nl le cardiiiol faillit un jour commettre ou laisser conunetlrcî une épouvantable injustice afin de se tirer lui-môme d'cmi)arras et sauver quelques-uns de ses familiers. Ce sont les Bénédictins de Saint-Pierre de Corbie qui ris(iuèrent d'en être les \ictimes.

Lx)rsque le cardinal Infant, Don Fernando, gouverneur des Pays-Bas, vint assiéger Corbie dans les premiers jours d'août 163G, il y eut dans Paris une \éritable panique. Peut-être savait^ on que la place était insuflisamment défendue : en tout cas, si elle cédait, la capitale se trouvait menacée. Pourtant, dès le A mai de l'année précédente, lUchelieu a\ait écrit k son ami et protégé l'^rançois Sublet de Noyers, intendant des affaires de la g-uerre : « Il est ^ du tout nécessaire de faire ouvrir partout les atteliers, et faire travailler à ce qui est le plus important à la conservation des places, sans faire aucune ouverture qui donne plus de facilité à la surprise. Ceux de Corbie représentent qu'en tout un costé de leur ville il n'y a pas seulement des parapets derrière lesquels les soldats puissent tirer, ce à quoy j'estime qu'il est bien à propos de donner ordre promptement. La plus part des autres villes représentent aussy des défauts qui sont bien considérables. Un qui me semble insupportable est que les travaux qu'on faict une année ne \alenl rien l'autre, à ce (pi'ils disent. Par exenq)le, pour ne pas sortir de Corbie, ceux de ceste ville disent que les travaux qu'y a faicts AP de Sl-Chauinont sont du tout gastés. ils adjoustent c[ue les parapets qu'a faicts M' le marquis d'Aliuye ne sont pas bons; j'advouc que cela m'afflige extraordinairement de voir que le roy soit si mal servi... J'estime que vous donner advis du mal c'est y remédier. A la vérité il est inutile de faire faire des travaux de terre si au mesme temps

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