‹ Le cardinal Manning et son action socialeChapitre 9 sur 90 · LK CARDINAL MANNING · texte numérisé non relu

LK CARDINAL MANNING

les prières qu'il désirait qu'on récitât pour lui durant sa maladie, il y a la prose Veni Sancte Spiritus. L'indication de cette prière pour un pareil moment a paru singulière. Mais il faut se souvenir qu'elle était une des prières favorites de l'auguste moribond. Il la prescrivait donc, soit pour la faire dire par d'autres, ne pouvant plus la réciter lui-même avec autant de ferveur qu'il le désirait, soit pour la rendre plus chère à ses prêtres et à ses religieux , en la rattachant au souvenir de ses dernières souffrances. Cette dévotion au Saint-Esprit provenait de ses idées éminemment justes sur la sanctification de rame. Il avait toujours présente à la pensée cette grande doctrine du traité de la Grâce, que c'est l'Esprit-Saint qui agit personnellement dans l'âme des justes pour l'élever à l'état surnaturel , que c'est Lui qui , par ses dons , développe des aptitudes divines , et par ses béatitudes ébauche le ciel sur la terre. Il aimait à s'abandonner à cette action intime et bienfaisante. De là son empire sur lui-même, sa paix profonde, sa grande charité. « Je ne suis jamais content d'une rehgion qui n'est qu'à l'extérieur, qu'on voit , qu'on entend , qui est inégale et par

LE PRETRE OU L'HOMME DE DIEU

secousses; je veux une religion intérieure , invisible, calme (1). »

Cette même dévotion avait une autre cause.

Il avait toujours été frappé de Faction que PEsprit-Saint exerce dans l'Église. Cette action était à ses yeux d'une importance primordiale. Il Pavait pour ainsi dire touchée du doigt, et c'était là le point de départ de sa conversion. Dire que l'Eglise est l'Incarnation de l'Esprit- Saint, c'eût été mal parler; mais la regarder comme sa manifestation permanente et visible , et appeler, d'après saint Augustin, la' fête de la Pentecôte, la Noël du Saint-Esprit, dies natalis Spiritus Sa net i , lui semblaient choses naturelles. Placé constamment par la foi devant ce grand mystère , il le contemplait avec amour et il en nourrissait sa ferveur.

Un troisième aliment de son ame, c'était la lecture des Saints Livres. La Bible était pour ainsi dire son compagnon de tous les instants et son fidèle ami. C'était le premier livre qu'il ouvrît le matin, le dernier qu'il fermât le soir.

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