Sourentr du comte île Mérode W'esferloo, t. Il, p
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Raymond de Déranger, dont elle eut une fille, qui devint la comtesse de Vogiié.
Auguste de Chabot quittait avec sa famille l'Angleterre, en 1799, pour se rendre à Munster, en Westphalie. A Weimar, le prince de Léon visita (Jœthe, qui garda de lui et de ses amis un souvenir qu'il a consigne à la dernière page de sa campagne de France : « Us ont su, dit-il, se rendre assez intéressants pour faire oublier la plupart de leurs frères et pour changer l'antipathie en faveur décidée. Cette impression profita à ceux qui vinrent après eux et qui, plus tard, s'établirent dans la Thuringe. »
Le prince de Léon se vit désigné par le comte de Provence pour l'accompagner, en qualité d'adjudant général, à l'armée du Rhin. Les Condéens devaient, sous les ordres de Souvaroff, entrer en Suisse, où se livrerait l'action décisive, et personne ne doutait quelle ne se terminât par une rentrée triomphale dans cette France qu'on délivrerait enfin'. Ils arrivaient à peine en ligne qu'ils apprenaient que la bataille de Zurich, les passages des Alpes et les chances de la campagne étaient perdus. (Ten était fait de l'émigration armée ; avant le licenciement définitif, le comte de Provence, se rendant à la force des choses, auto-
1. « L'illusion des émigrés et leur aveuglement sont tellement tenaces, écrivait Mallet tlu Pan, qu'ils m'ont proclamé jacobin pour avoir clouté fpi'ils seroni ;'i t^aris au mois d'octobre. » — «Deux vieux évoques, raconte Clialeaubriand, (pii avaient un faux air de ia mort, se promenaient, en 170;), dans le parc de Saint- James : « Monseigneur, disait l'un d'eux, croyez-vous que nous soyons en France au mois de juin? — Mais, répondit l'autre, je n'y vois pas d'inconvénient. »
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risa ceux de ses fidèles, que de pressants intérêts de famille rappelaient en France, à y rentrer. Son Altesse, qui savait combien le duc de Chabot, alors plus que septuagénaire et qui n'avait pas émigré, avait soull'ert d'être, depuis dix ans, séparé de son fils, enjoignit an prince, par un ordre écrit, prétend-on, d'avoir à rentrer en France.
Le prince n'était pas sans appréhensions en approchant de la frontière ; son nom avait été trop notoirement compromis pour qu'il fût en mesure d'obtenir ce que Ton accordait aux émigrés qui n'avaient fui que devant la Terrei(i\ une surveillance K II avait obtenu, des autorités Westphaliennes, un passeport au nom d'un nommé Dubois, voyageant avec sa famille, et descendit dans un petit hôtel que ses amis lui avaient loué place du Corps-Législatif-.
A son arrivée l'attendait une lettre tenilrement affectueuse de son beau-père, le duc de Montmorency ; cette lettre, écrite sur une misérable feuille de papier, était scellée d'un cachet de cire à l'empreinte d'une tête de Minerve ; en y apposant les alérions des Montmorency, le duc serait tombé sous le coup de la loi de 1791, qui frappait de peines sévères l'usage des armoiries -^
1. On appelait ainsi l'autorisation de rentrer en France sous la surveillance de la police, autorisation qu'on obtenait pour les émigrés en instance de radiation des listes.
2. Les Rohan ne conservèrent que peu de temps leur installation pince du Corps-Législatif: ils se transportèrent rue de la Villc-rEvèque. dans un hôtel qu'ils occupèrent jusqu'à ce qu'il eût été démoli par l'agrandissement du Ministère de l'Intérieur.
o. Cette lettre fait jiartie d'un curieux dossier que j'ai découvcrl aux .\rchives nationales et qui porte le titre de Scellé Rohan K' 0U7:j.
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Oiielle impression allait recevoir le jeune Chabot, alors âgé de douze ans, de ce redoutable Paris qu'il ne connaissait que par les drames sans nom qui venaient de s'y déchaîner ? Cette impression nous est révélée par une lettre de son père, le prince de Léon, écrite au lendemaiu de son arrivée, à sa cousine la duchesse de Chàtillon. « Enfin j'ai reçu la petite lettre de mon ange consolateur avec ce plaisir attaché par moi à tout ce qui vient d'une main si chère. Non, je n'ai pas vu Nathalie ; elle est aux eaux de Bagnères pour tout son été ; mais d'ailleurs tout ce que jentends dire, aux personnes qui lui étaient le plus tendrement attachées, donne peu d'envie de hasarder des avances qui seraient rejetées sûrement, ou ([ui me mettraient dans l'obligation de vivre avec trop mauvaise compagnie'.
« Je suis (mchanté des spectacles, des fêtes journalières de Paris ; tout l'extérieur de cette grande ville me paraît embelli ; je suis dans le ravissement d'y retrouver d'anciens amis, môme des connaissances anciennes. Je passe ma vie avec mes excellents j)arents ; mais les distances sont trop énormes, quand on est à pieds comme moi. J'arrange petit à petit ma très petite maison, qui est très jolie ; j'y serai bien cet hiver; mais j'y serais encore mieux si je pouvais espérer vous y recevoir. Je suis enchanté de la faron dont j'ai été
i. A celte éi)Oi|iic. dans une lettre, on ne dési^'n.iil personne p;ii- son nom: celui de Nathalie est un pseudonyme (pii dêsi.i,nie la comtesse de La Koctiefniicauld, qui était de riatiniitù et allait être la dame d'honneur de .Joséphine.
accueilli de toute la société défunte; j'en parcours les ruines avec plaisir et peine, car, de tous les côtés, on n'entend autre chose que : Voits sokvcnez-vous ? Cétail là, C(''tait ici ! » Personne n'a plus de fortune, mais tout le monde a de jolies maisons bien meublées, et généralement on fait bonne chère. En tout, si les communications n'étaient pas si énormes, on mènerait, avec peu de chose, une vie très douce que l'on substituerait facilement à la lanterne magique actuelle et aux courses obligées que l'on fait pour se voir : à Idalie ', àTortoni, à Frascati chez Garchy % etc., sans compter les parties a Neuilly, à la Muette, à Passy^. »
Ge Paris, quels que soient les délires auxquels il se laisse entraîner, quels que soient les désastres qui l'abattent, mesurant la hauteur de ses relèvements à la profondeur de ses chutes, se retrouve toujours le même, flottant et non submergé, toujours maudit et toujours adoré. Il semble, dans cette lettre de Léon, entendre comme un écho du couplet de Montaigne : « Plus j'ai vu d'autres villes belles, plus la beauté de cette-cy gaigne en mon affection; je l'aime par elle-même, je l'aime tendrement jusques à ses verrues et ses taches ; je ne suis P'rangois que par cette grande cité, grande en peuple, grande en félicité de son assiette, mais surtout grande et incomparable en
1. Le jardin d'Idalie était à ce moment un émule de Tivuli; il occupait une partie des terrains de Marbœuf.