f. Etr., France, Mém. et dor.., t. 831, fol
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l.'arcli6\ètiuc- no coinpri! poiiil la legoii qui vcuail de lui être tlounéc en ternies si dôlicals. De toute la lellrc de Richelieu il ne lui que deux mois : mauvaise conduite des religieux, réparation nécessaire. Il triompha lourdement. 11 publia aussitôt la pièce ilans son Mercure de Gaillon sous ce titre, passablemejit inexact : (t Lettre du cardinal de Uichclieu aux religieux de l'abbaye de ."^aint-Wandriile pour les faire obéir et pour demander absolution d(; censures fulminées par l'archevêque ». iJom Grégoire Tarrisse, aussitôt })révenu, écrivit le 25 novembre à Dom Fuscien helaltre, prieur de .Saint-Wandrille, pour lui prescrire ce qu'il aurait à faire si le prélat se présentait encore pour une nouvelle visite : il faudrait lui rendre les honneurs, le complimenter, regretter en termes courtois qu'à sa dernière- visita, il n'eût pas « rcceu la satisfaction qu'il desiroit ni tout l'iionneui- qui est dû à son mérite et à sa dignité » et qu'on lui en demandoit « très humblement pardon », le suppliant de .ne s'en « plus ressouvenir et de^ re\oqucr le jugement » qu'il avoit porté et de leur continuer « l'honneur de sa bienveillance » et de sa protection avec promesse de continuer de leur côté à lui rendre « leur très humble obéissance » et de prier pour la « prospérité et santé de sa Grandeur. »
« Oue si après cela, poursuit Dom Grégoire Tarrisse, ledit » seigneur fait dresser un procez-verbal et désire que vous le » sigTiiés, le pourrez faire, prenant bien garde qu'il ne soit dit >• (|ue vous l'avez prié de lever l'interdit et censures. Car si on » y mettoit cela, ou s'etendoit en de plus grands discours, fau- » droit supj)lier ledit seigneur de se tenir aux termes de son » Emincnce, lesquels vous ne pouvez outrepasser de peur d'en » être blâmé. Et ainsi ne faudroil rien signer en cette forme. » Et si ledit Archevêque vous disoit de lui présenter requête » afin de rcAoquer ce qu'il a fait, ou lever lesdittes censures, » faudroit s'excuser ne pouvant pas outrepasser ce qui est porté »> par les lettres de saditte Eminence et que vous croiez aussi » (fu'il y déférera.
« Oue si ledit seigneur ne vient en personne et qu'un autre .» A'inl de sa part pour faire Inditte ^■isite. vous prierez celui » là de vous excuser parce que vous n'avez point ordre de son » Eminence de recevoir d'autre en cette qualité que M. l'Arche-
AI'lAIRli: DE SAlM-WANUlULLi; IGl
>» vcquc même. Neuiiiiioins leur offrirez de les recevoir el ontrc- » tenir le mieux ([u'U vous sera possible comme hôtes. »
L'archevêque ne vint pas et n'envoya point de visiteurs. Le prieur de Saint-W andrille dut se rendre au château de Gaillon, accompagné du pri(;ur de Boune .Nouvelle de llouen, Doiu Albert Marchand, pour demander la levée de l'interdit et des censures : tous deux étaient fermement résolus à ne rien faire au delà, à se nïontrer très réservés et à ne reconnaître au prélat ni juridiction, ni ilroil de visite. Mgr de Ilarlay reçut les deux moines a\ec une bieiiveilhuice u)i peu outrée, affecta le ton protecteur d'un {)ère qui panlonne à des enfants un instant égarés, puis les obligea à se mettre à genoux et leur distribua toute une série de bénédictions et d'absolutions qu'ils ne lui demandaient pas : les deux prieurs, de leur propre aveu, avaient « perdu la tramontane ». Le prélat lit dresser des actes authentiques de laljsolution qu'il venait de donner, les signa, les scella, les remit aux religieux en leur ordonnant de faire enregistrer ces « lettres de grâce » au greffe de sa cour archiépiscopale, puis, leur ayant encore donné trois ou cjuatre bénédictions, leur enjoignit de faire une gi'anile procession en signe de réjouissance et daller voir, tout de suite de sa part madame l'abl^csse de Saint-Amand, ce à quoi ils ne comprirent rien du tout. Ils ne firent ni la visite, ni la procession, et Dom Grégoire Tarrisse, à qui ils axaient tout raconté, interdit de faire enregistrer quoi que ce soit.
L'archevêque fit encore quelques tentatives pour faire exécuter ses étranges injonctions. A ses sollicitations, prières et menaces, on répondit d'un ton ferme que « la lettre de Son Eminence ne commandait rien de pareil ». Il n'eut d'autre ressource que de publier lui-même les pièces dans le Mercure de Gaillon. Quelques mois après, il revint à Saint-Wandrille : les religieux se tenaient sur leurs gardes ; mais ils se trouvèrent en présence d'un prélat souriant, bon enfant, de belle humeur, qui fit la visite du Saint- Sacrement, renonça formellement à celle des religieux, «voulant déférer en cela h la lettre de monseigneur le cardinal de Richelieu, et non seulement pour l'abbaye de Saint-Wandrille, mais encore [^our celle de Jumiè£res, laquelle n'y' étoil pas comprise». Puis il fit nn excellent repas, causa gaîment avec tout le monde, et le lendemain repartit en carrosse, toujours aimable et sou-
Cardinal de Richelieu. ii
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riant : l'incident était clos. Le modus vivendi provisoire qu'aA'ait habilement imaginé Richelieu devait être observé dans l'avenir sans nul heurt ni ù-coup.
Cette intervention de Uichelieu arrêta les entreprises d'autres <;vêques, plus aptes que Mgr de Harlay à comprendre à demi-mQt. Ainsi l'évêque de Lisieux, Mgr Philippe de Cospean, avait tenté quelque chose de semblable, mais un arrêt du Parlement de Paris rendu en faveur des chanoines réguliers contre son collègue de Chartres l'avait déjà fait réfléchir : quand il eut suivi l'affaire de Saint- Wandrille, il n'insista pas. L évêque de Meaux, Dominique Séguier, prétendait aussi visiter Tabbaye de Saint-Faron : le prieur lui opposa les privilèges de la congrégation et lui représenta qu'il ne pouvait prétendre qu'à la visite du Saint-Sacrement. L'évêque s'inclina : mais pour lui faire honneur, les moines de Saint-Faron organisèrent une cérémonie magnifique et on fît venir de Paris pour la circonstance un ancien Bénédictin, Dom Michel Baudry, réputé le plus habile cérémonîaire du royaume.