Ministère des Affaires eccL, loc. cit
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publique, mes regards se portent sur tous les points et j'agis d'après ce que les circonstances me commandent. J'ai déjà surmonté, par ma vigilance à tout prévenir, des difficultés graves. Restent les fausses nouvelles et les intrigues du clergé; je n'ai plus, je crois, que cette dernière résistance à vaincre ; je n'entreprendrai pas de faire des prêtres de bons citoyens, mais j'entreprends de les réduire au silence de paroles et (ï intrigues^ et je les ferai traduire en justice quand, par leurs actions ou leurs discours, ils allumeront le pays et troubleront la tranquillité. »
On voit là où en était arrivé ce gouvernement qui, après une secousse qui avait brisé tous les ressorts du pouvoir, n'ayant plus la force de commander, avait perdu le droit de se faire obéir.
M. de Brogiie dédaigna de répondre aux fanfaronnades de ce tyranneau ; mais il comprit, dès lors, avec amertume, qu'il est des jours où l'on peut être contraint de laisser le fait simposer au droit, et il ne tardera pas à se séparer de ce gouvernement dont il ne pouvait assumer plus longtemps, pour sa dignité, la politique de laisseraller.
JNI. de Rohan avait à répondre à la mise en demeure du Ministre : Il le lit dans une lettre très longue, où il exposait « quil est quelquefois des raisons impérieuses (pii aulorisent les évèques à séloiguer un t(Mnps du lrou[»eau (jiii leur a été conlié, non par les hommes, mais par Dieu ; c'est lorsque tous moyens de défendre leur troupeau contre les attaques des ennemis de la religion leur
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est enlevé ; c'est lorsque leur présence môme ne peut qu'accroître la liaiuo (Je ces ennemis et attirer sur leur clcrp: • les plus grands lléaux ; c'est, enfin, lorsque les peuples ne connaissent plus de frein et que raulorité est impuissante à les contenii'. « Le cardinal demandait, en résumé, comme condition à son retour, — ce que le Ministre n'était guère en mesure de lui accorder, — c'est que ce retour ne vînt pas aggraver pour son clergé les excitations criminelles du préfet et ne servît pas de prétexte à l'explosion des haines qu'il avait ameutées. Le cardinal concluait dans ces termes: « Lorsque cette sécurité aura été assurée, quels que puissent être mes souvenirs, mes affections, mes serments que j'avais cru inviolables, je n'hésiterai pas à venir concourir au maintien de l'ordre et au rétablissement de la paix^ )>
M. l'abbé Touchet, poursuivant son apologie, à propos de ce démêlé courtois du cardinal avec M. de Broglie, tlira : << A Paris on s'alarmait, ou bien l'on feignait de s'alarmer d'une telle absence. Le cardinal, qui n'avait pas plus de faible pour le ministre que pour son roi, le prit de haut avec M. de Broglie. » Que le cardinal n'ait pas eu de faible pour M. de Broglie — nous n'en savons rien — mais celui-ci n'en restera pas moins l'un de ceux qui, par leur droiture, leur haute intelligence, et leur parfaite sincérité d'hommes de bien ont fait le plus d'honneur à leur temps. Quant à ce que le cardinal l'ait pris de haut avec le