‹ Le cardinal Lavigerie et ses œuvres d'AfriqueChapitre 22 sur 60 · Le bureau avait été ainsi composé · texte numérisé non relu

Le bureau avait été ainsi composé

Président, M. Relier.

Vice-présidents : Mgr Jacobs, vioe-président du comitâ directeur de Bruxelles ; MM. le prince Rospigliosi, président du comité directeur de Rome ; Sorela, délégué général d© Tœuvre en Espagne ; le comte de Macedo, vice-président du comité de Lisbonne ; Siéger, président du comité d»

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puis plus d'un an dans les divers comités, qu'il a suffi de trois séances privées des délégués, pour rédiger les résolutions qui ont été lues et acclamées à la réunion publique du mardi soir, dans la grande salle de la Société de Géographie.

Le texte de ces résolutions sera plus instructif pour les lecteurs que tous nos commentaires; le voici :

!• Le Congrès adresse aux puissances signataires de l'Acte général de la Conférence de Bruxelles l'expression de sa profonde reconnaissance pour l*œuvre qu'elles ont accomplie, et exprime le vœu Çie les dernières conditions qui restent à remplir le soient sans délai pour répondre aux sentiments de tout le monde civilisé.

2® L'Œuvre antiesclavagiste est divisée en co- Baités nationaux, qui, moralement unis dans la poursuite d'un but commun, ont une organisation «tun mode d'action absolument indépendants.

3* Le Congrès compte avant tout sur les moyens pacifiques, spécialement sur l'action morale des Bùssionnaires, pour relever les noirs. Aussi est-il ïfeolu à seconder les missionnaires par tous les Bioyens en son pouvoir.

it^hes comités nationaux feront œuvre utile en suscitant, là où les circonstances le font désirer, les dévouements privés et le concours des volon-

Pologne ; Charles H. Allen, secrétaire-général de l'Anti- Savery Society de Londres.

Secrétaire-général, M. de Fontaine de Resbecq.

taires, dans les conditions et sous les ré; édictées au chapitre premier de l'Acte gêné:

la Conférence de Bruxelles.

5* Le Congrès exprime respectueusemc vœu que le Saint-Père, qui a glorieusement i diqué la liberté des enfants déshérités de la g famille humaine, et qui a si généreusement c hué aux premières dépenses de rœuvre,se re à la prière du cardinal Lavigerie, accord quête annuelle pour les besoins de l'œuvre.

6** Le Congrès émet le vœu que des m( soient prises, si déjà elles ne l'ont été, pour p nir les abus du recrutement des travailleurs et sauvegarder efficacement la liberté des ne la sincérité des engagements conclus avec ei 7** Le Congrès appelle l'attention de tout puissances, même musulmanes, sur le dang6 le développement de certaines sectes musuln africaines fait courir à la civilisation et à la li des noirs.

8® Il est à désirer que chaque comité nai fasse paraître périodiquement et propage le possible unbulletin antiesclavagiste, et entret des relations permanentes avec la presse, al la tenir au courant de tout ce qui concer question de l'esclavage. Il paraît aussi impo que l'échange de ces publications soit fait ent différents comités nationaux, et qu'une en commune maintienne entre eux les liens n saires au progrès de l'œuvre.

9° Le Congrès exprime sa reconnaissan»

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bienfaiteur qui a fondé un prix de vingt mille francs destiné à récompenser le meilleur ouvrage populaire concernant Tesclavage. Il décide que chaque comité national examine les manuscrits ^i lui sont adressés par les auteurs de sa nation, n désignera celui ou ceux de ces manuscrits qui lui paraîtront dignes d'obtenir le prix proposé, et nommera un délégué qui se réunira aux membres dellnstitut de France faisant partie du comité antiesclavagiste de Paris, pour former le jury chargé de décerner, au nom du Saint-Père, le prix.

10' Le Congrès émet le vœu que les secours en- Yoyés aux missionnaires soient exempts de droits de douane.

H* Le Congrès, estimant qu'il est éminemment utile que les délégués des comités nationaux se réunissent encore pour échanger leurs vues et stimuler réciproquement leur zèle, décide qu'un nouveau congrès antiesclavagiste aura lieu dans un délai de deux ans au plus tard *.

Ainsi l'œuvre des comités antiesclavagistes est ^désormais nettement déterminée.

Ils vont continuer de rendre Topinion favorable i toutes les mesures qui pourront Hvo. prises ^contre la traite. Brochures, articles de journaux.

1. Au nom de ï Anti-Slavcnj Sodely^ M. Allen vient [d'écrire au cardinal Lavigerie pour lui exprimer les vives sympathies des antiesclavagistos «rAngleterre, et pour Fin- [jiter officiellement à réuni i* son prochain Congrès ii

mdres, en i892.

conférences, ils ne négligeront rien pour émouvoir la pitié publique.

Ils chercheront de toutes parts des ressources financières, qui seront employées à fonder dans l'intérieur africain des maisons de refuge pour les nègres libérés, des orphelinats, des hospices, des établissements agricoles.

Ils pourront également, s'ils le jugent opportun, consacrer les sommes recueillies à l'entretien de corps de volontaires destinés à empêcher les chasses à l'homme, à disperser les caravanes de négriers, à réparer par la force tous les ravages de la traite. Il suffira pour cela de troupes fort peu nombreuses. De l'avis des missionnaires et des ^ explorateurs, ce serait assez de deux cents soldats européens échelonnés en une série de postes fortifiés, avec le concours d'indigènes gagnés à la civilisation, pour faire cesser la capture des esclaves sur les immenses plateaux qui s'étendent entre les trois grands lacs Nyanza, Tanganika et Nyassa. Que dis-je? Quelques hommes déterminés pourront, comme a fait le capitaine Joubert, apprendi aux noirs à se défendre eux-mêmes et protégei avec leur concours des contrées entières * .

i. Quatre mois seulement se sont écoulés depuis la de la conférence de Bruxelles, et déjà la Société anliesclavagiste de Belgique a envoyé au Congo M. Paul va» Kerchove, ancien capitaine de zouaves pontificaux, et^ M. Hinck, qui s'est distingué dans radministration ai TEtat indépendant. Ces deux officiers remontent actuelh ment le grand fleuve pour se rendre au Tanganika. On d'excellentes nouvelles de cette expédition d'avant-gardc

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Sans doute Taction, ordinairement pacifique, de l'œuvre antiesclavagiste devra se diversifier suivant les pays; mais n'est-ce pas pour cela, autant que pour éviter les compétitions internationales, que chaque comité aura surtout à déployer son zèle dans les contrées soumises au gouvernement do son pays .

Où s'exercera, par exemple, l'action du comité français ?

Le cardinal l'a dit lui-même, le 21 septembre, dans son discours de Saint-Sulpice. Ce sera dans les régions qui ont été reconnues comme notre sphère d'influence d'après le dernier accord anglo français, c'est-à-dire au sud de nos possessions méditerranéennes jusqu'au Niger et au lac Tchad.

L'Algérie et la Tunisie sont maintenant reliées au Sénégal par le Sahara et le Soudan, comme le désirait et le prévoyait depuis si longtemps l'archevêque d'Alger, lui qui, dès 1868, se faisait nommer par le Pape délégué apostolique pour une immense région s' étendant, du Maroc, de la Tunisie et de la Tripolitaine, jusqu'aux missions du Sénégal et des Guinées au sud, jusqu'à l'Atlantique à l'ouest, jusqu'au Fezzan à l'est. Il reste à conquérir ces déserts sur la barbarie, afin qu'ils ne puissent désormais servir ni de refuge à l'esclavage ni de foyer aux rébellions contre la France.

Les représentants de la science, de la charité, de l'armée y ont laissé des traces sanglantes de leur héroïsme ; c'est maintenant l'heure de venger les massacres d'explorateurs, d'officiers et de mission-

naires, l'heure d'inspirer le respect de notre fore et de répandre les bienfaits de notre civilisation La sécurité de nos colonies exige que nou acceptions les sacrifices nécessaires à la péné tration du Sahara et du Soudan; le bien d< rhumanité et l'intérêt religieux ne le comman* dent pas moins. Et qui sait si le transit des produits soudaniens par notre Algérie ne changerai pas un jour en excellente affaire ce qui peut au-J jourd'hui ne paraître qu'une mesure de prudem et un acte généreux ' ?

L'action militaire sera sans doute indispensabi pour pénétrer dans le Sahara ; et encore les cl ciers les plus expérimentés de nos campagne africaines affirment-ils que deux cents soldat munis d'armes pefectionnées, et assistés de queW ques indigènes pour le service matériel des coii| vois, triompheront de tous les ennemis qui s4 pourraient présenter; les Touaregs sont moini bien armés que nous, cl le manque d'eau, ainsi qu^ le défaut d'organisation, les empêcheront toujouflll de se réunir eux-mêmes en plus grand nombrol

Mais il ne suffira pas de soumettre les Touarep par la force ; il faudra les gagner par la persuasion et les bienfaits. Qui fera l'éducation de ces tribut qui n'ont pour vivre que le pillage, l'assassinat, 1^ vente de l'homme, plus fréquente et plus atn là, près de nous, qu'en aucune contrée d'Afriqui

1. Cf. les intéressants travaux du général Phiiebert s! le Transsaharien, et l'article de M. de Ghenclos sur la Cà^ quête des SableSjd'dns le Corres'pondant du 10 novembre H

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Qui? Les Pères Blancs cl les Frùrcs du Saliara.

Les Pères Blancs, nous les connaissons, nous

savons qu'ils ont été les premiers apôtres do ces

déserts, et que six d'entre eux ont déjà cueilli,

loin des oasis, les palmes du martyre.

Les Frères du Sahara, ce seront les génércuix volontaires de Tantiesclavagisme fran»;ais. Déjà le cardinal a préparé à Uiskra, dans la première zone du désert, une vaste propriété et une maison pour les recevoir. C'est là qu'ils s'acclimateront aux ardeurs du soleil; c'est là qu'ils apprendront les langues parlées dans le Sahara ainsi que la médecine du désert, et qu'ils se formeront au travail des oasis. Bientôt ils s'avanceront à la suite des colonnes françaises, s'appliquant, en vrais volontaires de la paix, à faire accepter de plein gré notre domination, à gagner les cœurs des indigènes, à les rapprocher du christianisme, sans [lutre prédication que celle des bienfaits et de l'exemple. Ils rendront la vie à leurs oasis par la îherche des eaux perdues, et par la reprise des Itures appropriées au climat. Ils instruiront les fants et soigneront les malades ; ils recueilleront esclaves qui auront réussi à s'enfuir, ou que soldats auront délivrés.

Voilà ce qui sera fait par la Société antiesclafiste de France. Que dis-je? Voilà ce qui se fait Sjà. Et l'auteur de ce livre a le droit de l'affirmer, r, cette année môme, vers la iin d'avril, il a à Biskra, presque achevée, la maison dont il rie. Il a vu, tout autour, les nappes d'eau limpide

au fond des puits récemment creusés, il a vu lei nouvelles plantations d'orangers et de palmiers et quand il a demandé aux Mzabites le nom de cett< demeure, ils lui ont dit qu'elle s'appelait bit-allah maison de Dieu. Les Pères Blancs s'y établisseu en ce moment môme, et le cardinal, qui doit passe/ rhiver près d'eux, dirigera en personne leurs tra» vaux, leurs recherches, leurs premières expédi-j tions dans le sud.

Pour mieux montrer, sans doute, combien l intérêts de la France et les intérêts du catholi cisme sont étroitement liés en Afrique, Je cardini Lavigerie a voulu, trois jours après le Congrès Paris, s'entretenir avec le chef de TÉtat. Il est à Fontainebleau, avec Mgr Livinhac, visiter Président de la République, et il a été reçu lui avec tous les égards dus à sa longue carrière services patriotiques. -

Puis il a de nouveau quitté la France, après avoj| adressé au roi de Hollande, le seul souverain n'ait pas encore adhéré à Tacte général de Bruxdl les, une lettre pressante en faveur des pauvres e^ claves. Il est allé à Rome, avec son évêque missi(^ naireet avec ses quatorze néophytes de l'Ougandji présenter au Saint-Père les prémices des c tientés nègres. Et maintenant, il vient de ren en Algérie, ayant fait, cette année comme to jours, sur quelque deux mille lieues, la tour» pastorale qui convient à un tel évêque.

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