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dft rente, pour lui et pour sa maison, par un ensemble de prérogatives et de titres qui primait tout à la cour. Son père, le duc de Montbazon, lui avait du reste donné l'exemple dune intrépide résignation.
Il y a je ne sais quoi dironique à trouver l'austère M. de la Trappe comme agent de ce mariage, qui donnera onze enfants, dont deux au moins seront de Jupiter.
M"" de Rohan se montra moins résignée que son 2;endre : elle avait cruellement souffert de l'atteinte que les désordres de sa mère avaient portée à son tilial respect. Tout ce qu'elle avait de besoin d'affection l'ortiliée d'estime, une t'ois veuve, elle l'avait reporté sur sa fille bien-aimée et, de ce côté-là encore, c'était la déchéance^
1. M'"" de Soubise s'était montrée plus accommo(iante que sa grande-tante Catherine de Rohan. I^orsque Henri IV eut la velléité d'épouser Gnbrielle d'Estrées, dans un long entretien qu'il eut avec Sully, il essaya de l'amener à approuver son choix, en procédant par élimination entre toutes les princesses étrangères qui pouvaient être reines de F'rance. « Ouant à, celles du dedans du royaume, ajouta-t-il, vous avez ma cousine, Catherine de Roiian, qui seroitune de celles qui me jilairoient le plus : nonobstant ce petit bruit, que quel(|ues malins esprits font courir, qu'elle aime bien autant les poulets en papier qu'en fricassée ; car, pour mon liumeur. bien que je croye cela très faux, j'aimerois mieux une femme qui fist un peu l'amour qu'une qui eust mauvaise leste, de quoi elle n'est pas soupçonnée, mais au contraire de l'humeur fort douce et agréable. » Bien qu'il eût cru ce bruit très faux, le Béarnais n'en essaya pas moins de s'assurer, par lui-même, du goût de sa cousine pour les poulets en papier. A ces ouvertures, Catherine répondit : « Je suis tro)) pauvre pour être votre femme et de trop bonne maison pour être votre maltresse. » Le roi, si séduisant qu'il eût été, rencontra la même résistance chez la marquise de Guercheville et Charlotte de Montmorency. Des premières aux dernières années du xvii", les caractères avaient fléchi et l'idolâtrie royale en était arrivée nu point que la maréchale de Hochefort, qui conduisait M"'" de Soubise là où elle était attendue, ne se faisait
Une autre de ses filles, Marguerite de Chabot marquise de Coetqucn, s'acquit, par sa brouille éclatante avec Turenne, une célébrité qui fut encore une épreuve pour la duchesse do Hohan.
La marquise était, dans la fleur de sa jeunesse, d'une ravissante beauté. Cette beauté était moins encore dans les traits de son visage que dans l'ensemble de toute la personne, dans un mélange de séduction et de grâce altière. Et ce qui rendait cette grâce irrésistible, c'était Tesprit le plus délié, le plus pénétrant, toujours en fraîcheur, et faisant illusion sur une réelle sécheresse d'âme. Cette sécheresse s'accusa dans le choix qu'elle fit, parmi les beaux seigneurs qui formaient sa cour : elle devint la maîtresse du chevalier de Lorraine, cet indigne favori de Monsieur. Les cœurs les plus intrépides ont leurs faiblesses : Turenne, jusqu'à son dernier jour, ne sut pas résister au charme féminin ; celui de M"'" de Coetquen était, pour le héros, l'enchantement du salon de la duchesse.
En 1070, Louis XIV, qui avait, dans les hautes vues diplomatiques de Turenne, la plus absolue confiance, ne s'était ouvert qu'à lui de son intension d'envoyer Madame la duchesse d'Orléans en Angleterre, comme médiatrice auprès du roi Charles II, son frère; on voulait le détacher de l'alliance de la Hollande, et (|iril permit à la France de con([uérir la Flandre et la Franche- Comté ; mais cette mission devait, jusqu'au dernier
aucun scrupule de racunter, daus la suite, les fraj-eiirs qu'elles avaient eiu<iurues en se rendant, tiuites deux, bien seules et bien affublées, par des derrières, chez le roj.
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moment, être ignorre de Monsieur. La marquise de Coelquen, (jui avnil flairé un myslère, enveloppa de telle façon Turenne rpTelle lui ai-raclia son secret, et sempressa de le révéler au chevalier de Lorraine et, par lui, à iMonsieur. Le roi, quoique très mécontent de cette violation d'un secret d'Etat, « mais qui, dit Sainl-Simon, savait trop quel est l'empire de l'amour, se contt^nta d'en rire un peu et de s'amuser aux dépens de M. de Turenne et, avec lui, de le trouver encore si sensible à son âge ^ ». Mais Turenne, indigné de la trahison de M""" de Coetquen, rompit pour toujours avec elle. Il ne se pardonna du r(;sle jamais à lui-mêftie sa faiblesse, et, un soir qu'un de ses amis voulait l'en entretenir : « Auparavant, lui répondit Turenne, éteignons les chandelles. »
Rien dans les sentiments maternels de la duchesse ne fut épargné : elle fut frappée même dans le légitime orgueil de son nom et dans ce titre ducal pour l'honneur et la perpétuité duquel son père avait compté sur elle. Son fils, le duc Louis, ne répondait à aucune de ses espérances; esprit étroit et hargneux, il était d'uneâpreté au gainqui le poussa jusqu'à se brouiller avec sa sœur. M"" de Soubise, et à s'aliéner le roi. A M"" de Soubise il en voulait moins de la tendre prédilection quelle avait inspirée à sa mère que des avantages qu'il soupçonnait lui avoir été faits à ses dépens. « Le roi, dit Saint-Simon, regardoit les charges, surtout celles qui l'approchoient le plus près, comme