Four. Gi^eat Evils ofthe Bmj, p
(( La loi anglaise défend à la mère de retourner à l'atelier dans le mois qui suit la naissance de son enfant, et on admire cette loi; et l'on a raison de l'admirer parce qu'elle est bienfaisante.
(( Mais il y a une autre loi qu'on oublie , et celleci est plus élevée et plus grave que la prescription d'un code : c'est la loi naturelle. Or, d'après la loi naturelle, ce n'est pas seulement le premier mois qui suit l'accouchement, c'est tout le temps de la mère ; ce n'est pas seulement une part de ses soins, c'est toute sa sollicitude, c'est toute son attention qui appartiennent à l'enfant. Si elle ne nourrit point ce petit être qu'elle a mis au monde et qui continue de dépendre d'elle, si elle brise le lien qui l'attache à lui et qui est le plus fort des liens qui peuvent retenir au foyer, que devient la vie d'intérieur? Disons qu'elle est supprimée, qu'elle n'existe plus. Or, quand la vie d'intérieur est entamée, que devient la vie sociale, que devient la vie nationale? un édifice, peut-être majestueux encore d'apparence, mais qui certainement repose sur le sable (1). »
On nous dit, je le sais,' que les enfants n'au-
i . Commentaire sur l'Encyclique.
ront point de pain, si la mère ne travaille pas. (( A cette objection, je pourrais faire bien des réponses, » s'écrie le Cardinal.
Mais il ne s'attarde pas à des considérations qui lui paraissent secondaires; il n'indique même pas ces réponses diverses auxquelles il fait allusion; il pousse droit à rextrême logique, et, sans ambages, propose son remède radical : (( Je mets en principe que les enfants doivent avoir du pain sans que la mère travaille à l'atelier, et je dis qu'en fait ils en auront, si les relations entre le capital et le travail deviennent ce qu'elles doivent être, k sd\oir justes, c'est-à-dire fondées sur les droits sociaux naturels ; car alors il y aura un minimun de soÂaire suffisant pour nourrir la famille. Et j'ajoute que les enfants auront le pain en abondance, si les relations dont je parle deviennent ce qu'elles peuvent être, à savoir généreuses, c'est-à-dire fondées sur la bonté humaine.
(( Mais, hélas ! encore une fois, ce n'est point la justice, c'est encore moins l'humanité qui président ordinairement à la réglementation du salaire ! C'est la vieille formule d'une économie politique surannée, condamnée, usée : vendre
le plus cher possible, produire au meilleur marché possible. Eh bien, si on se conforme à cette formule, si on la prend pour règle, n'est-il pas de toute évidence que le travail des femmes coûte moins que celui des hommes? Voilà la raison très simple et tout à fait péremptoire pour laquelle les patrons aiment mieux employer les femmes. Laissez-les faire; laissez-les appKquer leur principe de la production à bon marché jusqu'à ses dernières conséquences. Ils iront loin. Ils trouveront demain que les enfants coûtent encore moins cher que les femmes. Ils emploieront les enfants (1). »
N'y a-t-il donc personne qui puisse s'opposer à cette convoitise envahissante? personne qui puisse entraver cette spéculation sur le peu d'exigence des petits et des faibles, spéculation funeste à l'ouvrier valide, au vrai travailleur, dont elle diminue le salaire ou restreint la besogne ?
Sans aucun doute, la transformation de l'outillage industriel est pour beaucoup dans ces graves inconvénients. Les femmes ont toujom^s