‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 82 sur 183 · Apch. Nal., F, 814, pièce li · texte numérisé non relu

Apch. Nal., F, 814, pièce li

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rien à ceux qui trouvent accez auprès de sa miséricorde par les inlercessious de sa très saincte Mère, a faicl réussir ceste affaire pour le bien de la congrégation, en sorte qu'elle en a lire des advanlages notables au lieu de dommages que l'on apprehendoit : cela a faict congnoistre davantage la congrégation, l'innocence là. paru et dissipé les ténèbres des noires calomnies que Ion avoit imposées à nos confrères, et l'on s'est par ce moien concilié l'af fection de pereonnes signallées et des premières de ce roiaulme. » Le vœu engageait la congrégation à certaines prières publique» qu'on devait dire à perpétuité dans tous les monastères : le chant de la prose Inviolata tous les samedis après vêpres et à toutes les fêles de la Sainte \ icige, une messe votive de Beata cliaque jour après Prime, la récitation des Litanies à Notre-Dame de Paris par deux religieux des monastères de la capital»-, une neuvaine de messes en l'honneur de la Mère de Dieu, et la célébration solennelle de la fête de l'Immaculée Conception. Le vœu fut ratifié par le chapitre général de 1639 et observé fidèlement à Saint-Maur jusqu'à la Kévolution.

L'intendant d'Amiens, après avoir recommencé son enquête, conclut juridiquement à l'innocence absolue des moines de Corbie; mais avant de promulguer sa sentence, il eut l'idée de consulter M. de IVoyers : celui-ci l'engagea vivement à attendre encore, disant que le moment n'était pas opportun et que même publier une sentence si contraire à la déclaration du roi était s'exposer à une disgrâce. M. de Bellejamme, docile aux instructions du secrétaire d'Etat, attendit; mais Dom Tarrisse, qui n'avait pas du tout les mêmes motifs pour patienter, eut vent de cette dernière manœuvre du principal respons.able de la prise de Corbie et en informa immédiatement le Père Josepli. Ce dernier écrivit à l'intendant, au nom du car^dinal de Ilichelieu, et M. de Bellejamme publia aussitôt son jugement : il est daté du 30 octobre 1637 et rend pleine justice aux religieux ^. Ceux-ci, pour reconnaître la droiture et l'intégrité du magistrat, lui accordèrent des lettres d'affiliation et il demeura toujours un ami dévoué de la congrégation à laquelle il avait rendu un service signalé.

Le Père Général n'était pas encore complètement satisfait : l'ac-

cusaliou de trahison avait eu un inniiense letenlissemenl : il voulut que la réparation aussi fût éclatante. Il alla demander à M. de Verthamont, maître des requêtes, si l'on ne pourrait pas obtenir, pour conlirmer la sentence de M. de Beliejamme, une déclaration royale contraire à la première. M. de Verthamont s'y prêta volontiers, la rédigea lui-même, la fit sceller par le chancelier, et la remit à Dom Tarrisso pour la faire signer par un secrétaire d'Ktat, s'offrant d'ailleurs, en cas de diificuUé, à la signer luimême. Mais M. de la Ville aux Clercs, Henri-Auguste de Loménie, secrétaire d'Etat de la maison du Iloi, la signa avec plaisir, et le procureur général Maliiieu Mole la fit aussitôt enregistrer, le S février 1639, au Parlement : il n'y rencontra que des adhésions empressées. Elle fut enregistrée également dans toutes les autres cours souveraines du royaume ; à Amiens, où la calomnie s'était répandue davantage, M. de Beliejamme tint à honneur de lui donner toute la publicité désirable. Cette fois les Bénédictins de Corbie étaient parfaitement réhabilités. Les termes dans lesfjuels est conçue celle déclaration d'octobre 1638 font le plus grand honneur à la magnanimité de Louis XIII ^.

Il ne semble pas que l'on puisse adresser tout à fait le même éloge h Piichelieu. Sans doute il répara l'injustice qu'il avait laissé commettre, mais il en voulut longtemps aux moines de Corbie des ennuis que cette affaire lui avait causés. Nous n'en voulons donner comme preuve que les réponses sèches, sévères, jiresquc dures qu'il (it à une requête que lui présentèrent à la fin de 1640 les prieur et religieux de Corbie qui lui exposaient leur dénuement et le priaient de les aider pour leur entrelien et la réparation de l'église'. Il y a longtemps déjà que Tacite a donné la raison profonde de ces mauvaises humeurs persévérantes : Nafurale est odisse qiieni laesens.

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