AHHÉE KT LA MISSION DE LA FRANCE EN AFRIQUE
lisant, forçant à le faire, etjustifiant sa ténacité parle uccÈs, car il eut ce rare honneur, durant huit années, |:l,(lans dix-huit expéditions qu'il conduisit lui-même, ii n'éprouver jamais un échec ; aimant l'armée, aimé lies soldais, leur donnant, plus encore que les témoiipges d'une sollicitude paternelle, ce que les hommes lemandent surtout à ceux qui ont l'honneur de leur '^oimander, qui est de sentir une pensée qui les guide ;luQe main qui les garde ; en un mot, et malgré des mperfec lions toutes du dehors et qui n'atteignaient en Kd le fond, digne d'être mis au rang des grands ca- Htaines.
Heureux si à. ces qualités de l'homme de guerre il lût joint, à un égal degré, celles qui sont nécessaires lour former l'âme d'un peuple, et si sur l'épée et sur la charrue, il eût, dès lors, ouvertement placé la
Tel est l'homme qui vient mettre son épée dans la balance, pour la Taire pencher enfin du côté de l'Ai-
Chose éternellement digne d'admiration, etob nous retrouvons visiblement la main de la Providence, il a (té jusqu'alors le plus constant adversaire de la conijuète. IH'acombatlue avec persévérance par la plume, par la parole et par ses actes mêmes à la Tafna.
Il va doncse démentir lui-même. Mais sa loyauté le reconnaîtra, et elle en fera hommage à une puissance plus haute que celle de l'homme. Ecoutez ces paroles 'p'it adressait au monde, au moment oii il prenait pos ■ cession du Gouvernement algérien : « Â la tribune mmme dans l'exercice du commandement militaire, [ai fait des efl'orts pour détourner mon pays de s'en- ^gerdansla conquête absolue de l'Algérie... Ma voix tt'Élaitpas assez puissante pour arrêter un élan qui est
peut-être l'ouvrage du Destin. Le pays s'est prononce je dois le suivre. »
C'est la parole d'un homme de guerre, d'unhomix qui, selon le beau témoignage que lui a rendu l'un d< plus grands écrivains de ce siècle S ne se refusait js mais, et à aucun titre, à la vérité, lorsqu'il la voyait, reconnut donc, ce vieux soldat, dans la grande voix d la France qui l'appelait à la suivre, l'écho d'une voi plus haute. Il la nommait du nom que mettait sur s6 lèvres son ignorance des choses de Dieu. Mais le Desti dont il parle n'est pas la force aveugle du fatalisme c'est un plus noble Maître, c'est Celui qu'il priait, a soir de ses journées, dans ses campagnes africaine^ en lui recommandant la France et ses soldats ; Celu qui, pour récompenser sa droiture, viendra éclairer l soir de sa vie et se pencher sur son lit de mort I
Ce qu'un instinct supérieur lui révèle comme l'œuvr de la Providence, il le réalise déjà par de merveilleu: succès.
Quel spectacle que celui de ce vieux capitaine, dé barquantà la veille delà Sikkak, sur la plage africaine et développant, avec précision, devant les officiers di sa petite armée, les règles d'une guerre qu'il n'a paj encore vue, mais que son sens droit, guidé par l'étudi des anciennes guerres numides, a déjà devinée ! Ave< quelle force il démontre les fautes commises en trai tant un ennemi mobile, insaisissable, qui n'attaqu< que dans la retraite, comme une troupe disciplinée qui accepte le combat I Avec quelle netteté il fait voi] qu'en présence d'un adversaire qui se dérobe sanî cesse, dans un pays où des sentiers impraticables
1. M. Louis VeuiUot, qui a été en AfriquOi dans sa jeunesse, le secrétaire du maréchal.