‹ Le cardinal de Rohan-ChabotChapitre 89 sur 107 · Affaires Etrang.. Rome, vol. 968, f · texte numérisé non relu

Affaires Etrang.. Rome, vol. 968, f

en angoisses, ayant, sur le seuil de sa cathédrale, à haranguer le roi, M. de Quélen n'avait pas hésité, pour rentrer en grâce, à pousser Sa Majesté aux violences pour lesquelles il lui donnait la certitude du secours d'En-Haut. Sans comprendre la réserve que, lors de la crise de i830, lui imposaient son caractère et surtout ses antécédents, il s'était allié à Lambruschini dans sa politique d'opposition de parti pris au gouvernement. Lors de la célébration, à Saint-Olormain-rAuxerrois, du service anniversaire pour le duc de Berry, il s'était désintéressé de cette provocation, et du prétexte que les passions brutales de la rue ne manqueraient pas d'y trouver à de criminelles revanches. Il avait enfin mis le comble à ses bravades par son intervention au sujet de la nomination à l'évêché de Beauvais, de l'abbé Guillon. aumônier de la reine. M. de Quélen avait provoqué, de la part des prêtres de ce diocèse, une protestation que Lambruschini avait transmise à Rome; cette protestation n'ayant plus permis au pape de passer outre à la préconisation, ce fut un échec pour ainsi dire personnel à la royauté.

Informé du coup qui le mena(;ait, l'archevêque recourut à son ami Rohan : dans un long mémoire où il essayait de se justifier, faisant allusion aux proscriptions populaires dont il avait été victime et au sac de son archevêché, qui ne lui laissait plus où reposer sa tète, il terminait par ses mots : « Il me semble que je commence seulement n être évêque ! » C'était s'y prendre un peu tard, et le gouvernement ne lui reprochait pas autre

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chose que de ne s'être montre que prélat d'ancien régime, oubliant de se conduire en prêtre.

La tâche de M. deRohan n'était rien moins qu'aisée : de tous les griefs relevés contre l'archevêque le pape considérait que le plus impardonnable était son attitude à Saint-Germain-l'Auxerrois ; « n'ayant pu. disait le Saint-Père, ignorer ce qui se passait, ou l'ayant toléré, il serait coupable de trahison, d'une insigne imprudence jointe à un manque de absolu de bon sens^ >>. Le cardinal fit habilement la part du feu, en sacrifiant Lambruschini, qui n'était pas justifiable et qu'on ne pouvait penser à maintenir à la nonciature sans s'exposer à une rupture de relations avec le gouvernement français. En ce qui concernait l'archevêque, M. de Rohan fit valoir que le frapper serait non seulement reconnaître ses torts, mais consacrer toutes les calomnies dont il était poursuivi; que ce serait surtout une sorte d'absolution donnée à la lâcheté du ministère Laffite, qui s'était fait le complice des profanations commises tant à Saint-Germainl'Auxerrois qu'à l'archevêché. Le cardinal insista particulièrement sur ce que, obtenant une satisfaction immédiate par le rappel du nonce, le gouvernement deviendrait moins impatient d'obtenir la démission; que cette démission, ne pouvant être imposée par le Souverain Pontife, exigerait des négociations et comporterait des délais qui atténueraient le caractère aigu de l'incident. Lambruschini fut rappelé, puis le gouvernement,

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