AHuires Etl'anL^. Hume. vol. IHU, 1" o
compte. Malheureusement, en ce qui concernait la conduite à tenir à l'égard du clergé, il n'y avait pas entente absolue dans le Ministère. La politique si ferme de Casimir Périer lléchissait sur un point : bien que profondément respectueux du sentiment chrétien, Périer n'avait pu se mettre au-dessus des préventions de son temps, et il se laissait aller à voir dans une fraction du clergé moins une force sociale qu'un parti politique suspect, presque ennemi, qu'il devait surveiller et parfois combattre. Aussi, dans cette alfaire Rohan, qui ressortissait bien moins aux Cultes (|u"à la Sûreté publique, ne croira-t-il pas devoir s'y substituer à son collègue, comme il le faisait en toute occasion, et y faire sentir son habituelle main de fer. Nous le voyons, là, ce qu'il sera pour Saint-Germain-l'Auxerrois, qu'il n'osera pas rouvrir au culte, et pour l'archevêché, qu'il ne consentira pas à laisser relever de ses ruines, bien qu'il n'en eût rien coûté à l'Etat.
Cette disposition du chef, elle influera sur l'action du pouvoir à tous les degrés et l'énervera. M. de Montalivet, qui s'était montré jusque-là l'homme d'Etat le plus clairvoyant et le plus intrépide, se bornera à écrire de sa main en marge de la dépèche du général : « Faire part au ministre de l'Intérieur, prévenir le préfet et lui donner quelques détails qui le mettent à môme de juger quels motifs ramènent M. de Rohan dans son diocèse; loin d'y voir un dessein de susciter de nouveaux embarras au Gouvernement, j'y vois au contraire une preuve de la foi que les plus incré-
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cUiles commencent à avoir claiLs sa (hirce. On vent s'arranger avec la révolution de Juillet parce que ses adversaires désespérèrent de la voir se perdre elle-même.
Siyui' : M'. >^
Puis dans la lettre que ses bureaux écriront au ministre de Vlntérieur, nulle demande de concours pour le cas oiî la tranquillité publique serait troublée, et, au préfet du Doubs, pas d'autres instructions que « de tout observer avec le désir de ne trouver que d'beurcuses dispositions, de les faire naître si elles n'existaient pas, et de fournir des renseignements sur l'effet que l'arrivée de M. le cardinal aura pu produire sur les diverses nuances de l'opinion- ».
C'était bien de cela qu'alors il s'agissait! Le Gouvernement en était-il à apprendre de quoi sont capables les foules quand elles sont déchaînées ; à savoir que les manifestations, organisées par des aigrefins, sont presque toujours exécutées par des bêtes féroces ? Une proclamation adressée aux habitants, indiquant dans quelles conditions d'absolue soumission à la volonté du pays l'archevêque reprenait possession de son siège ; faisant justice de toutes les inventions venimeuses que répandait le parti jacobin dans le but d'affoler l'opinion ; affirmant enfin avec énergie la ferme résolution oi^i était l'autorité de réprimer tout acte
1. Archives de l'Instruction publique et des Cultes, Direction des Cultes, dossier Rohan.