Mémoires, [. II. p. iSH
2. Voir sui' cet inculent des pclards, dans le journal le Ttnips. (numéro du 2i novembre 1899], une étude de M. Ernest Daudet, ffui contient les plus intéressants détails et le? lettres du roi, dont je donne dp? extrait?.
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des grandes affaires, en lui donnant rintolligence approfondie de son temps, ne lui avait rion laissé de ses préjugés d'ancien régime. Leduc de Broglie a dit : « Conciliation des principes, tel avait été l'espoir de jNl. de Serre; accommodement des intérêts, telle fut la voie par laquelle .M. de Villèlc se llatta d'être plus heureux. » C'est à cette politique des intérêts que le pays devra, grâce à une admirable gestion de ses linances, le relèvement de son crédit, une prospérité économique sans précédent; qu'il oljlint enlin, par une politique étrangère aussi large que ferme, sa rentrée dans le concert européen. Mais, à travers quelles luttes et au prix de quelles regrettables concessions, arrachées par les folles exigences des ultras, pareil résultat a-t-il été obtenu. C'est à chaque page que, dans ses Mf'?/inirr.<, on trouve la constatation des révoltes que causaient à M. de Villèle les exagérés de son parti. « J'ai catéchisé, écrit-il, le 21 février 1821. nos intimes sur leurs fatales dispositions à se mettre en opposition, lorsque cela ne pourrait que nuire au pays, au roi, et à euxmêmes. Mais c'est inutile. Sans Corbière et moi ils se seraient perdu mille fois et auraient déconsidéré leur bonne cause. Nous avons là une dure mission'. » Et, le 31 mars: « Eté clie/ l*iet. où j'ai eu fort à faire pour tenir tête à Donadieu, et autres insensés, qui cherchaient à entraîner nos royalistes à faire des folies^. » 11 ajoutait encore r <' Si vous saviez ce que c'est (}ue labourer avec
I. }femoires de ^[. de Villèle, t. 111, p. 28. '2. Loc. cil., p. 42; ihid.. p. ai.
ces gens-là et la peine qu'il faut se donner pour leur l'aire comprendre quelque chose qui aille sens commun '. »
Nous retrouverons hienlôtM.de Villèle à l'occasion de sa loi sur le milliard des émigrés, où les Rohan auront une large participation.
La duchesse de Berry tenait à associer son ami Rohan à ses joies, trop rares, de famille; aussi, le l"'' mai 1821, lors du haptème du duc de Bordeaux, le duc ahh(^ nayant pas été désigné par le sort pour faire partie de la délégation de la Chambre des Pairs, hi princesse le lit demander comme assistant par le coadjuteur. M. de Rohan avait été, là, témoin d'un éclat de rautoi'ité royale dont toute l'assistance avait eu le frisson. Louis XVIII poussait, jusqu'à des procéd('s insultants, son parti pris de maintenir une ligne de démarcation entre les enfants de France et les princes du sang. M. de Villèle consigne, dans ses Mrmoires, la note suivante : « J'ai assisté au haptème de M. le duc de Bordeaux, à Noire-Dame de Paris, et ai signé l'acte comme ministre. M. le duc d'Orléans avait, pour la signature de cet acte, élevé la prétention de recevoir la plume du premier aumônier, comme les autres princes. Le. roi décida que, selon l'ancien usage, il ne la recevrait que du second, ajoutant malignement : « Si ça ne lui convient pas, qu'il s'abstienne. ■> On sait que le duc avait montré du mécontentement et un doute injurieux lors de la naissance du jeune prince^. »