Letterto the E-litorof Pa// Mail Gazette, nov. 3, ISoG
lion au jour le jour, improvisation dont le trouvère heureux passe maître et souvent empereur (1). »
Le futur Cardinal n'improvisa point. Après les études d'Oxford, il y eut pour lui l'expérience acquise aux bureaux du ministère. « Oh! — bavardait alors une lad y Stanhopc à la sœur aînée de Manning, — j'ai vu le sous-secrétaire du Foreign- Office; il m'a dit que votre frère a une belle écriture. » — La sœur, non moins mordante en paroles que son frère, se contenta de répondre : « Oui, et il sait un peu d'arithmétique. )) Le fait est, ajoute le Tahlet, que Manning était de taille à devenir ministre des colonies. Réfléchi, laborieux, organisateur de première force, hardi, marchant même d'un tel pas dans la voie du progrès que les plus ardents avaient peine à le suivre, il avait tout ce qu'il faut pour réussir dans la haute administration. Mais il ne se payait pas de mots : il allait au bout et au fond des choses. En France, on peut s'improviser homme public, parce que la France Ywva des batailles et négocie des traités
1. Conversation avec le Cardinal Manning, par M. Boyerd'Agcn. Paris. Tolra, p. 16 et 24.
pour des principes. Nous sommes des enthousiastes incorrigibles ; nous partons sur la foi d'une idée, et c'est pourquoi nous faisons 11 du calcul et des calculateurs. En Angleterre, la politique et les affaires, c'est tout un. L'État fait en grand ce que les négociants font en petit : il cherche les placements sûrs et les utiles débouchés. Le cardinal Manning comprenait à merveille cette tendance de son pays natal, et ses compatriotes avaient bien raison de l'appeler un homme d'État, a statesman.