Avenel. t. I\', p
d'en user ainsy, l'usage contraire, souffert depuis longtemps, vous convie à ne faire pas une loy que vous jugez bien, je in'asseure, devoir cslre mal obsei-vée. »
Il s'agissait alors de mettre à la raison le jésuite Bannier qui avait critiqué, du haut de la chaire de l'église abbatiale de Saint- Ouen de Rouen, certaines ordonnances de l'archevêque. Un peu plus tard, iMgr de Harlay écrit à Hichelieu que Sainl-Wandrille était « une seconde Rochelle ^ où, sans foy, sans loy, sans ordre, sans droict, et contre les concordatz, on secouoit le joug et le respect deu à l'Eglise. » Le cardinal lui répondait le 31 janvier 1634 :
Monsieur, A^ant sçeu - par le sieur de Boisrobert comme vous avez parlé publiquement de ce qui se passa dernièrement au Palais sur la relation qu'il en a eue d'un religieux de ses parens, je ne puis que je ne vous en remercie, et vous asseure que je ne perdray pas Foccasion de faire sçavoir au Roy comme vous vous estes conduit en cette occasion, qui !uy fera cognoistre ce que vous estes capable de faire en toute autre. Je n'oublieray pas aussi de luy parler du dernier livre que vous avez mis en lumière : parce que j'ay appris qu'il y a quelque chapitre qui est interprété, à mon advis, autrement que vostre pieté et vostre zèle ne donnent lieu de le faire à ceux qui vous cognoissent, prenant interest à ce qui vous touche, j'envoye quérir M"" de Chan\allon^ pour conférer avec luy sur ce subject et voir les remèdes quil fault apporter aux fascheux événemens qui pourroient estre causez par les suites de ces mauvaises interprétations. J'ay esté très aise d'avoir apris que vous avez surcis certaines ordonnances que vous avez faites dont la nouveauté a donné subject à beaucoup de gens de parler. Je respondray tousjours de vos intentions, et, vous aymant comme je fais, je desireray bien plustost que vostre prudence remédie aux maux dont on pourroit vous imputer la cause, que d'attendre qu'on y mette ordre d'ailleurs. Il n'est à propos, ny pour vous ny pour la religion, que vous vous gouverniez en sorte que quelques uns puissent croire que vous preniez à tache les religieux dont le secours est utile à l'Eglise. Comme il est juste qu'ils rendent à Messieurs les prélats ce qu'ils
1. A. Floquet, Histoire du Parlement de Normandie, t. IV, p. 435.
2. Cette lettre a été imprimée en 1634 avec la réponse de l'archevêque à Richelieu, datée de Gaillon. 5 février 1634. (Biltl. Nat., Ldi^ 12, 21 p. in-S"). Avenel, t. IV, p. 522, n'en a donné que la seconde partie, avec de nombreuses fautes de lecture.
3. Le frère de l'arrhevêque, Achille de Harlay, marquis de Breval, seigneur de Champvallon.
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leur doivent, la raison et leur charité les doit aussy porter à les traiter favorablement. Le .subject est sy important que, sans me servir du stilc dont j use quelques fois avec vostre cher frère, je Unis vous asseurant sérieusement de mon affection, afin que vous sachiez en toutes sortes de façons d'escrire, qui se pratiquent parmy ceux qui n'ignorent pas ce que c'est de la Cour, que je suis véritablement, Monsieur, vostre très affectionné confrère à vous rendre service.
Le Gard, de Richelieu.
Les sages conseils de Uichelieu maintinrent la paix entre l'archevêque et les religieux anciens (\c Saint-Wandrille pendant plusieurs amiées : elle devait se rompre d'une façon violente avec les réiormés deux ans après leur installation, qui avait eu lieu le 14 janvier 1636. Mgr de llarlay n'était pas seul à se révolter contre l'exemption \ et on voit Richelieu écrire, le 26 septembre 1635 -, au comte de iVoaiiles, ambassadeur à Rome, au sujet du conflit entre MM. du clergé et les religieux: il le prie de faire en sorte que Sa Sainteté y apporte un tel tempérament que par un bon règlement Elle puisse à l'avenir contenter les uns et les autres. Malgré rela, des coups de \iolence se produisaient : en octobre 1635, l'évêque de Saint-Pons de Tomières lançait une ordonnance contre Dom Pierre Bésiat. prieur de Saint-Chinian, et Dom .lean de Leau. rédigée en termes insultants pour toute la congrégation. Les deux religieux forment appel en Cour de Rome, et Dom Tarrisse. dans sa lettre du 23 octobre ', prie Dom
1. Sur la queslion de iexcmpLioii niona.slique au toinps de Richelieu, ou Irou'. e (le nomi)reusos pièce.* clan.* le carton L 7'/8, n" 3. aux Ai'chives Nationales, nolanunenl :
pièce 26. — Consullaliim .*ur la visite des évêques dans les monastères
bénédictins, may KST.
pièce 28. — Cas posé par la congrégation de Sainl-Maur louchant les
exemptions, août 1637.
pièce 29. — .'^rrêt du Grand-Conseil sur le droit de visite des évêques d'A-
vrauches au Mont-Sainl^-Michel, .3 février 1638, 6 p. in-4o. pièce 30. — Proposition de remontrances aux évêques pour l'exemption des
visites des monastères bénédictins, 16.38. pièce 31. — Forme de discours adressé aux évêques touchant leur droit
de visite en l'Ordre de St-Benoît, 1638. pièce 32. - Mémoire sur le même objet, 1638.