Air. Etrang., Rome, vol. 970. f
cliesse veuve de Berry et Monsieur Hector-Charles comte de Lucchesi-Palli de Campo-Franco, s'étant adressés à moi, confesseur, afin de s'unir secrètement par les liens du mariage, des raisons de la plus haute importance les empêchant de le faire publiquement, muni de toutes les facultés spéciales nécessaires pour procéder à cette union dans le plus grand secret, je les ai conjoints en mariageiégitime, sans présence de témoins, comme j'en avais le pouvoir. En foi de quoi trois copies du présent acte ont été écrites de ma main, dont deux pour les parties contractantes, la troisième devant rester déposée dans les archives secrètes du vicariat de Rome, en témoignage de la vérité. — A Rome, le 14 décembre 1831, Jean-Louis Rosaven. — Soussignés certifions la vérité de l'acte ci-dessus. Rome, ce 14 décembre 1831. iMarie-Caroline — Hector-Charles Lucchesi-Palli*. »
On imaginerait diflicilement une situation plus clairement établie : le mariage était du li décembre, et c'est dix-sept mois après qu'avait lieu, le 10 mai 1833, laccouchement. Troismois avant cet accouchement, la princesse avait, par une déclaration insérée au Moniteur, annoncé qu'elle s'était mariée pendant son séjour en Italie. Ce mariage était assurément une déplorable faiblesse, mais l'expiation fut sans mesure. Cette veuve tragique, mère d'un roi, régente de France, qui ve-
1. Copie authentique de cet acte a été délivrée par le secrétaire du Vicariat à M. Tliirria qui a reproduit ce titre, ignoré jusqu'à lui, dans son livre la Duchesse de Beiri/. — M«' Uupanloup a dit du P. Rosaven : « Depuis Bossuet l'Eglise gallicane n'a peut-être point possédé de théologien plus consomme. »
nait par son héroïque folie de se placer si haut dans la sympathique admiration de l'Europe, en s'effondrantdans une pareille chute et en y entraînant son parti, avait causé un tel ébranlement dans la conscience publique que amis et adversaires se sont montrés pour elle d'une égale et implacable injustice. On n'y a pas été pas quatre chemins : le mariage d'Italie, il n'y a personne pour y croire; la princesse, pressée par les conséquences d'une aventure quelconque, aurait, avec l'aide de M""" du Gayla, amené Luchesi Palli à se faire, par un mariage in extremis^ l'éditeur responsable d'une faiblesse 011 il n'était pour rien. Le maréchal Castellane, se faisant l'écho de son monde, qui était le plus grand monde, écrit dans son journal, le 25 mars 1833 : « La duchesse de Berry est grosse de sept mois, on varie sur le père de l'enfant; M. de Chateaubriand, furieux en apprenant cette grossesse, a envoyé à Madame le conseil de dire que, étant veuve, elle s'était remariée en Italie, Madame la duchesse de Berry a fait, en conséquence, une déclaration'. » Le roi Charles X luimême croit si peu à ce mariage dltatie que, avant d'autoriser la duchesse à revoir ses enfants, il envoie à Rome M. de Montbel qui revint lui affirmant qu'il avait vu de ses yeux l'acte de mariage. Il n'y a pas à s'étonner que M. Thiers, qui n'avait rien d'un chevalier, prétextant de la raison d'Etat, n'ait pas hésité à porter une atteinte irréparable au respect de la monarchie déjà si