‹ Le cardinal Lavigerie et ses œuvres d'AfriqueChapitre 19 sur 60 · Stanley, Cinq années au Congo, pp. 456-i · texte numérisé non relu

Stanley, Cinq années au Congo, pp. 456-i

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t peuplés quelques années auparavant : «Les vilages, dit Stanley, avaient cessé d'être, comme 'ils n'eussent jamais existé qu'en rôve. Que s'éait-il donc passé? » Une horde de brigands avait omplètement dévasté un pays de 53,000 kiloûètres carrés, où vivaient un million de nègres ; ' 118 villages, représentant 43 communautés plus castes, avaient été ravagés, et cette œuvre d'exermination n'avait rapporté que 2,300 esclaves, Mmes et enfants, et environ 2,000 défenses d'ivoire. »

Sans doute, il n'arrive point toujours, comme lans le cas présent, que deux esclaves enlevés représentent un massacre de cent nègres; mais, au Bornent de la vente, ils ne représentent jamais ïioins de dix victimes, car il faut aussi tenir îompte de ceux qui meurent le long des routes ivant de parvenir aux marchés * . Or les missionnaires affirment qu'il se vend par année 400,000 îsclaves, et la plupart des autres voyageurs portât ce nombre à 500,000.

Pour empêcher leurs victimes de fuir durant la ïiarche, les négriers les attachent ensemble à 'aide d'une sorte de cangue, dont les divers anfteaux leur enserrent le cou; ils leur lient les Drains derrière le dos, et leur entravent les pieds

1. Est-il besoin de dire que les jeunes esclaves dont on ^'^^t faire des eunuques (les eunuques se paient très cher) •*ccombent dans des proportions effrayantes aux mutila- "0û8 dont ils sont l'objet? Un explorateur, au Maroc, * constaté que, sur trente enfants opérés, il n'en survivait ■«Piedeux.

dans des liens étroits qui les forcent à suivre un pas toujours uniforme. Durant la nuit leurs jambes sont serrées dans des traverses qui leur interdisent tout mouvement, et les font tant souffrir que, le plus souvent, malgré leur fatigue, ils ne peuvent dormir.

Ces traitements les affaiblissent-ils au point de ne pouvoir plus avancer? On les pousse comme des bêtes de somme, à coups de lanières, qui laia-^ sent des traces sanglantes. !

S'ils tombent sur la route, on les frappe jusqu'à' ce qu'ils se relèvent.

S'ils ne peuvent plus se traîner, on les tue; ooj bien on les mutile, on leur coupe les bras, un«| jambe, et on les laisse attendre, dans la fièvre et dans la soif, la lente mort de l'épuisement ou lil dent libératrice des lions et des léopards. '

Ajoutons qu'ils sont bien souvent chargés de* bagages de la caravane, et que de lourds fardeaui^ augmentent encore les fatigues de la route. Le» femmes elles-mêmes n'en sont pas dispensées; elles tiennent à emmener avec elles, en le po: tant, un enfant tout jeune, on ne s'y oppose p toujours, car cela peut faire plus tard un esclav de plus ; mais s'il arrive qu'elles ne puissent pi dissimuler la fatigue du double fardeau, on les d charge de leur enfant, et, sous leurs yeux, mal tous les cris, on lui brise la tête contre les arbr ou les cailloux. « Marche, dit-on ensuite à l mère, à présent ce n'est plus trop lourd. »

Cameron parle avec épouvante des squelettes,

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des jougs, des fourches à esclaves, qui s'o partout à ses regards V On a pu dire qut voyageurs s'égaraient dans le centre de VA ils reconnaîtraient souvent la route d lavanes aux ossements humains dont < jonchée.

Après ces tortures du voyage par terre, tre supplice commence pour les esclaves q Jestinés à la Turquie d'Asie, et qu'on em iccrÈtement sur la côte orientale dans les 1 )u dahous arabes.

» J'ai vu, dit Cameron dans une lettre ai lai Lavigerie, j'ai vu les esclaves à b( ahous. arabes, accroupis, leurs genoux ai an, couverts de blessures et de plaies, m ar manque de boisson et de nourriture, les es aux vivants, et la petite vérole ajoutan este contagion aux misères dont ils étaier lés. >,

Et Mgr Bridoux, vicaire apostolique du ' ika, décrit ainsi deuxboutres chargés d'es ii'il a trouvés à Zanzibar, où les avaient !

3US croisières anglaises : « Ils y étaient e )mme des harengs, tenant, on ne sait ps liracle, quatre-vingts dans un étroit espac' aurait pas cru qu'il en pût tenir dix; hâve es comnae des squelettes, les yeux en spirant la faim, la terreur, le désespoir. I us affreux que ces malheureux, malade

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