‹ Le cardinal de Rohan-ChabotChapitre 98 sur 107 · Atlaires Etranp;., Rome. vol. 970. f · texte numérisé non relu

Atlaires Etranp;., Rome. vol. 970. f

expliqué sur ce point avec l'ambassadeur du roi en termes qui, s'ils n'indiquent pas de sa part un changement d'opinion et de sentiments qu'il continue d'avouer avec franchise, expriment du moins la résolution de se conduire loyalement envers le gouvernement du Roi et de s'abstenir avec soin de tout acte, comme de tout signe d'opposition à l'ordrede choses actuelles. M. deSainte- Aulaire ne doute pas que ces dispositions ne soient sincères : elles respirent suffisamment dans le mandement, ci-joint, adressé par le cardinal au clergé de son diocèse, et par lequel il l'exhorte à rester étranger à tous autres intérêts que ceux de la religion, à éviter dans les entretiens comme dans les discours publics toutes contestations qui divisent les esprits, toute démonstration qui puisse faire accuser les prêtres d'être à Apollo plutôt qu'à, Côphas.

Néanmoins, après ce qui s'est passé, le retour en France de M. l'archevêque de Besançon ne })eut manquer d'y produire quehiue sensation et, comme il arrive d'ordinaire, on voudra probal)l('ment attacher à cet événement plus dimporlance qu'il n'en doit avoir. Si les circonstances ont donné quelque céb'brité au cardinal de Roluui, ceux-là, comme le rappelle M. de Saiute-Aulaire, se sont étrangement tromjx's qui ont voulu en faire un chef de parti.

« Quoi qu'il en soit, au moment oi!i cet archevêque se dispose à reprendre l'administration de son diocèse, il vous semblera peut-être d'autant plus convenable d'y préparer en quelque sorte

les esprits qu'il serait possible que les rapports de M. de Rohan, avec les autorités et môme avec la population, ne fussent pas sans quelques embarras. Le cardinal se plaint assez amèrement du mauvais état de rarchevêclié, qu'il dit presque entièrement inhabitable. S'il en est ainsi, M. de Sainte-Aulaire pense (et telle sera peut-être votre opinion) qu'il serait juste et convenable d'y remédier. A tout prendre, le retour de M. de Rohan dans son diocèse peut être d'un bon effet sous le rapport religieux, en rendant son chef spirituel à lune de nos plus importantes métropoles et, au point de vue politique, en paraissant indiquer de meilleures dispositions de la part d'un des hommes que l'on a pu considérer, juscju'ici, comme un des partisans les plus dévoués de la branche déchue. (( Je vous prie de vouloir l)ien me faire part des observations que l'objet de cette lettre a pu vous suggérer, aussi bien que des mesures qu'il vous aura paru convenable de prescrire.

Agréez...

c( SÉHAS'MAM

On voit par cette dépèche combien était juste ce mot des amis du général : « D'ordinaire sa décision est d'or. » Ici, tout est prévu avec une rare clairvoyance : l'émotion que causera, dans le diocèse, le retour du cardinal; l'obligation d'y préparer les esprits; celle de prendre les mesures (jni s'imposent et dont il demande qu'on lui rende

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