I. ARi:UKVKOl*K DALIiB
ïpagnols de sa ville épîscopale et de son diocèse. S
n'hésita pas à faire trois fois le voyage de Ma- ■i<l pour obtenir que le gouvernement de ce pays •
itretînt à Alger même une communauté de > t
pêtrçs espagnols. Ces prêtres, entourés de l'estime 3 tous, n'ont cessé de maintenir très efficacement :urs compatriotes dans la foi nationale. Ajoutons u'il se trouve .toujours parmi les vicaires de la athédrale un prêtre de nationalité italicnue.
Pour entretenir la foi et la piété chez tous ses iocésaîns Mgr Lavigerie fonda une sorte de raison permanente, qu'il confia aux Jésuites et aux rètres de Saint-Lazare. Grâce à cette salutaire istitution, chaque paroisse reçoit gratuitement, )U5 les cinq ans. les bienfaits d'une prédication )éciale et de tous les exercices qui sont les plus ropres à restaurer la vie chrétienne. Il établit iissi l'adoration perpétuelle dans son diocèse Alger, et ordonna que cette cérémonie fftt pré- 5d6e de la prédication d'une retraite. oÊ
Le culte du Saint-Sacrement, qui est le centre ~-
lême de la religion catholique, ne se développe imais avec plus d'éclat qu'au jour de la Fête-Dieu, iisqu'en 1872 la procession d'Alger fut certainelent l'une des plus belles du monde. Rien n'était nposant comme la bénédiction donnée sur la lace du Gouvernement, en présence des au u pays, à la foule de toutes nations qui ce îsrues et les terrasses des maisons maure
ien n'était touchant comme la seconde bé on, donnée au milieu des salves de l'arti
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70 LK CAHRINAL LAVIGERIE
uux navires qui remplissaient Icporl, cl, del'aiitr' côté des flots, à lu France D)i>me qui s'élend là bas sur les rivages opposi^s. C'était, comme l'a dii, l'archeviyquc, une noble manifestation du cuit national do la France, également faite pour impr sionnçr un peuple religieux comme le peuple araln et pour rapprocher les chrétiens de tant de nali" nalités diverses qui sont venus se fixer en A Igér^
En 1672, la municipalité d'Alger ne trouva rii de mieux que d'interdire, aux yeux des niusul mans étonn(''S, la procession de la Fôte-Diiu L'archevOque céda à la force, mais non sans pic tester. Il écrivit au préfet d'Alger, qui lui av^i purement et simplement notifié l'arrôt municipal u La population vraiment catholique d'Alger, di'i si profondément blessée dans ses sentiments leplus intimes par les abominables outrages imp< nément déversés chaque jour sur ses croyance^, par les mesures illégales et persécutrices dirigéocontre l'enseignement religieux de ses écoloï contre l'exercice de son culte, saura, une fois di plus, à quelles passions et à quelles faiblesses ell doit, depuis près de deux années, la supprcssini des coutumes et la violation des droits qui lui soi: les plus chers. »
11 communiqua cette lettre aux lidèles, et leur apprit, en môme temps, qu'il avait décidé de fair
l'archevêque d'alger 71
La manifestation de foi qui suivit celte convocation épiscopale fut des plus imposantes. L'armée entière y prit part avec tous ses chefs. Une foule nombreuse, évaluée à plus de vingt mille personnes, y monta d'Alger. L'artillerie plaça ses canons sur la colline qui fait face à Notre-Damed'Afrique, à l'extrémité de la Vallée des Consuls et salua de ses détonations répétées le Très-Sainl- ff^
Sacrement. Depuis cette époque, les processions de la Fête-Dieu ont lieu à Notre-Dame-d'Afrique, et la population chrétienne est toujours fidèle à s'y rendre.
On vient de voir que l'Algérie n'est pas plus exempte que la France de politiciens antireligieux. iVous pourrions ajouter qu'ils y sont relativement plus nombreux que dans la mère-patrie, et d'une espèce encore inférieure, s'il est possible. Le meilleur moyen de défendre la religion, c'est de la Faire connaître, c'est de mettre de bonne heure les jeunes générations en garde contre les calomnies et les mensonges qui se rencontrent plus tard dans les conversations, les journaux et les livres.
Il ne tint pas à Mgr Lavigerie de développer les établissements d'instruction en Algérie comme il .'avait fait à Nancy. Mais le succès ne pouvait être ie même dans un diocèse presque dénué de ressources propres, et auquel le gouvernement allait bientôt refuser les secours les plus nécessaires.
Mgr Lavigerie avait trouvé en Algérie un grand séminaire, situé à Kouba, pour les élèves de théo-
li LK CAHUI^AL LAVItiElIlt
logic, et ui) petit séminaire situé à Sainl-Eu^'i pour les él6vcs qui fiusaioiit leurs «études clu^siip-
Lc grand séniinairu de Kouba. construil <'.
IVmplaroraontd'nii ancien camp retranche, don: au diocèse eu 1 818 par le gt^néral Cavaignac. ai été construit aux Truis du gouvernement frai: Avec sa vue splendide sur la ville et la baie 4 ■ ger, avec ses cou[ioles mauresques, ses vaterrasses, ses élégantes colonnades, ses cloilfprofonds, c'est certainement l'un des plus bcaséminaires qu'il y ail au monde. La direction' est confiée aux prêtres de la Mission. En JSti". supérieur en était, depuis longtemps déjà, :
prêtre d'une rare vertu qui a laissé dans toi; l'Algérie un durable et profond souvenir, M. ti rard. Lorsqu'il mourut, en 1879, chargé d'aiiU'et de mérites, Mgr Lavigeric tint à témoigner Jai une lettre publique tout ce qu'il devait à son ' vouement et à ses lumières.
Avant la division de l'Algérie en trois dioiî'r distincts, le grand séminaire de Kouba reee^v tes clercs de toute la colonie. Mais il valait mîK que les séminaristes d'Oran et de Constanli fussent élevés sous la direction immédiate leurs propres évéques. et dans le milieu m<^mo ils devraient plus tard exercer leur ministère.
L'archevêque d'Alger obtint, en 1868, du <:" vernement français la création et la dotation
L'ARcnEVÉQUE d'aIGEB 73
Alger, et il avait été installé par Mgr Pavy dans
propriété qui servait à l'ancien Consulat de ■ance au temps de la domination turque. C'était utôt un collège mixte qu'un séminaire. Il recelit, en effet, indistinctement les enfants qui se îstinaient à l'état ecclésiastique et ceux qui ne y destinaient point. Mais cet état de choses ofait de graves inconvénients dans un pays comme C!3
Algérie, où les mœurs sont plus relâchées. Il fui Ï^S
ïcidé que le petit séminaire serait exclusivement ^^
!servé aux vocations sacerdotales et installé à j
ouba dans les vastes édifices du grand séminaire. ^^
L'établissement de Saint-Eugène a été, depuis g"^
:tte translation, affecté à l'école apostolique qui '-^r^
rt,en quelque sorte, de premier noviciat aux en- ^^
nts qui se destinent à la congrégation des Pères tancs. Le cardinal, quand il est dans le diocèse, c>
ibite la même propriété qu'eux, el il faut qu'il i,
it bien malade, ou bien absorbé par les affaires, ^r
lur passer un seul jour sans les voir. ^5
Ces aimables petits missionnaires sont au ^^
)rabre de quatre-vingt-quinze. Les deux sémi- ^~
lires de Kouba contiennent chacun trente élèves. , ,^
joutons qu'il y a, en général sous la direction ^
un ou deux prêtres, qui sont en môme temps caires, des maîtrises dans la banlieue d'Alger à \gha et à la Cité-Bugeaud, ainsi qu'à Médéah, ilianah, Cherchell, Ténès et Orléansville.
Le petit séminaire ayant perdu son cart lixle, il fallait procurer aux familles un loyen de faire donner h leurs enfants l'ini
lion chrétienne. L'archevêque fonda deux co dans ce but, Tun à Alger, l'autre à Blidah.
Il confia d'abord le collège d'Alger à des très séculiers. Mais, à cause des besoins du diocésain et de l'insuffisance numérique du cl il crut bien faire de transmettre la direction de établissement aux membres de la Compagnie Jésus, si experts en matière d'éducation. M reusement les circonstances ne permirent cet établissement de prendre le développe; qu'on avait espéré, et les Pères Jésuites fini par abandonner l'entreprise.
On fut plus heureux à Blidah, où furent ap les prêtres de la congrégation de Saint-!
dont la maison-mère est à Annonay, dans le cèse de Viviers. Le collège de Saint-Charles Blidah est aujourd'hui le plus beau de l'Ai et il ferait très bonne figure dans les plus gr villes de France. Il possède environ deux c élèves, recrutés dans les meilleures familles de colonie, qui se félicitent d'y trouver pour l enfants, avec le bienfait principal de l'éducai chrétienne, tous les perfectionnements maté des plus riches établissements de l'Etat et instruction qui n'a rien à envier à celle de TU versité. Un grand nombre d'entre les professe sont allés se préparer à l'enseignement à l'Écol des Carmes, et en sont revenus avec les grades 4 licenciés es lettres ou es sciences. Aussi cetét» blissement, commencé avec beaucoup d'hésitatioB il y a une vingtaine d'années, est-il aujourd'hui «
l'arceievèqui:: u'alcer 75
eine prospérité. Déjà môme sa réputation se réind hors de l'Algérie, et on y envoie de France •.s jeunes gens maladifs à qui les médecios conillent le séjour de Blidah.
C'est avec une fierté bien légitime que le supéeur de Saint-Charles rappelle ses difficiles déjls et le temps où, après avoir loué un pauvre
3tit local sur la route d'Alger, il se transportait, ê3
vec de craintives espérances, dans une propriété ?^s
3sez vaste, mais bien mal entretenue, sur les ^Jâ
Drds de l'Oued-el-Kébir et aux pieds de l'Atlas. 11 S9
^ait encore loué ce dernier emplacement, mais ^^
I stipulant la faculté do l'acheter au bout de ^^
jelques années. C'était compter sans le torrent et — ^
ins la montagne. L'Oued-el-Kébir rongea sous C->
rre les pieds de l'Atlas; l'Atlas glissa insensible- ^S
ent et fit reculer l'Oucd-eUKébir. Les voisins, ^^ rt incommodés de cette querelle, durent cher-
ler des terrains plus sûrs. Le collège se traus- v—
jrta dans le quartier de Sidi-Yacoub, près du ^
ois des Oliviers. De vastes orangeries furent ^^
lantées, de magnifiques bâtiments s'élevèrent, et ^
; cardinal vînt lui-même, le 17 avril 1888, bénir — *
>lennellement le nouveau Saint-Charles. ^
L'archevêque d'Alger n'avait donc rien our affermir chez ses diocésains les con eligieuses et les pratiques de la vie chri
l'archevêque d'alger 77 j
sus tout, bonté paternelle et vertus vraiment \
scopales : tels sont les rares mérites du chef '
juste que Dieu vient de donner à son Eglise, I
ir succéder au Pontife qu'elle a perdu. » ;
Chaque fois que Léon XIII a instruit le monde étien par ses admirables encycliques, le cardi-
Lavigerie s'est fait un devoir, non seulement, I
nme tous les évoques, de les communiquer à ; diocésains, mais encore de les commenter, d'en re ressortir le sens, de les appliquer aux besoins îciaux de l'Algérie et de la France. Sur l'importte encyclique Immortale Dei, qui a terminé les estions soulevées à propos du libéralisme, il blia un commentaire si frappant, si lumineux, conforme aux intentions du Souverain-Pontife, B celui-ci ne se contenta pas de l'en remercier 'sonnellement, mais qu'il lui adressa un Bref blic de félicitations.
5i l'on veut un témoignage plus frappant encore plus personnel de la communauté d'idées qui Iste entre Léon XIII et Mgr Lavigerie, on n'a 'à comparer la dernière encyclique Sapientiœ ristianœ, je ne dis pas au commentaire que le 'dinal en a fait en la publiant, mais à la lettre culaire qu'il envoyait à son clergé trois mois para van t (4^' novembre 1889). On y rencontrera solument les mêmes conseils sur les questions
plus délicates, et notamment sur l'attitude qui it être celle des chrétiens à l'égard de la poli- ;ue. La ressemblance est telle qu'elle paraîtrait pposer des délibérations communes.
l'arcdevéole 1>'a[ l'Éial au concile du Vatican ' . E récit que Mgr Lavigerie n'a pas « Étant à Paris, l'archevf'qii site le ministre des Cultes, et, d causé avec lui des affaires di c'était un homme d'élite, d'un d'une conversation attrayante, été charmé, et de part et d'autre avec un entier abandon. " Ne i vaincs illusions, avait dit en vôquc; une immense majorit* définition; quoiqu'on tente, cl poser à un fait invincible est s'user dans une résistance sar modérés de l'épiscopat devrait efforts à raitiger les termes de la au gouvernement, il aurait bien dans une affaire de l'ordre pui tout à fait en dehors de sa com] veraît dans une intervention qu (échecs. » Je dus d'autant plus p appréciations que, d'autre pa que beaucoup de nos évoque pouvoir rentrer dans leurs di vote solennel, ils se prononçaie tion. Toutefois sans m'explique elle-même, ni sur sa vérité, ni nité, ni sur ses chances, je rép nent interlocuteur, « que le go