‹ Le cardinal Lavigerie et ses œuvres d'AfriqueChapitre 7 sur 60 · vol. in-8°. Paris, Poussielguc · texte numérisé non relu

vol. in-8°. Paris, Poussielguc

LARCriEVeoUE DALGBR 51

est pour le moment sans remède. C'est le ps d'agir, en tirant, comme doivent le faire les .curs, le bien du mal lui-même, et en rcdouit de dévouement pour les âmes qui nous sont V\6es, pour la France elle-môme, que nous scrs ici en donnant à sa domination le seul fondeit vraiment solide, celui du respect de Dieu et 'autorité qui vient de lui. »

tprès ce préambule, il exhorte instamment ses très à s'occuper avec un zèle tout particulier de slruction religieuse des enfants élevés dans les les laïques ; puis il entre dans les détails les i pratiques sur la manière de faire utilement le Schisme.

,a. conclusion de cette lettre si importante ntre bien à quels motifs de foi et de patrionc il faut faire appel quand on veut aller au ir des prêtres algériens. Il y est dit en effet :

Nos ennemis eux-mêmes nous instruisent en moment. Ils ne négligent aucun moyen pour aclier à l'influence de la religion les âmes des ants... Ils se croient assurés du triomphe, ils èrent arriver, un jour, après avoir banni Dieu

écoles, à le bannir de la famille et de la société, jamais ils pouvaient réussir dans leurs com-

r>K LK CMimXAL LAMr.t.CIK

p«'ralour«, sans voire /.!•]*• pour l'accompli" d'un devoir sacn'. Non, vous ne liiisscr^/ :

tir, parmi lesenfanlM de vos paroisses, la ; et la crainte «ti* nieii. Vous redoublerez d'ar d'amour pour le salut de leurs âmes, à nqu'on redoublera autour de vous de haine ■ la vi^riti', Voits vaincrez le mal, non par !■ " mais par le bien, c'est-à-dire par votre il' ment, par vos bienfaits. Sans jamais sorl bornes de la prudence, de la sagesse <'l douceur, sans vous mCler, comme je l'ai pr • ni aux haines, ni aux passions des partis. '. gers à toute autre pensée (ju'à celle do l'ai plissement de votre ministère, pardonnant ^:

qui vous outragent, vous irez cbercher les i' perdues ; vous ne redouterez, pour les ramei) bercail, ni les ronces, ni les (opines.

« En donnant aux enfants tous los ^owvotre mini9tî?rc,en éclairant leurs jeunes ânnseulement vous servirez la cause de Dieu, r vous servirez encore efficacement la cause ■: société, celle de votre patrie et de cette Al: où la France chrétienne vous a placés.

<( De la bonne ou de la mauvaise éducali't ces jeunes âmes dépend, en elTet, tout l'avoii Si vous réussissez dans l'accomplissement <iev grande et laborieuse tâche, si vous formel

l'arckevéoue d'algkr su

utes les passions qui ravagent lo cœur do loxnme, notre Afrique, à peine ressusciti^c, tournerapar une triste voie aux malheurs de ses iciens jours, La France chrétienne semblait l'en -oir tirée, maïs elle ne peut réaliser son œuvre l'en portant ici les croyances et les vertus qui )n faite elle-même ce quelle a été durant des bcles. Ces vertus. Messieurs et chers coopéraurs, elle les a dues surtout aux enseignements ; ses premiers apôtres. C'est à vous, j'en ai la ■nfiance, que l'Afrique les devra. »

Ce langage nous montre l'archevêque d'Alger aitant ses prêtres, non plus seulement en chef li sait se faire obéir, mais en ami qui persuade,

I fraternel compagnon d'armes.

Sa sollicitude les a suivis jusque dans la mor(.

II avait souvent gémi de voir, dans les cimeircs communs, leurs tombes plus négligées que 3 autres. Pour remédier à un pareil état de Loses, plus douloureux encore dans un pays où s prùtres meurent loin de leurs familles, et sont

vite oubliés, il se préoccupa d'établir un cîmeirc spécialement réseiTé aux ecclésiastiques du ocèse, et confié aux soins d'une corporation ligieuse qui fût chargée de veiller et de prier sur urs tombes. En 1874, il fit part de cette inl fa au chapitre général de la Société des missi lires d'Alger, qui répondit à ses ouvertures

résolution suivante :

« Le chapitre général delà Société des missi lires d'Alger, heureux de témoigner sa reci

r»0 LK CARDINAL LAVIGCRIE

naissaiioc cl son respect au clergé du di dont il a roru tant de marques de bienveillani s'engage, vis-à-vis <le Mgr Tarchevêque d' et de ses successeurs, à laisser enterrer sans vance aucune, dans le cimetière spécial que Grandeur a créé à Maison-Carrée, tous les prêtn (lu diocèse qui en auront personnellement témoij ou dont les héritiers en témoigneront le désir, w

Ainsi mis en possession d'un droit absolu poi le diocèse, Mgr Lavigerie s'occupa de tout dispoi pour rendre le cimetière digne de sa pieuse desl nation. Des palmiers furent plantés pour ombra, les tombes ; un mur de clôture fut élevé, et petite chapelle fut construite, sous rinvocation Notre-Dame de Pitié, pour y célébrer la m tous les vendredis à Tintention des archevèquei; évèques et prêtres défunts de l'ancien et du noi veau diocèse d'Alger.

Mgr Lavigerie établit encore que, chaque ann dans la semaine qui suivrait la Commémorai des Morts, le plus grand nombre possible prêtres du diocèse se réuniraient à Maison-C pour y célébrer solennellement et dans son en l'office des Morts qui serait suivi d'ime processi au cimetière. Lui-même donna l'exemple de fidélité à ce pieux devoir, et on l'a vu, en nove: bre 1889, à peine relevé de la maladie qui vem de mettre sa vie en danger, après une veillée d* travail et une nuit d'insomnie, parcourir le matin les 15 kilomètres qui séparent de Maison-Carré sa demeure de Saint-Eugène, pi'ésider hii-mêitf

l'arcuevêouk J)'alger 61

office des Matines et Laudes, chanter ensuite la lesse des Morts et terminer la cérémonie par une shortation des plus émouvantes. Il avait le droit 'y parler de la fidélité au souvenir des morts, de ippeler qu'un diocèse est une famille qui doit irder le culte de ses membres défunts, et de ^clamer pour lui-même, quand il ne serait plus, 5S prières de ses fils spirituels et de ses frères ins le sacerdoce.

Un an avant de fonder le cimetière ecclésiastique e Maison-Carrée, c'est-à-dire en 1873, il avait 5sayé d*établir dans sa ville épiscopale l'usage e la procession solennelle au cimetière le jour es Morts. Son appel ayant été entendu, il régla, a 1875, que cette cérémonie aurait lieu désorlais chaque année dans toutes les paroisses du iocèse. Dans son ordonnance, il rappelait aux Dlons les pieuses coutumes de la mère patrie, et

leur montrait que sur la te rre nouvelle où ils taient transplantés, c'était leur mission et leur evoir d'établir des traditions qui en feraient un ays vraiment chrétien et civilisé. Or, il n'était as de coutume plus religieuse, plus morale que i culte des morts; il n'en était pas de plus con- Drme aux sentiments de la nature. Les Algériens avaient ainsi se préparer à eux-mêmes, de la part les générations suivantes, le respect de leur tombe îtles secours spirituels dont leur âme aurait besoin .

Le culte des morts est maintenant en honneur

[ans le diocèse d'Alger autant que dans les autres

outrées chrétiennes. Tl s'en fait même, chaque

ta U: i:\HIII\AL LVVICtHIK

«limanrlic, à Nolro-Damp-d'Afriqup. une m^ talion Imite pnrtioulif-ro cl des plus touihau

Lorsque N-s navires qui se dirigent de Frai d'Kspagiie vers Aideront dc^pass»^ depuis qn' heures les lies llnlôarcs, les premiers poinlblés qui signaleul la terre à l'impalience lio- };eurs sont, à gaiiclie, les hautes monta^ii - Kabylie. A mesure qu'ensuite l'horizon se [r en approchant do la merveilleuse baie d'Ali." voit puruitrc, à droite, sur le haut d'une <' une église imposante qui projette sa coupoli^ croix sur les resplendissantes profondeur» 'li africain, l'ar-dossus deux cents lieues de y\'< ranéc, Nutrc-Dame d'Afrique fait face à > Dame de la darde. Au pied de cette ba> s'étemi le faubourg de Saint-Eugène qui cimi le cimetière d'Alger; mais la colline est si abr que du sommet on apor(;oit à peine la cùlo <lr qui la sépare des flots, et «[ue l'on pourrait se " sur le pont d'un navire.

Devant le portique et à l'extrémité mi'm'"; colline s'élève un monument funèbre qui i" l'inscription suivante :

Page 1