Les Gloires du Sacré-Cœur^ ch. i, p
LE PRETRE OU L'HOMME DE DIEU
son filial respect, ses généreux services et l'appui de son grand talent. Pour empêcher la diminution de la religion en Angleterre, il s'opposait de toutes ses forces à la sécularisation des biens ecclésiastiques et demandait la création de pensionnats diocésains {espèces de séminaires protestants) .
La droiture de son âme, se reflétant sur son visage, ajoutait un charme radieux à la pureté de ses traits. M. Gladstone a dit que M. Manning était à cette époque le plus élégant de ses contemporains. Sa tête, toute rayonnante d'intelligence et de vertu, couronnait sa belle taille d'officier et lui attirait tous les regards. Un jour. Pie IX, se promenant hors de son palais, le rencontra dans une rue de Rome. Il fut tellement frappé de son port et de sa figure, qu'il poussa cette exclamation : « Quel est donc ce bel homme ? » — M^"" Talbot, qui accompagnait le Saint-Père, connaissait Manning et put lui dire le nom de cet étranger. Ceci se passait en 1848. A quelques jours de là, le jeune pape et l'élégant clergyman se voyaient de plus près. Manning était reçu en audience par Pie IX, et l'entretien se terminait par ces paroles prophétiques
du saint Pontife : Quand on fait le bien, Dieu ne refuse point sa grâce.
Et cependant c'était alors que Manning donnait à ses coreligionnaires les plus belles espérances, et qu'un évêque anglican disait en le comparant à deux de ses compatriotes non moins distingués que lui : « Il y a trois hommes sur lesquels la Grande-Bretagne peut se reposer pour l'avenir : Gladstone à la tribune, Hope-Scott au barreau, et Manning dans la chaire! »
Mais la droiture de Manning l'orienta vers l'Église catholique. «En 1850, il aperçut l'étoile qui devait le conduire à Bethléem, et, dès qu'il l'aperçut, il se mit en route pour la suivre (1). »
Un pasteur protestant, le D' Gorham, avait nié la nécessité du baptême pour le salut. Le clergé orthodoxe demanda en vain qu'il fût chassé de la hiérarchie de l'Eghse établie. Manning était alors archidiacre.
Il conféra de cette affaire scandaleuse avec Gladstone et plusieurs autres docteurs. Puis il fit paraître une protestation où il soutenait que