‹ Le cardinal de Rohan-ChabotChapitre 55 sur 107 · Atlaires Etrang., Rcjiiie, vol. Ofi,"). f · texte numérisé non relu

Atlaires Etrang., Rcjiiie, vol. Ofi,"). f

2. M. Frédéric Masson a une pnge d'une très fine ironie sur la superslition qu'inspirent aux débutants les Archives dos .\fraires étrangères. « où l'on ne rencontre, dit-il, rien que de politique, de

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Entre ces deux promotions, M. de Rolian fut frappé dans la dernière et la plus profonde de ses afTections : sa mère lui était brusquement enlevée par un accès de fièvre pernicieuse; elle n'était âgée que de cinquante-six ans. « M'"" la duchesse de Rohan, annonçait IWmi dr la Re/igion, est morte, jeudi dernier, à la suite d'une maladie où elle a constamment édifié les personnes qui l'entouraient. Son fils, M. rarclievéque nommé de Besançon, n'avait pas cessé d'être auprès d'elle depuis huit jours. C'est lui qui lui a administré les derniers sacrements. » La duchesse avait prescrit, dans son testament, que son service funèbre se bornerait à une messe basse et que son corps serait porté à la Roche-Guyon accompagné par un seul prêtre. Comme de cette disposition dernière, prise par cette duchesse qui, nous l'avons dit, était la plus grande dame de France, ressort bien

conventionnel, rien que de formaliste et de protocolaire ». C-ela peut être vrai, si Ton a affaire à un diplomate de carrière, à un fin joueur tel. par exemple, que le cardinal de Bernis, (jui se gardera bien de mettre dans ses dépêches officielles autre ctiose que ce qu'il jugera sans importance de livrer aux futurs glaneurs d'érudition. Mais Chateaubriand est incapable de s'imposer de pareilles entraves : tant dans ses dépêches officielles que dans les lettres personnelles qu'il y joint, il se livre tout entier, avec ses fatuités, ses sentiments de parade, cette manie de trouver tous les cadres — même la Ville Eternelle — trop étroits pour son immensité. Dés son arrivée à Rome, il traite son ministre comme un commis, ayant constamment à la bouche : <i Quand j'étais aux Affaires étrangères », semblant ainsi lui dicter son devoir: exigeant d'être mis au courant des alfaires de l'Europe, qui ne sauraient, sans péril, se passer de sa direction. Mais tout à coup des jaillissements de génie, des élévations extraordinaires, de ces pensées qu'on trouverait aisément soi-même, mais qui, enserrées par une de ces trouvailles de grand écrivain, vous font haleter à la lecture et vous jettent hors du connu. Impossible de vuir là l'ombre d'une dissimulation, autre chose que la vérité dans sa fraîcheur première.

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Je peu que nous sommes, la vanib' du mourle, (le ses triomphes, de tout ce qui passe I Pour M. de Rohau. ce malheur lui semblait ne l'avoir frappé si cruellement, à la veille de son sacre, que pour rattacher sans partage à ce qui devrait être désormais sa seule alTection, son cher diocèse.

A la date du 29 juillet, le maréchal de Castellane consacre à M. de Rohan la mention suivante : « Mon lils aîn('. Henri, quia près de quatorze ans, a fait sa première communion dans l'église de l'Assomption. Le duc de Rohan, archevêque d'Auch, a oflicié pour son petit-neveu; il a fait un long sei'mon, dans lequel il y a eu force compliments pour l'abbé Gallard, curé de la Madeleine, qui lui en a riposté à son tour. Il y avait plus de deux ccmts enfants. » Le général, chez qui le manuuivrier n'abdique jamais, ajoute : « L'abbé Dupanloup, jeune prêtre, homme d'esprit chargédu catéchisme, commande les enfants, avec un livre pour les cérémonies, et les fait très bien manœuvrer '. »

Depuis la chute du ministère Villèle. on n'avait pu obtenir du roi de remplacer, dans lahaute administration, les hommes qui s'étaient les plus notoirement compromis avec ce ministère et qui étaient l'objet de l'animadversion générale. Cette résistance opiniâtre du roi exposait lecabinetMartignac àde constants reproches defaiblessedelapart des libéraux. M. Pasquier fut de ceux qui trouvèrent, dans les deux promotions successives de M. de Rohan. un acte de bon plaisir royid de nature

1. .luuiiKil (la imirrt-linl de l'dslelhini', t. Il, p. 'l'.W.

à aggraver les préventions de Tesprii public. « Dans l'Eglise, écrit M. Pasqiiier, on avait remarqué la rapide élévation de l'abbé duc de Rohan. Jeune encore, il était entré tard dans les ordres sacrés et n'en fut pas moins promu à l'archevêché de Besan(;on. C'était trop clairement un choix de coui-, même dans l'intérêt de la religion, le temps de CCS choix était décidément passé'. »

Comment M. Pasquier qui, en sa qualité de membre des premiers Cabinets de la Restauration, avait pris sa part de responsabilité dans la promotion, aux premiers grades de l'armée, de tous les vcdtigeurs de l'émigration, (,'omment peut-il se scandaliser de la promotion de M. de Rohan? Le nouvel archevêque représentait une de ces grandes existences que le temps seul et des circonstances rartis peuvent créer; « t/îd /iriilen/, comme le disait Saint-Simon, crirn raf/o/i de la couroniw iinhne^ en semblent l'un des lleurons, et, si naturellement appelées aux premières dignités de la monarchie, que l'on disait couramment alors qu'un abbé de Rohan ne se comprenait plus passé trente ans. 11 était jeuue encore, si l'on est jeune à quarante ans ; il s'était fait d'Eglise par la plus désintéressée des vocations ;prêtre, il n'avait pas aspiré à une charge de cour, et s'était dévoué, pendant six ans, aux plus modestes ministères; à Rome, mêlé aux grandes affaires, il avait fait preuve de mérite et s'était acquis la haute estime du Pape el de notpe ambassadeur; il avait prouvé entin

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