LE CARDINAL MAN.MNG
profanes , voire même des incrédules , qui savent entraîner les foules, les toucher, les captiver, sans parler cependant au nom de l'Évangile. Ce sont précisément ces deux phénomènes qui justifient la curiosité du Spectator (1) et motivent la question dont je parlais plus haut : d'où venait chez Manning Tamour du peuple ?
Ce sentiment est aujourd'hui si universel , il circule à travers tant de journaux et de livres, depuis les steppes de la Russie jusqu'aux sommets du Parlement anglais, qu'il est utile de l'analyser.
Pour les romanciers russes, il est une sorte de culte. Il constitue ce qu'ils appellent la rehgion de la souffrance. Son expression la plus parfaite est la compassion, ce Ce n'est pas devant toi que je m'incline, dit un forçat en tombant aux pieds d'une malheureuse fille vouée au désordre, je me prosterne devant toute la souffrance de l'humanité (2). » Ces romanciers n'ont retenu de l'Évangile qu'une seule parole : Bien-