‹ Le cardinal de Rohan-ChabotChapitre 45 sur 107 · I. AllairL'-; ctranf,'.. Renne, vol. 938. f · texte numérisé non relu

I. AllairL'-; ctranf,'.. Renne, vol. 938. f

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peau de M. de Bausset parut tout indiqué. Mais il y avait, on le sentait bien, partie liée avec M. de Rohan, et il fallait dégager la parole du roi. On fit appel, dans ce but, à rinlluence de M""" du Cayla, et on ne pouvait recourir à une intervention plus puissante, ni plus résolument dévouée. Vcmiic du roi était incapable, disait-on, de nuire à un adversaire, mais rien ne lui coûtait pour reconnaître un service; or, c'était un inappréciable service que lui avait rendu M. de Croy. A la mort du duc de Richelieu, qui était un malheur égal pour la royauté et pour le pays, la famille, pour donner à ses obsèques un caractère national, demanda au grand-aumônier d'y présider. Ce prélat savait quelle inflexible réserve le duc. au risque de s'aliéner le roi, s'était imposée à l'égard de la favorite; aussi M. de Croy refusa-t-il sonministère, enprétextant qu'il ne pouvait oflicier hors de son diocèse, ce quine l'avait pas empêché d'aller, quelques jours après, consacrer la chapelle que M'"" du Cayla venait de construire au château de Saint-Ouen que lui avait donné Sa Majesté. Que, entre elle et M. de Richelieu, le prince grand-aumônier n'ait pas hésité, ce n'était, de sa part, ni d'un prêtre, ni d'un Français; mais, pour M""" du Cayla, c'était l'affirmation que son intimité avec le roi n'avait rien d'une déchéance : c'était ineffaçable.

Le roi, qui touchait à sa fin, avait baissé; il n'y avait plus en lui que ce qu'il était tout d'abord, un bel esprit, plus abandonné qu'il ne l'avaitjamais été au favoritisme. M™" du Cayla mit en œuvre tout son pouvoir, faisant valoir que M. de Rohan n'était

ajourné qu'à très courte échéance; le roi capitula devant sa belle amie, et si§:na la lettre où il désignait au Saint-Père le prince de Croy pour la pourpre.

Rome n'était plus du domaine direct de M""" du Cayla, et il allait être moins aisé d'amener le Pape à renoncer aux rue>^ qu'il avait si nettement exprimées. Le chargé daiïaires, chevalier Artaud, rend compte d'une nouvelle démarche faite auprès du cardinal-secrétaire d'Etat, et il ne dissimule pas les scrupules du Saint-Siège en ce qui concerne l'abandon de la candidature Rohan.

« Rome. G octobre 1814.

« Monsieur le Baron ^

« Dans une audience que j'ai obtenue avant le départ du courrier, j'ai cherché à savoir si les bonnes dispositions du secrétaire d'p]tat avaient rencontré quelque embarras, et si l'on pouvait compter que, dans la promotion générale, M. le Grand-aumônier serait nommé à un huitième chapeau. Je ne dois pas vous cacher, ^lonseigneur, que j'ai surpris M, le cardinal, sinon dans d'autres sentiments, au moins dans d'autres paroles. J'ignore qui a pu agir contre le Grand-Aumônier; il a commencé par m'annoncer qu'il en avait parlé plusieurs l'ois avec le Saint-Père, et puis il est

1. Le baron Charles <ie Damas, nommé ministre des AtTaires étrangères à l'expiration de l'intérim de M. de Viiièle.

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resté comme muet, comme ne pouvant me dire ce ((u'on lui avait répondu.

>' J'ai repris les mérites de M. l'arclievèque de llouen. Le cardinal ne m'a contredit sur rien. Enfin il a répliqué : <( Nous avons aussi M. delîohan. — Non, Monseigneui', ai-je répondu, il ne faut pas dire aussi, .le n"ai qu'un devoir à remplir, le roi ne m'a donné qu'un seul ordre, c'est de demander le chapeau pour ^I. le Grand-aumonier. Il ne nous a été adressé ofliciellement aucun autre nom. Mais, d'ailleurs, si on a parlé à Votre Eminence de M. le duc de Rohan d'une manière privée, n'avezvous pas fait une réponse? — Oui, nous avons dit ([ue les convenances, les qualités, la naissance, la l'igueur des priiu-ipes, la piété extraordinaire de ce jeune seigneur étaient pour lui des titres puissants de recommandation, mais que le Pape désil'ait que l'iige IVd un j)eu plus mûri.

u Nous avons doiu^. à redouter. Monseigneur, quelques nouvelles diflicultés. Ce malheureuxarticle de ce journal a donné l'éveil et a causé Ix'aucoup de mal dans cette allaire.

^< Ces atermoiements me rappellent une récente conversation que j'avais avec- l'ambassadeur d'Espagne, le marquis de la (Constance : « Avec la cour de Rome, me disait-il, il ne faut pas perdre la boussole. Un jour, je demandais un cardinal. On m'avait adressé quelques reproches de Madrid, j'étais piqué, mon cardinal ne venait pas. Je m'avisai d'en demander deux, le second pour un de mes Espagnols, qui, étant dans la carrière à Rome, avait droit au cliapeau. On résista, je m'avi-

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sai d'en demander un troisième ; je fus bientùt assuré de deux et, comme on m'avait l'ait la réputation d'un homme qui ne recule pas, je maintins ma demande et j'obtins mes trois chapeaux : mon cardinal des couronnes et mes deux prélats ospag'nols. ')

En vérité, Monseigneur, vos droits actuels sont si positifs que j'oserais presque proposer de demander deux chapeaux pour deux évoques français. Après le premier étonnemcnt, un chnpeau serait sans doute accordé, et l'on peut encore raisonnablement espérer le second '. >>

(Juel contraste: de la correspondance de l'ambassadeur à celle du cliarj^é d'airairesl Le duc de Laval sert comme peut servir un Montmorency, avec le sentiment égal de ce qu'il doit au roi et de ce qu'il se doit à lui-même; c'est sans y tùcher qu'il maintient son style à la hauteur de sa pensée. Le chevalier Artaud est aussi subalterne par l'àme que par la fonction, outrepassant, par l'indiscrétion et l'àpreté de son zèle, les instructions qui lui sont données et n'hésitant devant aucune argutie, aucune dissimulation pour atteindre à son but et s'en faire un titre auprès de ses chefs. Ainsi, il ose afhrmer qu'il n'a été ofliciellement notilié au gouvernement romain aucun autre non), pour la pourpre, que celui de M. dtHlroy. quand, il lésait j»erlinemment, Tambassadenr a informé sa cour que, à trois reprises, il avait entretenu le Pape du plaisir avec lequel le roi verrait les elTels de la

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