‹ Le cardinal de Rohan-ChabotChapitre 56 sur 107 · Mémoires du c/i/nice/ier l'as({uier. I. \'l. j). \V · texte numérisé non relu

Mémoires du c/i/nice/ier l'as({uier. I. \'l. j). \V

que, par ses rares vertus et l'admirable usage qu'il savait faire d'une grande fortune, il serait la providence d'un diocèse. Il y a lieu dès lors de se demander en quoi une telle promotion portait atteinte aux droits <le l'hoinmc. l't aux intérêts de la religion.

M. Pasquier, du reste, aurait trouvé une bien autre donnée à ses récriminations contre les bons plaisirs d'ancien régime, s'il avait su que, au moment même où l'ai-chevèque était [)réconisé, M. de Chateaubriand, qui, lui, uavait aucun goût pour régalilé, revenant ;\ son projet de 1S24 et annonçant à M. de La Ferronnays (]u'une promotion de couronnes aurait lieu au mois de février, il lui disait (jue ce serait l'occasion de revenir aux intentions bienveillantes de Sa Majesté à l'égard de M. (bî Rolian. M. de Lji Perronnavs lui répondit :

« Paris, 13 janviiM- Is29.

I' Je dois vous faire observer. Monsieur le vicomte, ((ue M. de Latil. archevêque de Heims. ayant été nommé, en 1820, par anticipation à la {)romotion des couronnes, nous n'avons plus aucun di'oit d'y être compris. 11 nous serait sans doute facile d'obtenir une nomination de faveur, en rappelant au pape la promesse qu'il lit au roi, lors de la promotion de M. l'archevêque de lieims. Mais le nombre des cardinaux li-ancais atteint des limites que l'Eglise de France a rarement dépassées, et il n'entre [)as dans les vues de Sa Majesté d'en

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augmenter le nombre, du moins quant à présent.

« Veuillez agréer,

« La Ferronnays'. »

M. de Latil s'était acquis à tout jamais le comte d'Artois, parce qu'il avait assisté M'"° de Polastrou à ses derniers moments. D'abord aumônier du prince, à la Restauration, il fut successivement élevé à révèché de Chartres, à l'archevêché de Keinis, à la pairie, puis au cardinalat. Prêtre régulier, mais esprit court, il renchérissait sur toutes les fantaisies ultra du roi et composait, avec M. de Damas, « l'homme le plus bete du royaume », a dit Castellane, avec MM. de Peyronnet et Polignac, le comité gouvernant de Sa Majesté. Lorsque M. de Latil fut proposé pour le chapeau, le droit de la France à une désignation étant épuisé, il fallut recourir à l'anticipation au droit des couronnes. Puis, le pape sétant ravisé et dans la pensée d'être agréable au roi et de lui réserver sa prérogative lors dune promotion des couronnes, il proposa de nommer .\L de Latil à titre de faveur. Mais les négociations étant déjà engagées, en vue de ranticipation. avec les cours de Vienne, de Madrid et de Lisbonne, le gouvernement ne put profiter des dispositions bienveillantes du Saint-Père, qui, spontanément, promit une nomination de faveur si, dans la suite, le roi jugeait à propos d'augmenter le nombre des cardinaux de l'Eglise de

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