‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 91 sur 183 · Ibid.. n · texte numérisé non relu

Ibid.. n

RÉFORML Di; SAIM-MAUTIN DES (IIAMPS

iinpulilesse aux chanoines de i\olrc-lJame de Paris et proxoquèrenl à dessein, en guidant la procession des Kogations i)ar un itinéraire inaccoutumé, le scandale énorme de deux bedeaux s'assoniinant à coups de crucilix et de moines cl clercs se battant au milieu de la rue parce ([u'aucune des deux processions n'avait \ouln céder le pas à l'autre. Bien que les Mauristes se fussent tenus passifs, témoins désolés et impuissants, à la queue du cortège de Saint-Martin, les anciens eurent l'habileté de les rejidre par toute la ville les seuls responsables du désordre. Il fallut que Dom Tarrisse, après enquête, envoyât le prieur de Saint-Denis, Dom Cyprien Le Clerc, présenter des excuses au chapitre de la métro|)olc. Ce saint homme, très doux et très affable, parvint à tout apaiser ; il n'eut pas de peine à montrer que les religieux anciens de Saint-.Maitin avaient seuls pris part au désordre, et l'unique satisfaction exigée fut que, la prochaine fois que les chanoines iraient en j)rocession à Saint-Martin des Cliam|)s, les moines iraient au-devant d'eux et qu'au lieu même où s'était produite la querelle, le Père Prieur encenserait la croix du chapitre. On obtint en outre la grâce des deux bedeaux que les chanoines avaient fait condamner aux galères, et dans la suite les relations furent des plus cordiales.

Cette réforme de Saint-AIartin des Champs avait été mal préparée et exécutée avec une précipitation imprudente qui faillit tout compromettre : on remarquera que le ojirdinal de Richelieu n'y intervint point directement et qu'il laissa tout faire à son vicaire général, Mgr de Sourdis, lequel ne tint aucun compte des sages remontrances de Dom Grégoire Tarrisse.

\ . — Kéforme de Sai.m-Médard de Soissons.

Kichelieu nintervint point non plus directement dans la rélorme de Saint-.VIédard. dont il n'a jamais été abbé conimendataire, ainsi qu'on l'a dit à tort ^ ; mais c'est néanmoins à lui qu'est due cette réforme, car il profita de la vacance de l'abbaye pour en l'aire remettre l'économat à son ancien secrétaire et homme de confiance, Michel Le Masle, prieur des Hoches, et l'engager à signer un concordai avec les anciens ; puis, quand la réforme fut établie solidement, il fit donner l'abbaye à Mazarin.

Vers 1635, Saint-Médard de Soissons était réduit à un état pitoyable. Il n'y axaii plus que huit religieux, lesquels avaient bien fait profession de la règle de saint Benoît, mais en réalité ne suivaient aucune règle. Les lieux réguliers étaient tous inhabitables : le beau cloître était rempli de décombres, la voûte du réfectoire avait croulé, le chapitre était en très mauvais état et l'herbe poussait dans le dortoir. Il n'y avait plus de logeable que le bâtiment qui axait jadis ser\d de prison à Louis le Débonnaire. L'ancienne et magnifique église ayant été ruinée de fond en comble, l'abbé commendataire en avait fait rebâtir une autre par un architecte hérétique, qui n'avait rien trouvé de mieux que de lui donner la forme d'un temple protestant. Dans la sacristie, il y avait en tout une aube et un calice d'étain.

Quelques anciens religieux résolurent un jour d'y introduire la congrégation de Sainl-Maur : cela se passait le 26 juin 1634, François Hotman. seigneur de Morte-Fontaine, chanoine de Paris, étant abbé commendataire. On hésita encore près de deux ans avant de se décider, et enfin, le 24 février 1686, Dom Antoine du Saussay passa à Saint-Denis en France au nom des anciens un concordat avec Dom Cyprien Le Clerc et Dom André Bélholaud, commissaires nommés par Dom Tarrisse. Ce concordat fut ensuite homologué au Parlement, et Tintroduction eut lieu le 11 mars 1637 : Tabbé Hotman était mort le 15 mars de l'année précédente.

Le jour fixé. Dom Gabriel Théroude, visiteur de la province

Page 1