‹ Le cardinal de Rohan-ChabotChapitre 87 sur 107 · Ihid.. f · texte numérisé non relu

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cratie romaine, les relations qu'il avait nouées six ans auparavant. Son cercle le |)liis habituel était le salon de sa cousine La Rochefoucauld princesse Aldobrandini-Borghèse. Là il retrouvait la duchesse de Saint-Leu et sachant, par ce qu'il endurait, quelle torture était Texil, il se faisait un devoir de continuer à cette infortune royale ses respectueuses sympathies. Il était toujours sous le charme de cette bonté attentive, persévérante, de cette souple bonne grâce de créole qui rappelaient Joséphine. Mais les relations avec la duchesse ne laissaient pas le cardinal sans appréhensions : il arrivait en eifetaux princes d'attircrchez leur mère certains de leurs amis qui ressemljlaient beaucoup plus à des conspirateurs qu'à des hommes du monde, et qui embarrassaient autant la duchesse que les fidèles de son cercle. Nous verrons que, comme sa belle-sœur, la reine Hortense, en raison des compromissions révolutionnaires de ses lils, dut quitter Rome. Elle était loin du reste de partager à ce moment les ambitions de son fils Louis ; le désignant, un jour, à Rohan, elle lui dit: « Mon rêve serait qu'il put être incorporé comme lieutenant dans un régiment français i. »

Une autre intimité du cardinal était cette duchesse d'Anhalt que, en arrivant à Rome, il avait trouvée installée au palais de Lucques. Elle était

1. Ces vues d'avenir, si modestes de la duchesse de Saint-Leu persistèrent tant que le prince Louis eut un frère aîné : mais, celui-ci mort, la duchesse traita son second fils en souverain, et ce ne l'ut pas sans étonnement que. lors de sa visite au château d'Arenenberg. M. de Chateaubriand vit le prince, pour aller du salon à la salle à manger, passer le premier. Si René s'était survécu seulement de trois ans, il aurait eu bien d'autres étonnements.

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fille nalurolle du roi de Prusse, mais luthérienne convertie et sincèrement pieuse. Sa conversion avait été l'œuvre du P. Ronsin, lors d'un voyage que la princesse avait fait à Paris, et elle avait amené le duc son mari à abjurer avec elle, bien qu'il fût souverain d'un Etat protestant. Les relations de Rohan avec la duchesse, avant de devenir intimes, avaient débuté par une délicate question d'étiquette : qui ferait la première visite, de Son x\Uesse ou de Son Eminence? L'Altesse se remparait de sa qualité de souveraine, l'Eminence prétendait ne pas incliner, devant une Hohenzollern quelconque, la dignité de cardinal, de membre du conclave, de duc et pair héréditaire et de cousin du roi de France. C'était, à l'intérieur du palais, une situation des plus tendues, et dans les cercles princiers que ce contlit partageait, une question presque internationale. Le cardinal Odescalchi fut appelé à intervenir; il avait la pratique des grandes affaires, une prépondérance incontestée; son ami se montrait disposé à une transaction, mais l'entêtement de la duchesse fut intraitable. Pour en finir de cet incident qui, il le sentait, allait devenir ridicule, M. de Rohan recourut à ce qui était, dans les graves circonstances, sa suprême, ressource, aux Jésuites. Les Pères, si habiles à sauvegarder les grands des périls où les engagent leurs faiblesses, ne négligèrent pas cette occasion qui leur était o fierté de montrer les maîtres qu'ils étaient. Ils tranchèrent le différend et par un dénouement à la chinoise, mais qui fut accepté par l'une et Tautie j)artie. La sentence arbitrale des

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Pères prononça que la duchesse ferait annoncer sa visite au cardinal par un chambellan, mais en tenue de gala., et que Son Eminence, ayant ainsi satisfaction, se rendrait sans différer chez Son Altesse. Ce protocole fut ponctuellement exécuté, et Trissotin aurait pu dire :

Nous l'avons, en dormant, Madame, échappé belle !

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