‹ Le cardinal Lavigerie et ses œuvres d'AfriqueChapitre 11 sur 60 · T. II, p.96etsuiï · texte numérisé non relu

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H^ LK CAHIHNAL LAVICI^RIE

dorait la conlro verso comme relevant de l'organisalion intérieure de TÉglise et en dehors de la compétonco de TKtat; que, quels que fussent les doctrines et les sentiments de chacun de ses membres, il n'entendait pas peser sur la solution; qu'à Rome on pouvait la débattre en paix, sans crainte d'être troublé par une intervention oppressive. » Le prélat répéta c(»s déclarations, auxquelles je n'avais pas donné un caractère confidentiel. »

Le Moniteur unicersel, ayant raconté que le voyage de Mgr Lavigerie avait pour but sa translation au siège archiépiscopal de Lyon, devenu vacant par la mort du cardinal de Bonald, le prélat déclara, dans une lettre publique à ce jou^ nal, que sa conscience et son honneur s'unissaient pour l'empéchcr de quitter l'Algérie. Il en prit aussi occasion de s'expliquer nettement sur sa prétendue mission diplomatique :

« La seule diplomatie praticable, dans les circonstances actuelles, vis-à-vis du concile, dit-il, n'exige point d'ambassadeur; elle se résume pour les fidèles et les gouvernements, en deux mots de foi et de sens commun : pour les fidèles qui veulent rester tels, se soumettre simplement, selon les règles de leur croyance, aux décisions de l'Église assemblée, qui seront œuvre de vérité, et, par conséquent, de sagesse; pour les gouvernements, respecter la conscience de leurs sujets catholiques dans des mesures purement spirituelles, qui échappent complètement à l'action de l'Etat moderne, et où, comme Ta si bien dit le

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comte Daru , il n'a ni à prévoir ni à prévenir. »

De retour à Rome, il reçut bientôt un frappant témoignage de la confiance qu'avaient en lui la majorité des Pères. Il fut nommé, à la presque unanimité des voix, le troisième sur vingt-quatre, membre de la congrégation des Missions et des Affaires orientales.

Mais, comme* son absence prolongée menaçait de compromettre gravement ses œuvres, il exposa bientôt à Pie IX les raisons qui semblaient réclamer son prompt retour en Afrique; et le Pape, qui connaissait ses sentiments, lui permit de rentrer dans son diocèse.

Ce fut là qu'il apprit la proclamation du dogme de rinfaillibité. Dès qu'elle lui fut connue, il télégraphia son adhésion, qui arriva la première de toutes parmi celles des évoques qui se trouvaient alors en dehors de Rome.

Il voulut faire davantage et associer tous ses prêtres à cet acte de foi . Dès que la paixfut revenue, il les convoqua en Synode pour leur faire accepter solennellement les décrets du concile œcuménique. L'assemblée s'ouvrit, le 23 septembre 1871 , par la proclamation des constitutions dogmatiques du concile du Vatican. Elle examina et vota ensuite un code de statuts diocésains, et, avant de se séparer, elle envoya au Pape une adresse rappelant l'ancienne union des chrétiens d'Afrique avec Rome au temps des Cyprien, des Augustin, des Optât, des Fulgence, et témoignant que les senti-

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monts (le foi et do soumission étaient encore les mûmes chez leurs successeurs.

A la suite de ce Synode, Mgr Lavîgerie eut la pensée d'en él(»ndre les bienfaits aux diocèses d'Oran et de ('onstantine. au moyen d'un concile provincial. Tl 1(» convoqua par décret archiépiscopal le iS février 1873, et il l'ouvrit à Notre- Dame d'Afrique le 4 mai de la mftme année.

Lui-même célébra, le premier jour, la messe du Saint-Esprit dans la basilique, et après l'évangile, il prononça, de son trono, une allocution qui expliquait les motifs pour lesquels on avait réuni le concile et les matières qui allaient fttre soumises à ses délibérations, c'est-à -dire l'organisation des diocèses, l'affirmation des vérités de la foi, la condamnation des erreurs modernes.

Dans des diocèses nouveaux et habités par des fidèles venus de pays différents, il fallait créer des habitudes uniformes, établir solidement le point de départ de traditions communes, organiser le recrutement des prêtres, délimiter les districts, développer et réglementer les œuvres de la charité chrétienne, faire une place dans la liturgie aux saints et aux martyrs de la région, enfin concilier les ardeurs du zèle avec les précautions de la prudence dans l'apostolat auprès des infidèles.

Il fallait adhérer solennellement à la foi catholique, aux récentes décisions de l'Eglise, au concile du Vatican, et proclamer bien haut que le Credo récité sur la terre d'Afrique par les chrétiens

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Je notre temps était le même Credo qu'avaient récité dans cette contrée les chrétiens des six pre [niers siècles. Quelle réponse victorieuse à ceux

jui trouvaient la constitution de TEglise changée iepuis la proclamation de l'infaillibilité pontificale, que de faire répéter par les nouveaux représentants de l'Eglise africaine ces paroles adressées jadis au pape Théodore par l'un des derniers et des plus importants conciles de Carthage : « Los anciens canons ont décidé que rien de ce qui est mis en avant dans les provinces, même les plus éloignées, ne doit être accepté ni suivi avant d'être porté à la connaissance de votre auguste siège, afin que votre autorité confirme les décisions équitables et que, les autres Eglises recevant comme ie r.a source naturelle le principe de leur enseignement, les mystères de la foi et du salut conservent dans le monde entier leur pureté incorruptible ! »

Telles furent les différentes questions sur lesquelles délibérèrent les Pères du concile d'Alger. L'assemblée siégea du 4 mai au 8 juin ; elle tint six sessions solennelles, quatorze congrégations générales et quatre-vingt-quatre congrégations particulières. Les résolutions, rédigées en latin, 3nt été publiées sous le titre de Décréta Coiicilii orovincialis Algeriensis in Africa, Il suffit à notre lessein d'avoir indiqué, d'une manière générale, ['objet de ces décrets et d'ajouter que le texte en a ^té formellement approuvé par Rome.

Le concile se termina dans la cathédrale d'Alger par des cérémonies solennelles, et l'archevêque le

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vigoric» s"occii[)a ilo pourvoir à la longue vacance ilu sii'go, et. ou février 1872, de concert avec le cardinal Tiuibert, il fil nommer à l'évôché de Constantiiie Mgr Hubert, vicaire général de Viviers.

Lorsque cet émiuenl prélat fut transféré à Marseille, Tarelu^veque d'Alger, toujours soucieux de ne confier le diocèse de saint Augustin qu'à des mains dignes de cet honneur^ fit agréer comme évèque de (lonstantine et d'ilippone le prêtre qu'il a le plus estimé durant sa vie, puisqu'il Ta choisi entre tous j)our son coadjuteur, Mgr Dusserre *.Ce prélat, si aimé du clergé algérien, est un ancien zouave, et une balle, qu'on n'a pu extraire, ne lui rappelle que trop souvent ses campagnes d'autrefois.

Quand il revint à Alger comme coadjuteur avec le titre d'archevôque de Damas, Mgr Lavigerie lui choisit pour successeur à Gonstantine M. Gillard, son vicaire général, qui avait été blessé en 1870 comme aumônier militaire.

Mais un mal subit l'enleva cinq jours avant son sacre, et l'archevêque d'Alger, après avoir prononcé avec une profonde douleur son oraison funèbre, dut accepter une fois encore Tadministration du diocèse de Gonstantine. Il la garda une année entière, jusqu'à ce qu'il eût obtenu la nomination de Mgr Combes, un autre de ses vicaires

1. En 1872, il avait obtenu pour auxiliaire d'Alger Mgr Soubiranne, que sa santé obligea de revenir en France, et qui, nommé évoque de Belley, dut aussi quitter ce diocèse à la suile d'une attaque de paralysie.

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pcctent, qui est partout obéi, dont tous se mon trent fiers.

L'unanimité de ces sentiments s'est manifesté avec un grand éclat, en 1888, au moment de soi jubilé épiscopal.

En mémo temps que Léon XIII félicitait le cai dinal par un Href spécial, le joyeux anniversaii était annoncé dans des lettres pastorales à toul l'Afrique franraise par les évoques d'Algérie i par l'auxiliaire de Carthage ; il arrivait à Alg( des adresses innombrables de toutes les £glis< africaines, et même de l'Orient, du patriarcl d'Antioche et des missionnaires de Jérusalen Dans les cérémonies qui se firent à Alger, '. 22 mars, pour fêter la vingt-cinquième année d'u épiscopat si fécond, Mgr Lavigerie pouvait moi trer fièrement à l'envoyé du Pape et au délégv (les évèqucs orientaux tous ses frères, tous s< fils dans l'épiscopat et le sacerdoce, assemblés ai tour de lui comme un vivant symbole de la chî rite qui anime sous sa conduite l'Eglise d'Afriqu ressuscitéo.

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