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M'"" (le Duras, jusqu'en 1S2U, trace d'essai littéraire; comme elle racontait en perfection, ses amis qu'elle charmait, lui ayant demandt' pourquoi elle n'écrivait pas comme elle parlait, le lendemain, la moitié de son roman Ourika était écrite, et c'eût été un chef-d'œuvre au temps de la princesse de Clèves. M"" de Duras avait deux filles, toutes deux physiquement et intellectuellement dignes de leur mère ; l'ainée, qui devint duchesse de Hauzan ; la seconde, qui sera la princesse de Talmout; messieurs les ultras lui donnaient trois filles : Ourika, c'était sonroman ; Bourika, c'était la duchesse de Hauzan; Bourgeonnika, c'était la princesse de ïalmont, dont l'admirable teint avait été un instant hroiiillé par une légère couperose.
Chez Rohnn, le cœur, qui était excellent, avait souvent raison des aveuglements de parti, aussi ne tint-il nul compte de laquarantaine dont avaient été frappés, par ses amis politiques, les salons de MM""" de Montcalni et Duras. Pour I une. son respect se sentait forcé parla hauteur du patriotisme et l'attachement sans horne au roi; pour l'autre, il était plutôt retenu et ramené par le charme de jeunesse cl de finîcheur que répandaient, dans ce militMi, les deux lillesdeM'"'' de Duras.
Le drame {jui avait si tragiquement enlevé sa femme au prince de I.éon, datait à peine d'un an. qu'il était de nouveau et brusquement atteint dans ses plus chères alfections : le jeudi, <S février 1816, le duc de Uohan, son père, qui venait de s'établir aux Tuileries pour son service de premier gentilhomme, mourait en quelques heures d'un accès
d"i4 LE CARDINAL DE ROUAN-CHABOT
de lièvre pernicieuse, à l'âge de cinquante-cinq ans. La duchesse de Gontaut dit, dans ses Mémoires : (c Par son caractère aimable et conciliant, par sa position auprès du roi, on regarde sa mort comme un malheur public'. » Le comte de Gastellane écrivait à son fils : « Nous avons été' voiries pauvres Rohan qui revenaient du château, après y avoir entendu lire un testament très long et, diton, très touchant '. » F^ar ce testament, le duc laissait à son fils aîné, le prince de Léon, par précipul, un cinquième de sa fortune et ce qui lui restait des biens de Bretagne. « Je laisse, ajoutait-il, à mon brave et bon Fernand, mon second lils. mon épée. Ce présent, venant de son père, il n'en peut faire qu'un bon et noble usage. Je regrette de n'avoir pas davantage illustré cette épée ; la faute en est plus aux circonstances dans lesquelles j'ai vécu qu'à ma volonté constante de m'en servir toujours pour la gloire de mon roi, de ma patrie, de ma famille. Mon cher Fernand sera peut-être un jour plus heureux que moi. )j Nous verrons, parla suite, dans quelle mesure Fernand a réalisé le vœu de son père.
Deux jours après, le comte de Gastellane écrivait de nouveau à son fils : « Dimanche, 11 février, midi et demi. — Je tai promis ce matin, mon bien-aimé. de te dire quelque chose de la triste cérémonie. Nous avons été prendre, un peu avant midi, le corps à l'hôtel des Cent-Suisses, où on l'avait porté hier. Les parents étaient en noir, les