Lettres de M""' Sc-etchine. t. II, p
LE CARDINAL DE BOHAN-CllAROT 2o0
accepta, avec le bon sens élevé et la réflexion sans amerlnnie qui était le fond de son caraclère, cet ajournement ([ni ne le diminuait pas parce qu'il n'avait rien demandé. N'ayant pas un instant oublié qu'il était prêtre ; il se dévouera à son ministère comme s'il devait être désormais le seul but de sa vie, et il y trouvera l'accroissement de cette considération qui, seule, peut aider à porter le poids d'une grande dignité.
L'abbé de Rohan quittait Rome, le 15 mai. et la Gazette de France du 28 publiait l'entrefilet suivant : ' M. le duc de Blacas d'Aulps et M. le duc de Rohan, tous deux venant de Rome, sont arrivés, le 18 mai, à Turin, se rendant à Paris; » puis, cette autre mention dans la Quotidienne : (( M. le duc de Rohan, qui était depuis longtemps en Italie, est de retour à Paris. Le noble pair a assisté au sacre. »
Rohan avait (''té ap[)elé par la famille royale au cbàleau de Gompiègne, oi^i elle faisait une éla[)e avant d'aller à Reims. Il avait accompagné lu duchesse de Berry dans une visite au château de Pierrefonds ; le surlendemain, la princesse rendait compte de ses impressions à M. de Chateaubriand, qui lui disait : « Vous êtes artiste comme François 1*"^ et brave comme Henri IV.
De toutes les splendeurs dont l'abbé de Rohan avait été témoin à Reims, un seul souvenir lui était resté inoubliable : il était au-dessous de la tribune où se trouvait Madame la duchesse d'Angoulême ; il avait enlendu la princesse chanter, après la coriséc ration dii roi. le : f>oniinr, salvum
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fac rcfjem. Oq se sentait, disait Ilolian, pénétré de commisération respectueuse et d'admiration à entendrecette prière diteavecla simplicité sublime que Madame apportait aux choses saintes, et dans laquelle on percevait comme un écho des agonies du Temple et une sorte de résignation anticipée aux nouvelles et prochaines trahisons du sort.