Les Gloires du Sacré-Cœur, ch. m, p
OÙ il traite de spiritualité : « Le dogme est la source de la dévotion. » Rien donc de ces subtilités, de ces fadeurs déclamatoires, de ces recherches sentimentales qu'on trouve parfois sous des titres pieux. Manning veut avoir raison : c'est tout son but. Les Anglais doivent être heureux de posséder sur des matières ascétiques des livres comme les siens. Ils comblent peu à peu les vides laissés chez eux par trois cents ans d'hérésie.
Généralement le Cardinal écrit pour des prêtres , pour des convertis , pour des adversaires : à cette triple classe de lecteurs il sait qu'il faut des choses et non des mots.
Le prêtre va de l'homme à Dieu , comme les anges, sur l'échelle de Jacob, allaient de la terre au ciel. Il est posé entre ce réel et cet idéal comme un intermédiaire nécessaire; on peut même dire qu'il les réunit en lui-même dans une certaine mesure, car il doit être un autre Jésus-Christ, un autre Homme-Dieu. Or ces deux choses pour lesquelles il existe et dont l'union compose sa mystérieuse grandeur et sa subhme mission ne sont pas chimériques. Le réel , l'humain qu'il doit connaître , il ne Fin-
vente pas , comme les écrivains de l'école naturaliste, par l'effort d'une imagination tournée en bas : il le trouve en lui-même par la réflexion, et , hors de lui, dans ses semblables , parles aveux sacrés du confessionnal et les déclarations des conversations profanes : en le décrivant , il doit être vrai et juste. L'idéal, le divin, n'est pas non plus une invention subtile de son esprit raffiné , une rêverie poétique : c'est une beauté vivante révélée par le Christ, c'est une doctrine sûre précisée par l'Éghse infaillible, c'est une force cachée, mais active, la grâce. Il n'a pas le droit de rien exagérer, de rien changer, de rien inventer. Voilà pourquoi le Cardinal, s'adressant au prêtre, tenait essentiellement à l'exactitude. Et les convertis? n'en ont-ils pas un besoin encore plus grand? Fatigués des opinions privées et des combats de doctrine , ils demandent de l'indiscutable , parce que cela repose. Ils ne viennent pas au catholicisme pour y retrouver des peut-être, des que sais-je, mais pour avoir des certitudes, des oui et des iion. Il faut du pain, le pain solide de la vérité , à ces malheureux qui se jettent dans les bras de rÉglise, parce qu'ailleurs ils meurent de faim. Manning le savait