‹ Le cardinal de Rohan-ChabotChapitre 57 sur 107 · AIT. Klrans.. vol. 90;;. f" OS · texte numérisé non relu

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France. Je n'ai relate, ici, les péripéties de la promotion Latil qu'en raison de ce que cet engagement de Léon XII sera rappelé à Pie VIII, lors de la désignation de M. de Rohan au cardinalat.

Le samedi 10 janvier 1829, FAnii de la Rcligioii annonçait que M. le duc de Rohan entrait en retraite à Saint-Sulpice. « Son sacre, ajoute-t-il, doit avoir lieu à Notre-Dame, on dit qu'il se fera avec beaucoup de pompe. »

Le 18, ce même journal rendait compledu sacre. « La cérémonie du sacre de M. l'archevêque de Besançon a été aussi majestueuse qu'édifiante. Un autel avait été érigé au bas du chœur de Notre- Dame; à droite et à gauche étaient des gradins pour la famille de M. le duc de Rohan et pour les personnes invitées. Le cortège est arrivé processionnellement de l'archevêché. M. Farchevêquc de Paris était assisté de MM. les archevêques de Tours et de Bourges. Les prélats étaient MM. les cardinaux Isoard, deCroy, et Latil ; le nonce apostolique, archevêque de Gênes; MM. les évêques de Strasbourg, de Tulle, d'Amiens, de Versailles; les ('vêques d'Hermopolis, de Tempe, d'Iméria, do Lariste et de Samosate. Au milieu de la cérémonie sont arrivés M. le duc de Bordeaux et Mademoiselle accompagnés de M. le baron de Damas et de M"' la duchesse de Gontaut; une tribune avait été préparée pour eux. »

Au moment où, la consécration terminée, le nouvel évêque devait se tourner vers les fidèles et les b('nir, il bn'a ses yeux pleins de laruies

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vers la tribune où se trouvait le duc de Bordeaux, et sa première b('nédiction lui pour Tenfant royal.

Le général Castellane, allié des Rohan, assistait à ce sacre et, dans la relation qu'il on donne, il laisse percer la passion d'uniforme et de manœuvrier qui luiesthabituelle, ainsi que son étonnement que tous les honneurs, même ceux de l'encensoir, ne soient pas réservés aux seuls otTiciei's généraux. << I^a cérémonie, écrit-il, a été magnifique ; onavait poussé le soin jusqu'à mettre des taj)is sur les gradins des spectateurs à billets. Le duc de Rohan a une mitre superbe, couverte de pierreries de couleur; ses ornements sontmagniliques; il a une fort bonne tournure. L'archevêque de Paris officie parfaitement; les cardinaux Isoard, deCro} et Latil ont été suffisamment parfumés; tout le clergé, dans ces cérémonies, se rend respectivement des honneurs à l'infini '. »

1. Xuus allons avoir, conuiie docuaient, pour toute la période éplscopale de M. de Rohan, le journal tenu, au jour le jour, par Weiss, conservateur de la Hibliotlièque de Besançon, l'éditeur des Papiers d'Etat de Granvelle, et le plus inlime des amis de Nodier. Sainte-Beuve a consacré à Weiss cette page charmante : «En quittant chaque fois Besançon, Nodier y laissait un ami ((u'il revoyait toujours ensuite avec bonheui', «pi'il émerveillait de ses nouveaux récits, au cœur de qui il gravait, connue sur l'écorce du hêtre, les chiffres du moment, et que quarante années, écoulées, depuis lors, n'ont pas arraché du même lieu. Weiss, cet ami d'enfance, biliiiographe comme Nodier et, qui plus est, homme d'imagination comme lui, l'un des derniers de celte franche et docte race provinciale, à la façon du xvi" siècle, l'excellent Weiss est resté dans sa ville natale comme un exemplaire déposé de la vie première et de l'àme de son ami, un exemplaire sans les arabesques et les dorures, mais avec les corrections à la main, avec les marges entières, précieuses, ce qu'on appelle les témoins. Qui donc n'a pas ainsi quelqu'un de ces amis, purs et fidèles, qui est resté au toit quand nous l'avons

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Pour se liée {)liis étroilement à son diocèse, M. de Rohan rompit le dernier lien qui le rattaoliaii au dehors, il vendit son beau domaine de la Roche-Guyon à son cousin le duc de La Rochefoucauld. Le duc faisait par ce rachat rentrer dans sa maison cette terre qui y était depuis trois siècles, lorsque, par la duchesse d'En vil le, elle échut aux Rohan qui ne levaient détenue que pendant trente ans ' .

Les autorités de Besançon furent informées ijue l'archevêque, duc de Rohan, ferait son entrée dans sa ville archiépiscopale, le 5 févriei', et devrait y être reçu avec les honneurs dus à son rang.

Le i- février, lorsqu'il franchit la limite du .lura pour entrer dans le Doubs, il descendit de sa voilure, s'agenouilla et l>aisa la terre qui était celle de son diocèse. Le 5, après avoir dit la messe sur le tombeau des saints Ferréol et Ferjeux, apôtre de la Franche-Comté, il lit son entrée dans la ville. Sa voiture fut signalée par la salve réglementaire de coups de canon, et la garnison entière faisait la haie. Un piquet d'artilleurs à cheval précédait et suivait la voiture qui était de grand gala, avec cocher et valets de pied en livrée rouge, et son premier valet de chambre à cheval « avec, a soin de noter l'abbé Perrin, avec lépée au côté, les manchettes et le jabot de dentelle ».

déserté, le pigeon casanier qui garde la tourelle? Mais l'autro souvent ne revient i)as. G"est le tome premier de nous-même et celui presque toujours qui nous représente le mieux. >> l'urtraits litfcraifcs ,1.1, \<. 't'iti.;

I. Ea Roclie-Guyon a été veiulue, pai- acle du ;!1 juillet \S2'J, pour une somme de six ceul mille francs.

Le concours de la population était énorme; mais les sentiments (jui animaient cette foule étaient divers. La masse, venue par curiosité, semblait éblouie par ce luxe dont elle n'avait pas idée et charmée par la liante distinction et la bonne gi'àce du prélat. L'enthousiasme des royalistes exaltés faisait contraste <ivec la réserve de tout ce qui se rattachait à Topinion libérale, et qui n'oubliait pas que le duc appartenait au parli ultra et était l'ami de co3ur et de politique du prince de Polignac, le chef du parti (\ue l'on considérait, à trop juste titre, comme un péril national. Enfin, jusque dans le clergé se formulaient des réserves : on avait trouvé que cet étalage effaçait trop rarchevêquc devant le prince, et l'on redoutait la direction d'une sorte d'abbé decour pour les vieilles traditions du clergé comtois. On lui disait aussi une prédilection marquée pour les rares prêtres ayant du savoirvivre ; or les prêtres de la vieille école considéraient le savoir-vivre comme un commencement de coi'ruption et, pour eux, le bréviaire sous le bras leur semblait dispenser de toutes les convenances. — L'abbé Perrin dit avec précision : « On ne com[)renait pas, dans notre simplicité franccourtoise, qu'on pùtètre vraiment bon prêtre ayant conservé tant d'usage et desavoir-vivre qu'en avait l'archevêque. » — Sur plusieurs de ces points, les appréhensions ne tardèTent pas à se justifier.

Jusque-là l'élévation aux premières fonctions du diocèse avait été moins la consécraliou du mérite que de l'ancienneté, ce qui avait fait du chapitre el de rarchevèché une sorte d'hùtel des

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