IX. — Richelieu abijé génékal de Liteaux
LOnlrc de Citeaux, comme celui des BénédicLijis, avait vu se produire dans son sein, après la prol'onde décadence des XV® et XVI" siècles, un niou\ement de réfonne qui donna naissance à di\erses congrégations. Parfois excessives et peu discrètes, compromettant parfois aussi le lien de Tunité et les lois nécessaires de la hiérarchie, ces réformes rendirent pourtant d'importants services à l'Eglise et produisirent un grand nombre de fervents et saxants religieux \ En France, un premier essai d'étroite obser\ance a\ait commencé avec le XVIP siècle sous l'impulsion d'Octave Arjiollini dans les monastères de la Charmoye et de Chàtillon, dont il fut successivement abbé, quand en 1615 le pieux abbé do Clairvaux, Denis Largentier, entreprit de rétablir la régularité et la ferveur des premiers temps ^. Le chapitre général de mai 161S — c'est en cette même année que se tint aussi le premier chapitre général de la congrégation de Saint-Maur — autorisa et confirma l'étroite observance, lui permettant d'avoir des assemblées particulières et un vicaire général à elle, sans préjudice toutefois de la juridiction et de la hiérarchie déterminées par la Charte de Charité^. Le P. Hélyof*. généralement bien informé, dit que cette approbation ne fut qu'une feinte et qu'on cherchait dès lors à étouffer ce mouvement de réforme. Dom Gervaise, qui publie les décrets du chapitre ^, le prouve clairement.
Malgré ces entraves, la nouvelle congrégation se développa rapidement, grâce à l'appui que lui prêtait le cardinal de la Rochefoucauld, nommé commissaire apostolique pour la réforme de l'Ordre de Cîteaux par le bref du S avril 1622^. Le chapitre
1. Cf. Histoire abrégée de l Ordre de Cîteaux, par un moine de Thymadeuc, Saint-Brieuc, 1897. p. 91 ot suiv.
2. Cf. La vie du vénérable frère Dom Jerosme Petit. (Bibl. Nat.. ms. fr. 20893, fol. 113).
3. Cf. Annales de labbaye d'Aiguebelle. Valence. 1863. t. II, p. 33 et suiv.