Le Sacerdoce éternel, p. 125 et
oubliée sur la carte d'Europe pour y admirer l'harmonie qui résulte de ce problème social résolu : l'Église libre dans l'État libre (1). »
L'Amérique fut félicitée par Manning en 1889, lors du centenaire de Fépiscopat des États-Unis. « Au moment où l'ancien monde se séparait de l'unité catholique, un nouveau monde surgissait à l'horizon, et maintenant cent quarante sièges épiscopaux sont établis dans ces régions de rOuest. Aujourd'hui, comme au temps de Pierre et d'André, le divin maître se promène là parmi le peuple, dans votre personne, vénérable frère, — disait Manning au cardinal Gibbons, — et dans votre voix, comme dans celle du Christ Jésus, le peuple reconnaît l'accent de l'amour, et c'est pourquoi le peuple vous suit, comme il Le suivait! »
Au Cardinal Archevêque de Sidney, il écrivait en 1890, lors de son jubilé : « Parmi tous les témoignages d'amour qui me sont arrivés à l'occasion de mes noces d'argent, il en est deux qui me sont particulièrement chers. L'Archevêque de Baltimore m'a écrit de l'Ouest au nom
1 . Le Cardinal Manning et la Question sociale. Boyerd'Agen, p. 41 et 43.
des évoques des Etats-Unis. Vous m'écrivez des régions de l'Etoile du Sud, au nom des évoques de l'Australie. Vos deux voix, pleines d'une affection fraternelle, me réjouissent. Elles m'apportent de deux côtés un puissant réconfort. Et maintenant que l'âge m'appesantit, j'appuie sur vous mes deux bras fatigués. Oh ! laissez-moi vous féliciter de V03 longs et utiles travaux que j'ai suivis du regard pendant un demi-siècle. Grâce à votre zèle, l'Église catholique s'est propagée dans plusieurs provinces et diocèses ; ses œuvres surgissent de toutes parts et croissent dans une absolue indépendance des pouvoirs terrestres. Ubi spiritus Domini, ibi libertas : l'Irlande a donné cette grande leçon au monde qui parle l'anglais. Qui peut raconter ce que cette leçon produira dans l'avenir (1)? »
Et la France? Et l'Église de France?
Manning lui appliquait-il les principes qu'il vantait pour l'Angleterre ?
Il aimait notre cher pays, il admirait notre gaieté, notre aisance, la bonne tenue des gens de nos campagnes et cet air de bien-être qui est répandu dans la plupart de nos provinces. Il