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The Tablet, ïhe late Cardinal Manning, 23 jan

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que la famille d'ordinaire diminue la liberté, restreint les intérêts et borne Faction, sachant du reste, depuis sa conversion, que la virginité est au mariage ce que le Nouveau Testament est à l'Ancien, ce qu'une religion universelle propagée par l'apostolat est à une religion locale transmise par l'hérédité, convaincu que les sympathies humaines déplacent souvent l'axe de la vie, enlèvent le parfait équilibre de l'âme, et font entrer dans les préoccupations d'un homme public, des considérations privées, il chercha désormais le solatium humanitatis dans le seul amour de Jésus-Christ, ce Je me souviens, écrivait-il à l'un de ses pénitents, d'avoir reçu un jour une leçon qui me frappa vivement. J'étais dans un moment de grande tristesse : je me mis en route pour aller voir un ami dont la conversation devait me consoler.

Tout à coup, en cheminant, je me dis à moimême : — (( Pourquoi allez-vous chercher si loin (( ce que vous pouvez trouver dans votre cham- (( bre ? Pourquoi allez-vous demander à un ami (( terrestre ce que vous pouvez recevoir tout de « suite du Sacré-Cœur? » — Je retournai chez moi, et jamais je ne fus plus réconforté. Depuis

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cardinal Newman, disent-ils pour la plupart.

NcNvman a conquis à l'Eglise catholique les savants; Manning lui a conquis le peuple. Il n'obtint pas non plus, chez les protestants, cette grande réputation de théologien dont Newman a toujours joui, chez eux, malgré sa conversion. Il faut dire qu'il avait un esprit plus affirmât if, plus tranchant. On l'appelait un ultramontain et Newman un libéral. « Manning n'avait nulle tendance à se tenir dans la via média. Il ne cherchait point le moyen de glisser sa barque entre Gharybde et Scylla, entre le oui et le non. Au contraire, il exagérait, plutôt que de la restreindre, l'autorité doctrinale de l'EgUse. Il distinguait moins que les catholiques de nais- • sauce entre les opinions individuelles et les dogmes absolus. Affirmatif comme un converti, impérieux comme un moraliste, il était de ceux dans les croyances desquels le cœur a plus de part que le raisonnement (I). » Ces lignes d'une Revue qui ne rend hommage au Cardinal qu'en maugréant indiquent assez bien la tournure d'esprit qui fut la sienne.

\. The Spectafor, 16 jan. 18D2.

LE PRETRE OU L'HOMME DE DIEU. 21

Mais s'il était inflexible sur les doctrines , s'il passait même pour intransigeant auprès de certains catholiques, il restait très large pour ses adversaires quand il s'agissait d'apprécier leurs idées et de porter un jugement sur leur responsabilité morale. « C'est chose étrange qu'il puisse y avoir des hommes qui trouvent leurs délices dans le mal, et qui sont dans la jubilation toutes les fois qu'ils espèrent découvrir une hérésie. C'est une fête pour eux quand ils peuvent taxer d'erreur ou de péché. Un catholique se plaît dans la vérité, et il regarde favorablement la moindre parcelle de vérité qu'il peut découvrir dans chacun de ceux qui sont séparés de l'Eglise. Il en rend grâces à Dieu(l). )) Le C ardinal voyait dans ces vérités incomplètes une œuvre de l'Esprit-Saint, ce car, disait-il , l'Esprit-Saint opère en dehors de l'Éghse pour attirer les âmes, pour les conserver dans la rectitude morale, pour préparer leur salut. » De là son respect pour les opinions d'autrui, sa grande charité pour supporter les contradictions, et la délicatesse compa-

\.Lcs Gloires du Sacré Cœur^ ch. i.

tissante avec laquelle il répondait aux cloutes et aux objections de ses adversaires. Pour lui, plus que pour tout autre de ses contemporains, la destinée d'une âme était un problème entre la conscience et Dieu. Il ne se hâtait donc point déjuger, de conclure et de condamner, et suivait dans la pratique Taxiome de la théologie : Nemo prœsumitur malus quin probetur.

Outre l'esprit de charité, il y avait dans cette disposition d'âme la manifestation d'une qualité naturelle que les Anglais appellent sympathie, philanthropie, humanitarisme. Nous en reparlerons plus loin.

Nous pouvons résumer cette première partie en disant que le cardinal Manning possédait les vertus des saints, qu'il était droit, pieux, austère, bon et large. C'est sur cette base de qualités morales que fut édifiée sa vie, que repose son influence, et que restera établie sa renommée.

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