The Tablet.iàn
240 LE CARDINAL MANiNL\G.
admirait nos industriels catholiques qui savent faire des sacrifices et donner le bon exemple. Il attribuait à la charité dont saint Vincent de Paul a popularisé chez nous les œuvres , la confiance réciproque des classes et le peu d'extension du paupérisme.
JMais il avait la hardiesse d'aller plus avant, et dans aucune circonstance il n'a omis de dire ce qu'il croyait la vérité sur la situation de l'Église dans notre pays.
— « Quand vous reviendrez en France, proclamez bien haut à votre beau pays que, pour le voir encore plus beau, ses sincères amis cV outremer ne lui souhaitent que la liberté dont son Église a tant besoiji, la Hberté dans une république qui ne doit pas plus être la caissière obligeante de ses évoques et de ses prêtres que ceuxci n'y peuvent rester ses pensionnaires obligés.
(( Tout pour le peuple et par le peuple : c'est le principe fondamental des grandes républiques. Il suffit seulement d'avoir, comme l'Irlande, le courage de le proclamer franchement , et la constance de le défendre jusqu'à ral)négation extrême et jusqu'au triomphe final. Déjà vers 1865, je le disais à M^^" Darboy,
qui me regarda tout interdit et me demanda plaisamment si je ne retardais pas de quelques siècles sur le mien. — Oui, répondis-je, de quinze siècles seulement, car mon Église et moi, nous datons, Dieu merci! de ces âges chrétiens où l'Église était pauvre mais libre (1). »
On voit , par ces extraits d'une conversation que le Cardinal n'a pas eu le temps de contrôler, mais qui offre tous les caractères delà véracité, — car elle concorde avec tout ce qu'il a dit ou écrit sur cet important sujet , et notamment avec ce que nous avons entendu de sa bouche et ce qu'il a relu de ses yeux, — qu'il aurait adhéré à la république non avec la préoccupation de sauver le budget, mais avec la volonté de conquérir les libertés communes. Sa manière de voir était celle de ]\F Ireland (2).