‹ Le cardinal Manning et son action socialeChapitre 16 sur 90 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

vie anglaise, qui enveloppent l'âme du jeune homme des influences majestueuses de l'antiquité, de la religion et de la poétique nature, il sortit, comme on en sort, quand on a été laborieux et honnête : brave Anglais, ser viable et véridique, chrétien et gentleman. M. Taine a dit qu'Oxford était autrefois « un gymnase athlétique, un club aristocratique, un conservatoire anglican (1) ». Ceci n'est plus tout à fait exact, aujourd'hui qu'un souffle de libre-pensée et de libre-vie a passé sous les ormes de Magdalen et de Christ-Church ; mais c'était parfaitement juste au temps de Manning. On pouvait dire alors des écoles anglaises ce que M. Weiss écrit des écoles allemandes : « Les deux fondements communs de l'éducation de la jeunesse, c'est, pour l'éducation physique, la gymnastique ; pour l'éducation morale, la doctrine chrétienne (2) . » Je n'ai point lu dans les journaux de son pays que Manning ait remporté le prix de vers latins ou de discours; mais ils rapportent tous qu'il était healthij and active^

1. Notes sur l'Angleterre, ch. iv : L'Éducation. ^.Aupaysdulihin, parJ.J. Weiss, cité par \L de Vogué, Regards historiques et littéraires.

LE CARDINAL MAMING.

aussi brava athlète que studieux écolier, excellent cricketer ayant le mens sana in corpore sano cher aux anciens et aux Anglais. Il conserva, sa vie durant, une belle et vigoureuse santé. J'ai dit plus haut sa sobriété et son esprit de mortification; mais ceci n'allait point jusqu'à l'oubli des règles de l'hygiène, qu'il suivait, remarque le Daily News, comme tout homme sage. Il prenait les précautions fondées sur les lois de la nature. Dans les dernières années de sa Aie, il sortait rarement et disait la sainte Messe dans sa maison épiscopale; il aimait beaucoup la chaleur et entretenait dans sa chambre une température très élevée, a J'ai mon Nice là-haut, » disait-il plaisamment. Il n'aimait point la médecine, et poussait l'audace jusqu'à se dire « sceptique formel sur cette science et adversaire déclaré des duretés qui se font en son nom (1) )). N'insistons pas : il est probable qu'il n'eut guère besoin de se? services, et contentons-nous d'observer que sa vigueur physique lui fut doublement utile, et pour la conservation du calme intellectuel, et pourl'accomphssement continu d'une rude tâche. i . The Baily News, One icho hnows Mm.

Hâtons-nous de dire qu'avec le corpus sanum, sur lequel on insiste beaucoup, par delà la Manche, il avait le mens sana. 11 était, dans toute la force du terme , un homme bien élevé , possédant cet ensemble de qualités que les Anglais comprennent dans le mot éducation. L'instruction, qui chez nous est presque l'unique fruit de la vie de collège, n'y entre chez eux que pour une médiocre part. Ainsi l'on remarque d'abord que Manning avait beaucoup de religion, qu'il faisait sa prière avec piété, assistait aux offices de la Hicjli Churcli, et défendait le culte national autant par foi que par patriotisme , qu'il n'était pas sarcastique , ni moqueur , ni voltairien , — cela va sans dire, — mais très croyant, régulier comme un clergyman, au point que, lorsqu'il sera converti , on l'appellera « un squelette de pasteur protestant ( 1 ) ».

On remarque ensuite qu'il était noble de manières , se présentant simplement et bien , ayant sur la figure un beau sourire naturel , donnant une poignée de main avec une loyauté toute chevaleresque, modeste, ne paraissant pas avoir plus de confiance en ses opinions qu'en celles

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